Tendances Première

Télétravail et flexibilité au travail : une juriste nous explique la différence

Aujourd’hui, plus que jamais, le télétravail et la flexibilité au travail sont au cœur de nos préoccupations. Yasmine Lamisse, chroniqueuse juridique, revient sur ces deux notions.

Télétravail et flexibilité au travail sont souvent confondus. Ces deux notions sont parfois liées, mais pas toujours. "Quand il est obligatoire comme aujourd’hui, le télétravail n’a par exemple rien à voir avec la flexibilité au travail. Et quand on mentionne la flexibilité au travail, on ne parle pas toujours de télétravail" précise la juriste Yasmine Lamisse.

Télétravailler = travailler en dehors du bureau

"En temps normal, hors pandémie mondiale, il existe deux types de télétravail", rappelle la juriste :

  1. Le télétravail régulier ou structurel : l’employé effectue régulièrement ailleurs des tâches qu’il pourrait remplir au bureau. Un accord écrit avec l’employeur est obligatoire.

  2. Le télétravail occasionnel : l’employé effectue ailleurs, à certaines occasions, des tâches qu’il pourrait effectuer bureau"Ici, l’écrit n’est pas obligatoire mais fortement recommandé afin d’être mieux protégé en cas de problème", précise Yasmine Lamisse.

Dans les deux cas de figure, le télétravail doit bien évidemment résulter d’un accord entre l’employeur et l’employé. On ne peut pas l’imposer (sauf situation exceptionnelle sanitaire comme celle que nous vivons aujourd’hui).

La flexibilité au travail = adaptation et réorganisation du travail

Concernant la flexibilité au travail en revanche, on parle ici de trois possibilités :

  • Le télétravail : pour s’adapter à une situation particulière (enfant malade, rendez-vous prévu en pleine journée, etc.), l’employé demande à son employeur de télétravailler. "C’est plutôt "une faveur" qu’on va lui accorder pour lui permettre de travailler dans de meilleures conditions en fonction de son emploi du temps et de sa vie personnelle. Il faudra également un accord et un écrit avec l’employeur pour prévoir horaires, etc. Ici, on s’éloigne évidemment du télétravail obligatoire actuel" explique la juriste.

  • Le travail aux horaires flexibles : pour toute personne qui n’a pas une charge de travail régulière (saisonniers, etc.), l’employeur peut ajuster ses journées de travail et ainsi augmenter ou diminuer de 5 heures son temps de travail hebdomadaire en fonction du creux ou de la surcharge de travail. "Pour l’employeur c’est avantageux car il évite ainsi de payer des heures supplémentaires ou d’accorder plus de congés" précise Yasmine Lamisse.

  • Le travail à temps partiel est aussi une autre forme de flexibilité. Le plus souvent, il est accordé à des jeunes parents qui souhaitent conserver les mêmes horaires que lors de leur congé parental.

Dans le cas de figure exceptionnel que nous vivons aujourd’hui - plus de 33% des Belges sont en télétravail au moins un jour par semaine et 16.1% à temps plein à la maison il ne s’agit donc pas de flexibilité au travail, mais de télétravail régulier imposé.

Bonus : quelques conseils pour un "mieux être" en télétravail

Le télétravail tel que nous le connaissons aujourd’hui implique bien évidemment des avantages (moins de pollution, réduction du temps de déplacement, etc.), mais aussi des inconvénients (équilibre fragile entre vie privée et professionnelle, etc.).

La juriste Yasmine Lamisse rappelle que le droit à la déconnexion numérique existe (non, vous n’êtes pas obligé de répondre immédiatement aux e-mails reçus en dehors des heures de travail), et nous donne quelques conseils pour un "mieux être en télétravail" : Il faut essayer de trouver un équilibre entre le "trop" qui oppresse et le "pas assez" qui inquiète. Pour éviter les plaintes des employés, je conseille aux employeurs de revenir au lien humain, de respecter le droit à la déconnexion et surtout de ne pas oublier les formules de politesse (bonjour, merci, au revoir) dans les e-mails et appels (rire) ! C’est important de garder un lien affectif et de faire preuve d’intelligence émotionnelle… c’est la clé de tout bon rapport", conclut-elle.

Pour en savoir plus :

  • Retrouvez la chronique de Yasmine Lamisse dans le podcast Tendances Première ci-dessous :
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