Week-end Première

Des neurones humains âgés de 2000 ans retrouvés intacts à Pompéi !

Les ruines de la ville de Pompéi, enfouie sous les cendres du Vésuve il y a deux mille ans, n’en finissent pas de livrer les traces du passé. On vient de découvrir un cerveau humain âgé de 2000 ans, avec des neurones intacts. Comment ces neurones ont-ils pu se conserver, à quoi va pouvoir servir leur observation ? Explications avec Pasquale Nardone, professeur de physique à l’ULB.

En l’an 79, probablement, vers le mois de novembre, un nuage gigantesque s’échappe du Vésuve, il va couvrir une trentaine de kilomètres à la ronde. Cette nuée ardente, appelée par les scientifiques nuage pyroclastique, se répand à une température de 600° et à une vitesse de 100 à 700 km/h, et pénètre tout, moulant tout ce qu’il touche. C’est ainsi qu’Herculanum est recouvert de 20 mètres de cendres.

L’exploration archéologique du site a débuté dans les années 60.
Dans le Collegium Augustalium, un personnage couché sur le ventre a été découvert et on a pu identifier qu’il s’agissait d’un homme d’une vingtaine d’années.


Un moulage de la structure du cerveau

Des chercheurs italiens, dont Pier Paolo Petrone, ont découvert récemment que, bizarrement, il restait des traces de protéines à l’intérieur de son crâne, tout n’avait pas été détruit. L’explication est que le processus de chauffage et de refroidissement a été tellement rapide qu’il laisse des traces organiques. Les matières grasses se sont transformées en structures appelées vitrifications. On obtient ainsi une copie, un moule des structures cérébrales.

La technique étonnante de spectroscopie électronique leur a ainsi permis de repérer des neurones, des axones, prolongements des neurones pour se connecter entre eux, et de faire une radiographie posthume du cerveau de ce jeune homme. Les neurones ne sont bien sûr plus là, mais il reste leurs empreintes, les connexions qui permettent d’analyser l’anatomie cérébrale de quelqu’un qui a vécu en l’an 79 en Italie.

L’analyse doit maintenant être poursuivie pour voir s’il existe des corrélations entre les protéines et un état cérébral particulier chez ce jeune homme, comme une maladie cérébrale.
 

Une première ?

Il est extrêmement rare de faire ce type de découverte.
On a retrouvé en Angleterre en 2008, un seul cerveau assez bien conservé, qui date de – 2600. Il est en cours d’analyse. On ne comprend pas bien comment il a pu se conserver, alors que dès le décès, les enzymes détruisent le cerveau.
On a retrouvé un cerveau de mammouth datant de 39 000 ans, dans le permafrost, ce qui est plus compréhensible.

Il est donc très rare de pouvoir étudier un cerveau de façon archéologique. C’est le deuxième cerveau humain qu’il est possible d’étudier.
 

Pasquale ramène sa science, c’est à écouter ici

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