Transversales

"Ici, on fait l'école à la maison"

En Fédération Wallonie-Bruxelles, 900 enfants suivent des cours donnés par leurs parents, à la maison. C'est presque deux fois plus qu'il y a 10 ans.

Charlotte Legrand s'est rendue dans une famille du Hainaut qui a opté pour ce type d'enseignement. Laurence enseigne à ses cinq enfants tout ce qu'ils doivent savoir.

Pourquoi choisir l'école à domicile ?

"L'élément déclencheur a été un de mes enfants qui se comportait bien à l'école mais on voyait qu'il devait faire énormément d'efforts. J'en avais pour une heure à gérer ses frustrations, ses blocages : le fait de devoir rester assis toute la journée, de devoir répondre à des consignes... Le fonctionnement scolaire ne lui convenait pas. Après, les raisons pour lesquelles on continue sont beaucoup plus larges que ça, on a découvert un monde totalement différent, une autre vie."
 

Un coin apprentissage a été organisé dans la maison, où on trouve des manuels scolaires, des encyclopédies, des livres d'intérêt pédagogique. Laurence apprécie la pédagogie Montessori, les pédagogies alternatives, les alpha, les multimalins... 

"Il y une profusion extraordinaire de matériel pour travailler, un appui au niveau internet qui est très riche."

Laurence avance à tâtons, elle "pioche" dans plusieurs méthodes d'apprentissage. Chaque fois différent, et au rythme de l'enfant.

Et au niveau organisation : "Du formel le matin, plus de liberté l'après-midi".

Et socialement ?

Louise, 14 ans, a fréquenté un athénée jusqu'en première secondaire. Elle non plus ne se sentait pas à sa place à l'école. Elle étudie maintenant sur PC. Elle vient de passer devant le jury central pour réussir son CE1D.

Elle confie : "J'avoue vraiment que pendant un an c'était très compliqué, j'allais parfois dire bonjour à quelques copains à la sortie des cours. Quand je regarde sur les réseaux sociaux, que je vois les photos, au début je me disais "oh ils ont l'air de trop s'amuser". Maintenant franchement ça va mieux (...) Avant, j'avais besoin des autres pour me combler, maintenant j'apprends à me combler toute seule et à ne plus avoir besoin des autres."

"C'est ça aussi, l'école à domicile", renchérit sa maman, "apprendre à se connaître soi!". Elle organise néanmoins des rencontres, régulièrement, avec d'autres familles, ou se rend avec ses enfants à des ateliers.


Et Laurence, comment se considère-t-elle? "Pas comme une institutrice. Déjà parce que je n'en ai pas la formation! Ensuite, je ne suis pas dans la transmission de savoirs. Je guide, j'agis comme un coach". D'un point de vue administratif, elle est femme au foyer désormais. "Socialement, c'est parfois difficile, car on est dans une société où quand on n'a pas de métier, on n'est personne. (...) Je préfère dire manager familial que femme au foyer....".

Son rêve? Pouvoir un jour aider d'autres familles, en se basant sur l'expérience vécue avec ses enfants. "Pour l'instant, je suis en train de me former".

Ecoutez le reportage de Charlotte Legrand dans Transversales

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Les règles pour l'école à domicile

 

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cet enseignement à la maison n’exige pas de compétences parentales particulières. Tout parent peut décider de compléter et d’envoyer chaque année, le 30 septembre au plus tard, un formulaire de déclaration d’enseignement à domicile au service de l’enseignement à domicile.

Les parents doivent évidemment s’informer quant aux socles de compétences définis par la Fédération Wallonie-Bruxelles : les contrôles effectués par les inspecteurs portent sur ces référentiels légaux. Ils rencontrent les parents qui montrent leurs outils, leurs manuels et les travaux des enfants. 

Deux visites de contrôle sont obligatoires, elles ont lieu en fin de 2e et de 4e primaire, avec examens écrits à la clé. Mais lorsqu’un inspecteur a des doutes sur le niveau d’études des enfants, il a le droit de multiplier ses visites. Si deux contrôles coup sur coup s’avèrent négatifs, il obligera alors les parents à inscrire leur(s) enfant(s) dans un établissement scolaire.

À 12 ans, comme tous leurs pairs, ces enfants doivent se présenter aux épreuves certificatives : CEB en fin de primaire, CE1D et CE2D en fin de 2e et de 4e secondaire.  

(La Ligue des Familles)

 

Quelques liens pour en savoir plus :

sur l'enseignement à domicile

sur l'e-learning

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