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Vivre sans plastique, est-ce vraiment possible?

Le plastique : un fléau pour la planète
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Le plastique : un fléau pour la planète - © posteriori - Getty Images

Couramment utilisés dans une multitude d’emballages et de produits du quotidien, la plupart des plastiques peuvent libérer des substances chimiques et persister très longtemps dans l’environnement. Pour atténuer les effets de ce matériau toxique et polluant, on fait miroiter les promesses du recyclage qui tiennent plutôt du mirage.

Et si nous prenions le problème à sa source ? Et si nous devenions les protagonistes de notre consommation ? La surabondance de particules plastiques qui étouffent la nature et mettent en péril notre santé est telle que nous ne pouvons l’éradiquer complètement. Ce que nous pouvons faire, c’est freiner l’afflux de nouveau plastique dans nos vies, ce à quoi nous invitent justement Chantal Plamondon et Jay Sinha, les auteur.e.s de ce guide en nous donnant tous les outils pour y arriver. Ouvrage de vulgarisation qui nous permet de mieux connaître les différents plastiques et leurs dangers à court et à long terme, "Vivre sans plastique" est aussi une véritable boîte à outils pour parvenir à nous en passer au quotidien.

Avec Jay Sinha

Un livre complet, fruit d'un long cheminement

Cet ouvrage aborde le côté scientifique, de l’environnement, de la santé et propose également un volet pratique avec des solutions écologiques.

Le plastique est présent partout dans la maison y compris là où on ne le voit pas, comme dans les matelas, les rideaux, dans le textile …

Il faut savoir qu’à chaque lavage, le polyester dégage des micro plastiques qui passent au travers des systèmes de filtrations d’eau et se retrouvent en bout de course dans les mers et les océans.

On les retrouve aussi dans l’air que nous respirons parce qu’ils se trouvent dans les tapis ou les tentures.

En 2003, Chantal Plamondon et Jay Sinha ont pris conscience du danger que représentent les plastiques parce qu’ils dégagent des produits chimiques comme, entre autres, le bisphénol A, un perturbateur endocrinien.

Mais il y a la toxicité avérée et celle soupçonnée des différentes matières composant le plastique. Des produits chimiques se dégagent du plastique mais on ne sait pas nécessairement lesquels et quel est exactement leur impact sur la santé.

D’un point de vue politique, même s’il y a des petites avancées, il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas de politique globale, de vue d’ensemble. On agit dans un domaine puis dans un autre mais il n’y a pas de vision large.

Si on parvient à bannir tous les plastiques à usage unique : sacs, pailles, bouteilles, gobelets… il y aura déjà un impact considérable.

L’emballage à lui seul représente 42% de la fabrication des plastiques. Ce chiffre est énorme d’autant que souvent, ces emballages ne sont pas du tout utiles. Ça reste un gros problème, même s’il existe les tissus enduits de cire d’abeille, ils ne sont pas encore la panacée, plus particulièrement quand il s’agit de chauffer les aliments.

La meilleure solution est d’utiliser autant que possible ses propres contenants.

Quelques chiffres

En 2017, la production de plastique représentait 348 millions de tonnes métriques, 4% de pétrole consommé pour sa fabrication et 4% de pétrole pour alimenter sa fabrication. On évalue à 150 millions de tonnes la quantité de plastique dans les océans aujourd’hui. Ces chiffres sont variables parce qu’ils ne tiennent pas compte des microparticules qui résultent de la dégradation des objets et qui ne sont quasi plus visibles.

Quelques idées d’objets remplaçables dans notre quotidien

  • Le Stylo jetable par un stylo à réservoir d’encre (remplissable)
  • La brosse à dents par une brosse à dents en bois compostable
  • Le rasoir par un rasoir en acier ou électrique
  • Les couverts plastiques par des couverts en inox.

Cela demande des changements de comportements et un peu de volonté. Souvent, la solution est de revenir aux objets utilisés dans le passé.

Que penser des bioplastiques ?

C’est assez compliqué d’autant que les multinationales tronquent la réalité à grands coups de greenwashing.

En gros, il y a des bioplastiques corrects parce qu’ils sont à base de pomme de terre ou de maïs mais la plupart n’ont qu’un petit pourcentage de produit bio pour une grande quantité de plastique traditionnel. Une solution qui peut nous éclairer c’est de se fier au label indiqué. On a besoin de transparence de l’industrie : de quoi sont composés ces bioplastiques ? Comment vont-ils se dégrader ?

La plupart d’entre eux ne peuvent pas aller dans le recyclage normal qui est prévu pour le plastique traditionnel. Donc, on les jette où ? Ils sont compostables ? Non, pas complètement, seule la partie bio l’est, pas le reste.

En fait, les bioplastiques idéaux – et ce ne sont pas les plus nombreux – sont ceux qui sont complètement compostables dans un compostage maison, la mention " compostable à 100% " doit être indiquée.

Mais la meilleure solution reste la réduction à la source. Il y a trop de production de plastique, d’où trop dans l’environnement.

 

Le mythe du recyclage

Il y a environ 30% de plastique recyclable en Europe. Mais le nouveau produit fabriqué avec du plastique recyclé demande un travail sur la matière et n’est plus recyclable ensuite. C’est ainsi que les bouteilles d’eau, les sacs en plastique transformés deviennent ensuite un nouveau déchet. C’est le principe de l’économie linéaire qui utilise un produit de base pour fabriquer un objet ; quand cet objet arrive en fin d’utilisation, il devient un déchet. L’économie circulaire prône l’utilisation d’un produit de base qui repartira dans le système soit par sa réutilisation, par un recyclage complet ou par un compostage. C’est l’idéal.

Le secteur agroalimentaire commence à prendre conscience du problème mais il faudra encore être patient.

En savoir plus :

Vivre sans plastique, des outils écologiques à notre portée

de Chantal Plamondon et Jay Sinha, paru aux éditions Ecosociété.

 

 

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