Week-end Première

Découvrez un métier mal aimé : Institutrice ou instituteur

Les congés approchent et déjà les enfants s’apprêtent à chanter " c’est les vacances, plus de pénitence, les cahiers au feu et les profs au milieu ! Occasion en or pour parler d’un métier mal-aimé et pourtant indispensable à la Société : celui d’institutrice/instituteur.


 

Si l’on dit de lui/elle qu’il s’agit du plus beau métier du monde, force est de constater, à travers les enquêtes d’opinions, que parmi les métiers les plus détestés ou critiqués, au milieu de Notaire, Policier, Homme Politique et Journaliste, on retrouve celui de Prof et d’Instituteur.

Et, on ne va pas se mentir : de la même manière que face au Codéco, la Belgique entière est épidémiologiste. Face à Belgique-Danemark, toute la Belgique se prend pour le coach national. Face aux bulletins de nos charmants bambins : on est tous toujours meilleurs professeurs que leurs professeurs ! Choisir de devenir institutrice/instituteur signifie donc aujourd’hui, être soumis au feu incessant des critiques et des stéréotypes.

De stéréotypes aussi nombreux que faux

On les dits toujours malades, alors qu’en moyenne, ils le sont moins que le secteur privé. On raille leur fragilité psychologique, 40% des leurs maux seraient psychologiques, oubliant qu’avec un contexte de travail essentiellement fait de relation humaine, on se casse rarement la clavicule.

On les dits : Toujours en vacances, bien payés pour le peu qu’ils bossent, absents à la carte, nommés à vie-pépère-tranquille, sauf que cet imaginaire collectif comporte un biais majeur : si ce boulot était vraiment aussi cool, facile, pépère : comment expliquer qu’il soit structurellement en pénurie ? De mois en mois, d’années en années : nos 120.000 courageux professeurs ne sont jamais assez. Et la Belgique de ne pas trop se plaindre, puisqu’elle encore loin des niveaux de pénuries que connaissent structurellement des pays comme l’Allemagne ou encore le Japon.


Pour expliquer de telle pénurie, quelques pistes d’explications :

  • D’abord, il faut savoir qu’on ne manque pas de candidat à l’entrée des études. Sauf qu’on les perd en cours de route. Et c’est lors de la première année d’exercice de la fonction, qu’un jeune sur cinq abandonne le métier. Un chiffre saisissant, qui force à réfléchir.
  • Ensuite, il faut se rendre compte qu’enseigner est un sport de combat :
    • contre soi-même (il en faut de la patience et du courage pour s’occuper des enfants des autres) ;
    • Contre certains parents, collègues et même parfois sa direction ;
    • Contre les stéréotypes à l’encontre de la fonction ;
    • Et enfin, et surtout, un combat (désespéré et décourageant) contre les déterminismes sociaux, espérant offrir à chaque enfant les mêmes chances dans la vie, dans une société aux inégalités qui semblent de plus en plus incompressibles.
  • Dernière piste d’explication : notre société souffre de Pédofolie : avec en son cœur : l’enfant devenu le réceptacle unique de toutes les espérances parentales, et sur les épaules de celles et ceux qui sont chargés de s’en occuper (plus d’heures d’ailleurs par jour que les parents) une pression énorme sur leurs épaules.

Du coup, tout ça : ça décourage. Surtout quand, stéréotypes aidant, le métier n’est jamais vraiment valorisé comme il le devrait.

Un métier très varié qui comporte autant de dimensions scolaires que psychosociales

Car une institutrice doit être à la fois maîtresse de vie scolaire, apprendre aux enfants à vivre ensemble, à collaborer, à communiquer, à résoudre des conflits, et le tout dans un contexte très paradoxal : celui de la montée en compétition scolaire.

Elle – c’est un métier à 85% féminin) doit être sacrément polyvalente : le français, les math, les sciences, l’histoire, la géographie, tout tient entre ses mains, avec un soin particulier porté sur les savoirs essentiels : écrire, lire, compter.

C’est aussi un/une pédagogue, psychologue, éducateur et animateur.

Et le soir, et durant les congés scolaires, entre l’aménagement de sa classe, les tris et le rangement, les recherches pédagogiques, la création de nouvelles activités, la préparation des fameuses danses pour la fancy-fair, l’instituteur a encore du temps pour lui et ses proches.

Au final, on pourrait passer des heures à refaire le monde, à critiquer l’école. À juste titre certainement. Mais s’il y a bien une chose qui est sûre : c’est qu’on ne rend le monde et l’école meilleurs, qu’en les changeant de l’intérieur !
L’Ecole a manifestement besoin de nous.


Alors, n’hésitez plus : engagez-vous !

Pour aller plus loin : devenir instituteur demandera trois années d’études, via un bachelier, la voie classique. Mais d’autres voies existent à travers la Validation des Acquis de l’Expérience, ou bien encore la Promotion Sociale. Autant de parcours qui vous seront renseignés gratuitement sur Miti.be (la plateforme de conseil en orientation, formation et études, gratuit, créée pour vous par la Wallonie et Bruxelles).


Et si l’envie se précise, rendez-vous le 29 juin, à 9h30, avec les Cités des Métiers pour une séance d’infos sur les métiers de l’enseignement, en digital.
 

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