Week-end Première

Bientôt un éboueur de l’espace ?

Que deviennent tous les objets, tous les vieux satellites que l’on envoie dans l’espace ? Un premier éboueur du ciel est en train d’être mis sur pied et il est suisse. C’est ce que Pasquale Nardone nous explique dans sa chronique scientifique.

Fin novembre, l’ESA (l’Agence Spatiale Européenne) a signé un contrat de 86 millions d’euros avec la société ClearSpace (à traduire par 'nettoyeur de l’espace'). Cette société est basée en Suisse et collabore avec Airbus et d’autres sociétés anglaises. Elle est une émanation de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, dont l’expertise en matière de robotique est reconnue.


L’objectif de ClearSpace-1

Le but de la mission ClearSpace-1 est d’arriver, en 2025, à aller ramasser un gros débris bien repéré dans l’espace : on l’a nommé Vespa (guêpe en italien) et il s’agit du déchet d’une fusée européenne, qui fait 112 kilos et qui tourne à 600 km d’altitude.

On le ferait sortir de son orbite, pour le réexpédier vers la Terre. Soumis alors au frottement avec la haute atmosphère, il entrerait en combustion avec l’oxygène, s’effriterait et se détruirait de façon naturelle. Pas de panique donc : il ne s’écraserait pas sur Terre !


23000 déchets dans l’espace

Ce projet est très important quand on sait que 23000 objets tournent en orbite autour de la Terre. Ce sont des débris issus d’explosions de satellites. Ces déchets vont frapper d’autres satellites et fabriquer de plus en plus de nouveaux débris. L’astrophysicien Donald J. Kessler, consultant de la NASA, avait déjà alerté en 1978 sur le danger de cette montée exponentielle des déchets.

Ces débris, même s’ils sont plus petits qu’un centimètre, peuvent entraîner de nombreux dégâts sur les satellites dont nous avons besoin, avec des conséquences sur Terre : GPS, télécommunications, et bien d’autres applications.

Le nombre de collisions admissibles a été limité d’ailleurs à une collision tous les 10 ans, au risque d’avoir des ennuis et des réactions en chaîne, comme le mettait en scène le film Gravity en 2013.


Un défi de taille

Les nombreux polytechniciens et scientifiques à la société ClearSpace travaillent donc à mettre au point un système pour agripper cette Vespa et la mettre hors orbite, et pour réaliser ainsi le premier nettoyage d’un satellite en orbite. Le système nettoyeur sera bien sûr, lui aussi, amené à se désintégrer dans l’atmosphère.

Le défi est de taille, mais si l’opération réussit en 2025, on pourra envisager la destruction de ces milliers d’objets qui tournent autour de la Terre, tous ces débris d’anciens satellites, qui s’accumulent particulièrement sur des trajectoires orbitales autour des deux Pôles. Un programme systématique d’éboueurs de l’espace sera mis sur pied pour aller récupérer, dans un premier temps, tous ces gros débris qui sont, à l’heure actuelle, déjà bien géolocalisés dans l’espace.


Pasquale Nardone ramène sa science, c’est à écouter ici…

 

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