Tendances Première

Vers une mode plus écologique, durable et éthique !


Depuis le début de ce mois de juillet, les soldes battent leur plein chez nous ! L’occasion peut-être, pour nous consommateurs de se poser plus de questions sur les vêtements que nous achetons. Comment mieux acheter des vêtements plus durables, plus respectueux de l’environnement, plus éthiques ? Est-ce que notre passion pour la mode peut s’exprimer de façon plus eco-friendly et éthique ? On en parle avec Mathilde Lepage, influenceuse, instagrameuse @MakeMyClothesGreatAgain, auteure de " Changeons de mode ! " paru aux Editions Eyrolles et Sanna Abdessalem, coordinatrice d’achACT, Actions Consommateurs Travailleurs.

Mathilde Lepage s’est plongée dans le milieu de la mode, et elle a pu comprendre pourquoi il pose problème d’un point de vue écologique, mais aussi social. Elle tente d’apporter des solutions pour changer les choses, "sans compromis sur le style, l’humain et la planète". Quand à achACT, ses membres luttent sans relâche pour faire pression sur les grandes entreprises existantes et sensibiliser l’opinion sur leurs pratiques.

On entend souvent dire que la mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Une affirmation qui a choqué les consciences, mais qui n’est pas forcément correct. Aucune étude scientifique ne l’a corroboré, preuve que l’on manque cruellement d’informations sur le sujet de l’écologie et de l’éthique dans le milieu de la mode. Actuellement, seulement 3% des consommateurs et consommatrices comprennent réellement ce que signifient les informations données sur les produits durables.

Il a fallu attendre l’éclatement de certains scandales, comme l’effondrement d’un immeuble d’une fabrique textile au Bangladesh, en 2013, pour que le grand public prenne conscience des conditions dans lesquelles sont produits la majorité de nos vêtements. Pour vous permettre d’acheter vos robes et chemises à moindre coût, les grandes marques n’hésitent pas à employer des millions de personnes qui touchent des salaires de misère et travaillent dans des conditions déplorables, dans des pays peu regardants. Au Bangladesh, par exemple, la situation n’a pas vraiment changé depuis la catastrophe, et les accords conclus avec les entreprises pour de meilleures conditions de travail arrivent bientôt à terme.

Ces prises de conscience sur le poids écologique et éthique des vêtements que nous portons toutes et tous, tous les jours, a forcé les entreprises à se racheter une conscience, en s’enfonçant trop souvent dans le "greenwashing", ce marketing vert qui appose un label durable sur des produits qui ne le sont pas du tout. Les états démocratiques sont bien souvent dépassés, et leur législation ne suffit pas à enrayer cette machine mondiale.

Bien entendu, la mobilisation pour une mode plus humaine et écologique ne se limite pas qu’à nous. Pour forcer les entreprises qui posent problème à trouver de vraies solutions durables et éthiques, il existe des organismes comme achACT pour faire pression sur ce système. Mais le changement doit aussi passer par les consommateurs et les consommatrices. Car c’est avant tout à nous de changer notre consommation textile. Le marché des vêtements d’occasion ou de location, par exemple, est une solution parmi d’autres. La seconde main est en plein développement, et a beaucoup moins mauvaise presse qu’auparavant. Il n’y a pas si longtemps, porter des vêtements d’occasion était vu d’un mauvais œil, considéré comme non hygiénique. Ces réticences sont bien moins présentes actuellement.

Des idées pour changer sa consommation de la mode sans culpabiliser et en restant à la page, Mathilde Lepage en donne dans son ouvrage, mais aussi sur son compte Instagram. Sa première suggestion : se poser la simple question de savoir si on a vraiment besoin des vêtements que l’on veut acheter. Souvent, nous allons acheter pour compenser une émotion négative, de manière inconsciente. C’est ce comportement qu’il faut changer, nous devons devenir conscients de ce que nous achetons et pourquoi nous l’achetons.

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