Un Jour dans l'Histoire

Histoire: Marlène Dietrich, une icône et une femme au foyer


Louis Bozon, celui qui a été très longtemps l’animateur-producteur du jeu des milles francs, a été pendant de nombreuses années le confident de Marlene Dietrich. La rencontre s’est faite un peu par hasard et pourtant il n’était pas très enthousiaste. Il préférait Greta Garbo. Il nous dresse le portrait d’une femme hors du commun

 

Première rencontre mitigée

Louis Bozon garde le souvenir d’un personnage particulier. Il l’a rencontrée lors d’un dîner, chez lui avec un ami. Une expérience cuisante. Le repas est succulent mais Marlène Dietrich n’a aimé aucun plat. Elle a râlé pendant tout le repas

 

Mais c’était Marlène. Elle avait ses bons et ses mauvais jours.

 

Pour l’avoir côtoyé pendant de nombreuses années, il la décrit comme une femme d’intérieur complètement "popote".

Si elle n’avait pas été actrice, elle aurait été femme au foyer. Dans certaines interviews, elle avait déclaré qu’elle rêvait d’avoir une ferme et qu’elle était une femme qui devait nourrir son homme.

 

En fait, elle était tout à la fois. Une super star mondiale et une femme au foyer.

 

Mais, même si elle pouvait être coupante, elle était dévouée. A de nombreuses reprises, elle a cuisiné pour Louis Bozon.

Si je lui disais que je recevais des amis chez moi, elle faisait la cuisine et m’envoyait des tupperware. Mais, je ne pouvais pas en parler. Ça ne devait pas se savoir. Sinon, elle était furieuse.

 

 

Coup de foudre ?

Alors même qu’il exerçait son métier de comédien et qu’il servait d’assistant à Marlène Dietrich, elle lui a donné très rapidement les clés de son appartement.

Pourquoi ? Elle aurait déclaré qu’il était le seul homme qu’il ne lui ait pas parlé de l’Ange Bleu.

Mais je n’ai jamais su réellement pourquoi. Parce qu’on ne demandait pas. En fait, on ne posait pas de questions à Marlène.

C’était une femme autoritaire qui ne supportait pas la contradiction et qui pouvait être cruelle et cinglante avec ses amis ou sa famille.

La plupart des gens qui l’ont connue estiment que c’est là la conséquence de manques affectifs. Elle aurait hérité du caractère très dur de sa mère. Elle n’avait pas de tendresse envers personne sauf envers sa fille. Et encore…

Louis Bozon se souvient de cette histoire. Début des années 90, Il va appeler la fille de Marlène, Maria Riva, au chevet de sa mère.

A la fin de la rencontre, sa fille ressortira impressionnée et déclarera : "Ces yeux bleus de ma mère qui font toujours peur." Elle a alors plus de 65 ans.


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Elle prenait soin de son personnage

Marlène avait cette devise qu’elle tenait de sa mère : " Ça ne se fait pas ". Je ne me plains pas, ça ne se fait pas. Je ne dis pas que je suis malade. Ça ne se fait pas.

Mais avec l’âge, elle va décider de vivre recluse et ne sortira plus de son lit. Cela se fera un peu par hasard. A la suite d’une fracture, son docteur lui conseillera de se reposer et de rester étendue quelque temps. Elle prendra le conseil au pied de la lettre. Elle ne le quittera plus jusqu’à son décès.

Mais elle restera très soucieuse de son image et de son personnage. En vieillissant, elle se cache.

Les gens ne viennent pas me voir. Ils viennent me regarder.


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Une personnalité forte

Pour Louis Bozon, Marlène Dietrich adorait chanter en public. C’était son plus grand bonheur.

"Elle aimait le public mais c’était un soldat qui commandait même le public. Elle entrait en scène, elle se courbait en deux. Elle laissait les gens applaudir le temps qu’elle le désirait. Elle se relevait d’un coup et se mettait à chanter

Personnalité dure mais pas dénuée d’humour. Elle pouvait rire d’elle-même. Elle trouvait et elle disait qu’elle avait un cou de poulet. Mais on ne pouvait pas rire d’elle. Louis Bozon : "un jour, je l’ai vue après qu’elle ait "pris" un coup de soleil. Le simple fait de lui faire remarquer m’a valu des remarques bien senties".

Pour Louis Bozon, c’est certain, elle savait qu’elle était une légende. Charles Trenet lui avait d’ailleurs envoyé un télégramme qui la résume : "Greta Garbo est morte, félicitations…"

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