Tendances Première

Sexualité : il n’y a pas d’âge pour jouir !

Quand Catherine Grangeard, une psychanalyste et psychologue française qui n’a pas sa langue en poche, apprend qu’un écrivain à succès qualifie publiquement d’"invisibles sexuellement" les femmes de plus de 50 ans, son sang ne fait qu’un tour. Après avoir publié en 2007 "Obésités - Le poids de mots. Les maux du poids", elle reprend donc sa plume et revient sur le devant de la scène avec un livre-analyse intitulé "Il n’y a pas d’âge pour jouir ! - La retraite sexuelle n’aura pas lieu" chez Larousse.

"Cesse-t-on vraiment d’être désirante et désirable lorsqu’on avance en âge ? A-t-on le droit d’assigner 14 millions de femmes à la retraite sexuelle ? ! Absolument pas !" s’insurge Catherine Grangeard. Dans son nouvel ouvrage coup de gueule, elle s’adresse principalement "aux femmes qui veulent s’affranchir des idées reçues liées à l’âge et lutter contre les diktats de minceur, de beauté, de jeunesse imposés par la société", mais aussi aux hommes qui devraient, selon elle, arrêter de "poser les femmes en objet sexuel qui seraient désirables ou non désirables".

En partant de questions, d’analyses ou de témoignages recueillis sur son divan, l’auteure interroge le désir, l’amour et la sexualité des femmes… et rétablit quelques vérités.

Une société encore pleine de préjugés sur la sexualité des femmes

Si certaines femmes, qui se sentent toujours désirables et désirées après 50 ans, pourraient considérer cet ouvrage comme étant futile, il n’en reste pas moins que d’autres souffrent encore des préjugés tenaces véhiculés par notre société selon lesquels "la ménopause est assimilée à une "pause" dans la sexualité et dans le désir".


Lire aussi : Il faut se battre contre l’âgisme : le cri de colère de Laure Adler


En 2021, les injonctions morales envers les femmes concernant leur âge et leur physique ont encore la dent dure, affirme Catherine Grangeard : "Dans mon livre, je m’insurge contre un certain nombre de stéréotypes qui sont présents chez les femmes comme chez les hommes – et encore plus dans les messages véhiculés par les publicités et les médias - qui assignent un certain type de beauté pour avoir droit à une vie pleine sur tous les plans […] car pour certains, il n’y a pas que l’âge qui pourrait empêcher de jouir, mais aussi une certaine morphologie."

Le désir, c’est la rencontre de deux partenaires. Se plaire : c’est ça qui compte. Qu’on ait telle ou telle morphologie, ou tel âge… est-ce que c’est vraiment important ?

"Il y a quelque chose qui traîne dans cette société. Que tous les hommes ne désirent pas les femmes de plus de 25 ans, je n’y crois pas. Mais en revanche, il y a encore beaucoup de préjugés. C’est-à-dire que c’est jugé avant même de réfléchir. Et moi mon but, c’est de faire réfléchir et de se reposer des questions. Parce que dès que ça devient conscient, ce n’est plus du tout pareil […] Il faut évoluer." poursuit la psychanalyste.

Pour en savoir plus :

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK