Un Jour dans l'Histoire

Quand l'instituteur était le héros du village

L’école devint obligatoire et un quatrième niveau pour les plus grands est mis en place. Il est axé sur des matières techniques qui pourront donner accès à un emploi. Les garçons sont appelés à devenir des travailleurs rudes et battants, les filles sont préparées à la vie sociale et familiale. Métiers techniques pour les uns ; puériculture et couture pour les autres.

Dans la Belgique d’autrefois, en ville comme en campagne, toute une vie sociale gravite autour de l’école. L’instituteur est sous payé mais sa mission très importante.

L’école, un lieu d’apprentissage où étaient transmisses des valeurs éducatives, morales et patriotiques.

Renaud Denuit, écrivain, journaliste, conférencier et petit-fils d’instituteur nous fait remonter le temps.

Silence, l’école a commencé !

La classe

Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit font seize...

Une estrade, un tableau noir, des pupitres en bois et des cartes de géographie au mur ; au centre de la pièce, un poêle à bois ou à charbon ...

Une cour de récréation où les garçons jouent aux billes, les filles à la marelle.

Bérets, pantalons courts, blouses sobres et galoches pour les garçons ; robes et tabliers pour les filles.

Nous sommes à l’école primaire au début du 20e siècle.

Monsieur "Le Maître", instituteur, un bien beau métier

En l’absence d’école maternelle, le Maître est le premier enseignant des enfants.

Monsieur Le Maître, un homme important, un prolétaire qui enseigne à des prolétaires. L’exposé est magistral, le Maître a le monopole du discours, des contenus et des rythmes d’apprentissage. Il détient le savoir et sa mission est de développer les esprits, d’ouvrir l’appétit des enfants pour le savoir et permettre ainsi leur ascension sociale, former des élites basées sur le savoir et non pas sur la fortune familiale. Si l’objectif est d’apprendre à lire, à écrire et à calculer, l’instituteur doit former l’élève à la géographie, l’histoire et au système métrique. Cours de dessin, de chant, de gymnastique et de couture pour les filles.

La cloche retentit. La classe est finie.

" En rang s’il vous plaît messieurs et en silence".

L’instituteur, qui le plus souvent habitait dans l’école, représentait l’autorité. C’était un temps où la tendresse que l’instituteur avait pour les élèves n’empêchait pas les gifles et les fessées.

La mixité n’est pas de mise

Un Maître pour l’école des garçons, une Maîtresse pour l’école des filles. Si l’enseignement est séparé, en milieu rural nombreuses sont les écoles mixtes, les petites localités n’ayant pas les ressources suffisantes pour entretenir deux écoles. Dans les villages où le nombre d’enfants n’est pas suffisant, il n’y a souvent qu’un seul instituteur.

(C’est encore le cas dans certains de nos villages)

La remise des prix

En cette époque, il n’y a pas de réunion de parents ni de recours possible. Dans les villages, tout le monde se connaît et le Maître et les parents d’élèves se croisent chaque jour mais la seule rencontre officielle a lieu à la fin de l’année lors de la remise des prix. Administration, fanfare, chants patriotiques et brabançonne… Les enfants sont appelés un par un et reçoivent leur prix.

Le Don du Maître

Désiré Joseph d’Orbaix, instituteur au début du 20e siècle et fils d’instituteur, raconte la distribution de galoches faute de chaussures convenables, le "bulletin hebdomadaire" du samedi et des souvenirs de la fête de Saint-Nicolas en temps de guerre.

"Je préparai les enfants à recevoir, dans la joie, les débris du bonheur des autres".

"Le Don du Maître" paru aux éditions Samsa, un livre inclassable et atypique ou la prose côtoie les vers, la poésie se mêle à la réflexion sur la vie collective.

Edité en 1922, réédité dix fois, un beau portrait d’instituteur d’autrefois, un hommage au métier d’enseignant.

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