Un Jour dans l'Histoire

Sexe et Egypte ancienne : une histoire chaude

The ancient erotic relief
The ancient erotic relief - © efesenko - Getty Images/iStockphoto

Comment vit-on sa sexualité dans l’Egypte il y a environ 5000 ans ? Quelles sont les pratiques admises ou interdites ? L’inceste est-il le tabou absolu ? La polygamie choque-t-elle ? Pour répondre à ces questions, Amandine Marshall, Docteur en Égyptologie, archéologue.

 

On dispose d’assez peu de documents faisant état de polygamie et d’inceste. Cela se passe surtout au sein de la famille royale mais rien ne permet d’affirmer que ces pratiques étaient répandues dans l’ensemble de la société égyptienne.

Une société différente

Aujourd’hui quand on parle d’inceste, on pense à des adultes qui violent des membres de leur famille, essentiellement des enfants. On est choqué parce que l’on sait qu’une grossesse issue d’une relation incestueuse comporte de nombreux risques. C’est également choquant parce qu’aujourd’hui, on se marie librement. Mais dans l’Egypte ancienne, les mariages sont arrangés. On ne demande son aval, ni à l’homme, ni à la femme. Ce sont des mœurs qui vont perdurer jusqu’à Cléopâtre 7.

 

Viol, nécrophilie, homosexualité, adultère, zoophilie, comment ces pratiques sont-elles perçues dans l’Egypte ancienne ?

Officiellement, le viol est interdit dans l’Egypte ancienne mais on retrouve des traces dans la mythologie. Par exemple, le dieu Gep cherche son père dont il veut prendre la place, il ne le trouve pas. Il va se venger sur sa mère en la violant. On retrouve également ce genre de récit à propos d’Osiris. Les textes rapportent qu’il aurait violé sa propre fille à 3 reprises. De même, Horus aurait violé sa propre mère.

 

La nécrophilie, une volonté de souvenir ?

Elle est réprouvée mais non interdite. Elle fait l’objet de souvenirs. Osiris a été assassiné et découpé en morceaux. Son épouse, Isis, va vouloir retrouver son corps sauf le cœur et son sexe. Elle va donc se confectionner un phallus en argile. Elle va le placer sur le bas-ventre mutilé de son mari.

Nous disposons également d’autres traces rapportées par Hérodote. Il affirme avoir connaissance de cas de nécrophilie. Quand des femmes jeunes décèdent, les embaumeurs attendraient quelques jours avant de les ensevelir. On aurait, ainsi, surpris un embaumeur se livrant à un acte de nécrophilie avec l’une de ces clientes décédées.

Mais les récits d’Hérodote doivent être considérés avec précaution. Il rapporte souvent des faits qu’on lui a raconté et qu’il n’a pas pu vérifier.

 

Les Egyptiens connaissaient-ils les sex toys ?

Des ex-voto qui représentent le sexe masculin ont été évoqués dans la littérature. Ils étaient en pierre ou en terre cuite. On ne peut pas dire avec certitude qu’ils étaient réellement utilisés. Nous sommes dans une société où la femme n’était pas libérée. Elle était reléguée au rôle d’épouse et au rôle de mère. Les historiens estiment qu’ils devaient s’agir d’offrandes.

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