Week-end Première

Coronavirus : c'est quoi un épidémiologiste ?

Un nouveau métier est apparu dans les médias. Habitué au calme des labos, aux ambiances feutrées des colloques aussi bien qu’à l’odeur d’encre des revues scientifique, cet expert c’est l’épidémiologiste. Explications avec Olivier Marchal, sociologue des métiers

 

C’est quoi le boulot d’un épidémiologiste

 

L’épidémiologiste est sensé :

  • comprendre comment maîtriser les mécanismes de propagation des maladies contagieuses
  • Et tout faire pour guider et convaincre les décideurs politiques de prendre les bonnes mesures visant à :
    • prévenir l’apparition de ces maladies,
    • contrôler les facteurs de contagion
    • Et, ce qui se joue ici : enrayer les épidémies.

Un métier ancien

Pour bien comprendre ce métier, il faut se plonger en plein XIXe siècle : Quand les révoltes des travailleurs amènent la bourgeoisie à améliorer les conditions de vies du prolétariat. A la fois par compassion, mais surtout après avoir constaté que les virus se fichent éperdument des barrières de classe et que riches et pauvres partagent le même péril.

Naît alors l’hygiénisme, mélange savant de médecine et de statistiques sociales dont un des pères fondateurs, était un belge répondant au nom d’Adolphe Quetelet.

Science centenaire donc à qui l’on doit d’avoir pris à bras-le-corps les grandes épidémies de grippe en Amérique qui tuèrent, au passage, plus de personnes que la première guerre mondiale.

Métier à qui l’on doit également la fin des grandes pandémies meurtrières du XXe siècle.
 

A ne pas confondre avec le Virologue…


Un ou une virologue, se concentrent sur le virus lui-même, sa genèse, sa vie, ses capacités, son architecture et ses faiblesses. Tandis que l’épidémiologiste, lui, va se charger d’analyser la " vie du Virus " dans le corps social, la façon qu’il a de se transmettre et de se comporter en fonction des milieux et des environnements qu’il traverse pour survivre et vivre en se propageant d’un être humain à un autre.

 

Un épidémiologiste, ce n’est pas un peu un sociologue ?

Ce sont des métiers qui se croisent et se nourrissent. Car pour conseiller les gouvernements, les données virologiques sont croisées avec les connaissances sur :

  • Les modes de vie, les habitudes, et la culture des individus ;
  • leur niveau global de santé et d’éducation ;
  • Mais également la robustesse des systèmes de soins, d’approvisionnements, de télécommunications et de déplacements.

L’épidémiologiste doit aussi être un brin de psychologie pour comprendre comment un virus peut provoquer une véritable razzia sur les stocks de papiers toilettes. En invoquant, pourquoi pas, Freud et son fameux stade anal.

 

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