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Se dire oui à soi pour se sentir bien

Apprendre à dire non.
Apprendre à dire non. - © bgblue - Getty Images

Notre éducation nous pousse, depuis le plus jeune âge à être serviable, gentil, attentif aux besoins des autres. L’altruisme est une valeur importante mais attention à ne pas laisser les besoins des autres supplanter les nôtres… jusqu’à nous oublier. Répondre aux attentes des autres "pour faire plaisir" sans y trouver son propre plaisir, ce n’est pas se respecter. C’est quand nous apprenons à dire non que le oui prend toute sa valeur.

Avec Magali Mertens, fondatrice de www.vieetcancer.be

Dire non aux autres c’est se dire oui à soi

Nous avons été élevé(e)s dans l’idée qu’il faut être gentil(le), serviable. Mais attention, il ne faut pas oublier de se respecter soi-même.

Pour se dire oui, il faut se connaître, déterminer qui nous sommes, de quoi nous avons besoin, quelles sont nos limites.

Quand la réponse paraît compliquée, demandons-nous ce que nous changerions si nous avions une baguette magique ? Quel besoin voudrions-nous combler ? :

Savoir qui nous sommes c’est connaître notre territoire, nos valeurs, nos limites. Qu’est-ce qui guide nos actions ? Comment nous sentons-nous physiquement, psychiquement ? Quelles sont nos limites ? Qu’est-ce qui guide nos actions ? Pourquoi disons-nous oui ? Si la réponse est " pour faire plaisir ", il faut alors nous demander si nous nous faisons plaisir aussi, si nous nous respectons.

C’est très difficile de connaître ses limites mais c’est un apprentissage de tous les jours. Et il ne faut pas compter sur l’autre pour les deviner. Ils ne peuvent pas se mettre dans notre tête. Si nous disons oui en pensant que l’autre va se rendre compte que nous n’allons pas bien, nous risquons d’être déçu(e) s et de devoir faire des choses dont nous n’avons pas envie.

Nous pouvons dire non avec beaucoup de bienveillance. Nous pouvons aussi exprimer la peur que notre oui occasionne. " En fait, j’ai peur de ne pas y arriver ". Le tout est de verbaliser et d’éviter les suppositions et les non-dits.

Quand un oui devient non

Si nous revenons sur notre oui, demandons-nous si le plus important est le respect de notre personne ou le fait d’être aimé(e) s ? Si nous ressentons le besoin de nous écouter, nous pouvons revenir en arrière en expliquant à l’autre les raisons qui nous ont fait changer d’avis : fatigue, malaise, difficulté… Ça peut nous soulager, c’est faisable en respectant l’autre, en lui expliquant. Mais il ne faut évidemment pas abuser de la formule.

Les profiteurs/profiteuses

Certains ont l’impression de toujours tomber sur des profiteurs.

Lorsqu’une personne a du mal à dire non, elle se place dans un rôle et les autres le sentent. Ce ne sont pas uniquement des profiteurs mais également les gens bien intentionnés qui n’imaginent pas que vous pouvez avoir un problème. Si ce n’est pas dit, ce n’est pas devinable. C’est l’image que vous renvoyez.

La plus grande conséquence du NON

C’est la peur de ne pas être aimé(e), reconnu(e). Dans ce cas, interrogeons-nous : la personne en vaut-elle la peine ? Si elle se détourne devant un refus, la réponse est évidente.

Devant une demande, posons-nous les trois questions suivantes :

- est-ce que c’est bon pour moi de dire oui ?

- est-ce que ça me fait plaisir ?

- est-ce que ça m’empêche de faire quelque chose d’autre qui est fondamental pour moi ?

Si nous devons choisir entre travailler un peu plus tard ou passer plus de temps en famille, le fait de choisir de terminer un boulot qui nous tient à cœur ne veut pas dire que nous n’aimons pas notre famille. Mais c’est une envie que nous rencontrons à ce moment-là.

A partir du moment où nous nous disons oui, nous sommes plus disponibles pour les autres. C’est quand nous apprenons à dire non que le oui prend toute sa valeur. C’est se respecter.