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Le burn-out étudiant augmente de plus en plus : pourquoi ?

Le burnout étudiant augmente de plus en plus: pourquoi ?
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Alors que les études sont souvent considérées comme les plus belles années, synonymes de liberté et d’indépendance, elles sont également une période de transformations, de pressions et de choix très importants. D’après une étude menée en 2019 sur 17.431 étudiants, 44,2% d’entre eux souffrent de burn-out, particulièrement en médecine. Michaël Devilliers, psychologue et coach étudiant à Louvain-La-Neuve, nous explique comment vont nos jeunes adultes.

Différencier burn-out, épuisement et dépression

Toutes les situations d’épuisement ne correspondent pas à un burn-out, précise directement le psychologue Michaël Devilliers.

Parfois l’épuisement physique ou bien l’épuisement mental sont confondus avec le burn-out, or ce type d’épuisement peut se travailler avec du sommeil, avec de la récupération, en se changeant les idées. Il est très répandu surtout à certaines périodes dans les études comme les examens.

Le burn-out, ou burn-out étudiant plus spécifiquement, est lui est bien plus profond que ça et est lié à une véritable crise de sens, une crise identitaire, une crise donc au sens large, et est beaucoup plus rare que l’épuisement. Le burn-out étudiant, c’est lorsque l’étudiant ne trouve plus le sens ni le chemin de ses études.

"On souhaite accomplir son projet de vie à travers les études, or quand on perd le sens de ses études c’est tout le sens de la vie qui peut se remettre en question" explique Michaël Devilliers.

La dépression : les symptômes ressemblent de près au burn-out mais la dépression est plus large, le burn-out est plus "thématique" et est lié au sens des études, à leur place dans la vie aussi au niveau social.

Le burn-out est donc très contextualisé, on peut être en burn-out étudiant, avec des symptômes de dépression au niveau de ses études. Le burn-out c’est un lieu où la personne se retrouve à côté d’elle, et cela se vit souvent par des crises.

Comment détecter le burn-out et le prévenir ?

Pour le psychologue, le plus important est d'offrir un espace d’accueil, de la bienveillance. " Il faut être attentif à pouvoir offrir la place pour accueillir, sinon la pression peut participer au burn-out. Souvent c’est la peur de décevoir: on fait des études pour satisfaire sa famille, il faut donc être présent pour que cela puisse être dit."

Dans le burn-out, la notion de crise de sens est très présente, c'est la question "que faire de ma vie?", savoir dans quelle direction on se dirige, savoir pourquoi et l'objectif des études sont parfois des questions très angoissantes.

L'importance de pouvoir être soi

Le point d’ancrage, c’est l’intelligence émotionnelle, il faut pouvoir être soi, et avoir la connaissance de ce qui est important pour soi. Cette connaissance permettra de servir de "GPS" au fur et à mesure pour comprendre et sentir quand on se sent en décalage avec soi-même.

Si on ressent un décalage de soi, c’est souvent l’extérieur qui a un peu influencé, pas forcément volontairement, et donc on a envie de répondre à des demandes externes, donc avant toute chose il faut pouvoir cerner le mal-être en apprenant à se connaitre.

La structure (des études) peut maintenir cette force d’action externe, l’attente de l’extérieur qui dit quand on doit y aller, il faut donc développer quelque chose qui vient de l’intérieur pour toujours avoir quelque chose qui vient de nous, de notre volonté.

Le monde des possibles 

Combien d’étudiants ne commencent pas des études en se disant "ça reste assez large, je verrais un peu au fur et à mesure" parce qu’ils sont vraiment dans un océan de possibilités...

Dans notre société, noyé sous les informations et les possibilités, ce monde des possibles devient très compliqué à gérer.

On demande de plus en plus aux étudiants d’être proactifs parce que les trajectoires professionnelles se construisent de plus en plus dès le début des études, avec des chemins qui se construisent au fur et à mesure et surtout parce que l'avenir est de plus en plus incertain. 

La pression est donc de plus en plus forte, il ne suffit plus de se satisfaire aux autorités, il faut se réaliser à travers d'autres choses qui représentent elles aussi une pression.

Il y a aussi toute une culture concurrentielle dans le milieu universitaire. Désormais, on doit se battre, c’est moins sécurisant, et c'est stressant pour l'étudiant qui doute.

Libérer la parole et écouter, c'est donc la clé car si on n'offre pas cet espace d'ouverture, l'étudiant peut très vite se noyer. Pour l'entourage extérieur, il s'agit donc de ne pas exercer de pression supplémentaire, d'offrir un espace d'accueil et de paroles.

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