Un Jour dans l'Histoire

Histoire : comment est née la franc-maçonnerie ?

Quand est née la franc-maçonnerie ? Comment est-elle née ? Quels en sont les symboles ? Comment devient-on maçon ? Autant de questions auxquelles nous allons essayer de répondre avec l’historien Hervé Hasquin, le musicologue Gérard Gefen et un franc-maçon haut gradé, Charles B.

La franc-maçonnerie, de quoi s’agit-il ?

Si on en croit Wikipédia, la franc-maçonnerie se définit comme suit :

Le terme franc-maçonnerie désigne un ensemble d’espaces de sociabilité sélectifs, dont le recrutement des membres est fait par cooptation et pratique des rites initiatiques se référant à un secret maçonnique et à l’art de bâtir. Formée de phénomènes historiques et sociaux très divers, elle semble apparaître en 1598 en Écosse (Statuts Schaw), puis en Angleterre au xviie siècle […] Elle prodigue un enseignement ésotérique progressif à l’aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l’humanité, tout en laissant à chacun le soin d’interpréter ses textes. Sa vocation se veut universelle, bien que ses pratiques et ses modes d’organisation soient extrêmement variables selon les pays et les époques.

Quelques éléments d’histoire

L’histoire de la franc-maçonnerie prend racine au 18e siècle et elle est d’origine anglaise. A l’époque, l’Angleterre sort d’une période horrible où les gens se battent les uns contre les autres. C’est l’époque de Cromwell.

 

C’est un moment où on tuait les gens au nom de leur religion. Il y avait là un besoin de se retrouver entre gens de mêmes origines auxquelles on pouvait faire confiance. (Charles B)

 

C’est l’époque où les scientifiques prennent de l’importance. L’Académie des sciences va se développer à Londres avec Newton et d’autres.

Les vieux bâtisseurs de cathédrales, les maçons, vont commencer à se réunir. Leur but est d’abord la bienfaisance et l’entraide mutuelle. C’est ce que l’on appelle des loges opératives. Peu à peu, ils vont inviter des intellectuels dans leurs réunions.

Au fil des années, même si la transition est mal connue, ces intellectuels vont prendre la succession des bâtisseurs. C’est ce que l’on va appeler la franc-maçonnerie spéculative.

Franc-maçonnerie et constitution

En 1725, il existe déjà des loges en plein fonctionnent. Deux personnes vont rédiger des constitutions.

L’un s’appelle Anderson et fait partie du clergé anglais. L’autre est un scientifique de haut niveau. Ensemble, ils vont rédiger ce que l’on appelle les constitutions d’Anderson.

Ces constitutions définissent les règles de fonctionnement de la franc-maçonnerie. Elles définissent également les droits et les devoirs des maçons.

C’est, alors, que l’on va voir se développer une maçonnerie où l’esprit est de rassembler tout le monde dans un esprit d’entente. Mais d’autre part, on va retrouver d’autres groupes basés sur des origines catholiques.

Les Modernes et les Anciens

Petit à petit, on verra différents courants se développer. Les modernes, qui se réclament de la constitution d’Anderson et les anciens qui adopteront un caractère plus directif.

Cela mènera à des contradictions va amener à des contradictions. Essentiellement, sur la question de l’adhésion à ces loges.

Au départ, tout le monde pouvait adhérer. On trouvait des universitaires, des bourgeois, des gens d’origines modestes. Ils mettaient de côté leur religion et développaient ce qui est une des grandes qualités de la maçonnerie : la fraternité.

D’un autre côté, il y avait des loges où il était impossible d’en faire partie si on n’était pas d’une certaine obédience religieuse. Par exemple, on n’entrait pas dans une loge catholique si on était juifs.

Très rapidement, la franc-maçonnerie va se développer un peu partout. On va retrouver des loges en Russie, en Autriche et partout ailleurs.

La dimension politique

La franc-maçonnerie a, historiquement, eu maille à partir avec la politique. Cela a été le cas en Autriche sous le règne de Joseph 2.

Rappelons-le, Joseph 2 est un despote éclairé. Il va accepter la franc-maçonnerie mais il va la contraindre. Il va faire en sortie que la loge ne déroge pas au droit su seigneur.

A la fin des années 1770, en Bavière, il existe un groupe " Les illuminés de Bavière ". C’est un groupe d’avant-garde anticlérical. Ils ne sont pas maçons mais ils veulent réformer la société.

Ce club d’illuminés va avoir de plus en plus d’ambitions. Ils vont essayer de pénétrer la maçonnerie pour en prendre le pouvoir.

Les francs-maçons dans l’entourage de Joseph 2 vont prendre peur et lui demander de réglementer. Ils n’imaginaient peut-être pas l’ampleur de la décision.

Entrer en maçonnerie

N’entre pas en maçonnerie qui veut. Même s’il est possible de poser sa candidature, il faut y être invité.

On peut envoyer une candidature spontanée à une loge. Elle sera traitée par un responsable de loge (un vénérable). Celui-ci va, généralement, désigner un frère qui va prendre contact. Si celui-ci considère que la candidature est sérieuse, il suscitera le parrainage de 2 autres frères qui prendront contact avec le récipiendaire. C’est seulement après ces différentes rencontres et si on juge la candidature sérieuse que l’on vous proposera d’intégrer la loge.

Le processus peut sembler obscur mais les maçons l’expliquent

C’est un endroit discret. Dans certains milieux, c’est dangereux et mal considéré. Je ne crois qu’il faille le crier sur tous les toits. On n’est pas encore sortis des moments où on risque quelque chose.

 

 

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