Week-end Première

Dans quel pays est-on le plus grand ? Le plus petit ? Le plus gros ?

Une étude publiée dans The Lancet, revue scientifique médicale hebdomadaire britannique, a mesuré la taille moyenne des enfants et adolescents de tous les pays. Dans quel pays est-on le plus grand ? Le plus petit ? Le plus gros ? Une étude qui démontre l’importance des facteurs génétiques, mais aussi de l’alimentation et de la santé. Pasquale Nardone ramène sa science !

On pense souvent que les différences de taille moyenne des hommes et des femmes d’un pays à un autre sont génétiques. L’enquête, menée durant 35 ans, dans 200 pays, prouve que ce sont plutôt l’alimentation et l’activité physique qui en sont la cause.
 

Deux critères : l’indice de masse corporelle et la taille

Entre 1985 et 2019, une étude a porté sur environ 65 millions de personnes en âge scolaire, c’est-à-dire entre 5 et 19 ans, dont on a mesuré la taille, le poids et l’IMC, l’indice de masse corporelle.

L’indice IMC a été inventé, au 19e siècle, par Adolphe Quetelet, un mathématicien astronome belge qui s’intéressait à la démographie. Cet indice, qui est le rapport de la masse divisé par la taille au carré, donne une indication sur notre état de santé. Entre 18 et 25, vous êtes considéré comme 'normal'. Entre 25 et 30, vous êtes en surpoids. Au-delà de 30, vous êtes obèse. En dessous de 16, vous êtes anorexique.

Les chercheurs ont étudié l’évolution dans le temps de l’indice de masse corporelle et de la taille des différentes populations. Les populations les plus grandes se retrouvent en Hollande, au Monténégro, en Estonie, où la moyenne de taille des jeunes hommes est de 1.83m, à 19 ans. Les jeunes Hollandaises sont les plus grandes avec 1.69 m, suivies par le Monténégro, le Danemark et l’Islande.


La même taille jusqu’à l’âge de 5 ans

On a pu observer que les enfants, jusqu’à 5 ans, présentent tous à peu près les mêmes caractéristiques. C’est après que les choses changent. En Belgique par exemple, les filles suivent la trajectoire des Hollandaises, mais, à un moment donné, elles arrêtent de grandir et, en arrivant à l’âge de 19 ans, la différence de taille est d’environ 5 cm. Ce qui n’est pas le cas des garçons.

Comment l’expliquer ? Il doit y avoir une part de génétique, mais aussi une influence liée à la nutrition, à la qualité de vie, à l’activité physique, à l’état de santé. L’influence alimentaire va ainsi avoir un impact sur la taille des jeunes filles, mais étrangement pas sur celle des garçons. L’influence du sport est avérée aussi. Le sport est beaucoup plus présent à l’école en Hollande par exemple.

En Italie et en France, on constate que l’IMC s’améliore, grâce à la politique nutritionnelle mise en place, ce qui veut dire qu’au niveau médical, la santé s’améliore.

On n’est pas étonné de noter que les enfants obèses se retrouvent principalement aux Etats-Unis, mais c’est le cas aussi au Chili, ce qui est plus étonnant. On voit aussi qu’il y a des différences entre les garçons et les filles en termes d’IMC, mais que l’obésité augmente de façon systématique.

On a constaté aussi que les enfants d’immigrants, qui n’ont pas le même patrimoine génétique que les Hollandais natifs, les rattrapent au bout de quelque temps, en termes de taille et d’indice de masse corporelle, ce qui montre bien l’importance du facteur sociétal.


Des études encore à poursuivre

L’institut School of Public Health de l’Imperial College à Londres, qui a publié cette étude, s’intéresse aux maladies de type chronique : maladies cardiaques, cancers, maladies respiratoires,… qui tuent 40 millions de personnes par an, soit 75% de tous les décès.

L’étude de ces indices objectivables et non réfutables, tant pour l’IMC que pour la taille moyenne, va servir pour des études prospectives entre différents pays pour observer ce qui se passe en termes de nutrition, d’activité à l’école et de génétique. L’étude se poursuit, 17 scientifiques belges y participent.

Après avoir recueilli tant de données statistiques sur un si grand nombre de personnes, durant tant d’années, il va être intéressant d’observer si la moyenne restera stable ou si elle évoluera, et de tirer des réponses scientifiques de ces différentes évolutions.

 

>> Ecoutez la séquence de Pasquale Nardone
et pour plus d’infos, lisez l’article de la revue The Lancet ici >>

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