Tendances Première

" Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille "

"La vie est un sport individuel"
"La vie est un sport individuel" - © Tous droits réservés

Souvent, après avoir expérimenté une souffrance plus ou moins extrême, nous nous promettons de mieux profiter de ces moments où la douleur nous épargne et d’en prendre pleinement conscience. Et c’est de douleur dont Christophe Thoreau, journaliste sportif, parle dans son livre " La vie est un sport individuel : L'algie vasculaire de la face, voyage au cœur de la douleur extrême " paru aux éditions Fauves. Au-delà de la maladie dont il souffre et qui lui provoque un véritable supplice, Christophe Thoreau voulait également aborder la douleur au quotidien, comment l’accepter, comment vivre avec, comment la gérer.

 

La maladie

À 18 ans, Christophe Thoreau a découvert qu’il souffrait d’algie vasculaire faciale. Sa première crise le surprend en vacances, la douleur arrive pernicieusement, d’abord douce puis rapidement insupportable. Après 1h30 de combat, il est complètement assommé et ne sait pas ce qui lui arrive. La maladie est rare et très peu connue, ce n’est donc que plus tard qu’il pourra mettre un nom dessus. Les douleurs extrêmes sont causées par un positionnement particulier du très sensible nerf trijumeau situé dans le crâne et contre lequel les veines viennent taper en fonction des variations de pression sanguine. Les crises sont fréquentes et souvent imprévisibles, ce qui est le plus compliqué à gérer pour Christophe Thoreau. La douleur viendra toujours, c’est une certitude. Il s’agit donc de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, avec l’angoisse que les crises surviennent à un moment inopportun. L’algie vasculaire faciale est aussi une maladie antisociale qui isole de sa famille et de ses amis puisqu’il faut s’adapter à sa douleur dans une société calibrée où tout va vite.

 

Trouver ses propres remèdes

Les douleurs sont toutes différentes et les gens qui ont mal doivent donc naviguer entre les possibilités qui existent pour les soulager afin de trouver des remèdes et solutions propres à leurs cas. Après avoir expérimenté un accueil difficile dans le milieu médical traditionnel, Christophe Thoreau, lui, s’est tourné vers des alternatives comme l'acupuncture et l’ostéopathie. Il a également constaté que pratiquer un exercice physique lui faisait du bien pendant ses crises : la circulation plus rapide du sang et l’accélération cardiaque drainait la douleur. Il s’est donc régulièrement retrouvé à faire du vélo à Paris, en pleine nuit. C’était en effet le plus souvent la nuit que les crises surgissaient et qu’il se retrouvait sur son canapé à regarder des séries grotesques pour essayer d’occuper son esprit. Dans l’obscurité, il se sentait encore plus désœuvré que pendant la journée, car il était complètement seul.  

 

La délivrance

Un jour, après avoir commencé à accepter que cette douleur atroce allait devenir un combat quotidien à mener et que toute sa vie serait rythmée par les crises, Christophe Thoreau se retrouve chez un nouveau médecin suite aux conseils d’un ami.  Ce médecin est empathique, doux et compréhensif, ce qui lui fait déjà immensément de bien. Elle lui parle de produits qui existent depuis quelques années et dont il n’avait pourtant jamais entendu parler : le Sumatriptan et l’Imiject. Dès la première injection, le médicament fait son effet et la douleur s’arrête une dizaine de minutes après avoir commencé. Aujourd’hui, 5 ans plus tard, il n’a plus de crises et semble s’en être sorti, même si ce qu’il a vécu influence indéniablement la façon dont il mène sa vie actuelle et a forgé l’homme qu’il est.

 

Écoutez l’interview complète de Christophe Thoreau ci-dessous :

 

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK