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Science : l’homme qui a appris aux médecins à se laver les mains


Depuis plus d’un an, on comprend l’importance des gestes barrières et surtout le lavage des mains. Ce que l’on a oublié c’est que des " petites " infections comme la grippe ou la gastro ont beaucoup régressé. Peut-être grâce au masque mais surtout grâce au lavage des mains. Mais la médecine n’a pas toujours privilégié le lavage des mains. Les explications de Pierre Scheppens.

 

Une petite histoire qui nous ramène 150 ans arrière

En plus d’être un écrivain, Louis — Ferdinand Céline était aussi médecin. Il a consacré sa thèse à Semmelweis, un médecin hongrois du 19e siècle.

Lors de ses études et de ses premières années de pratiques médicales, Semmelweis était obsédé par le nombre de femmes qui mourraient lors de leur accouchement. Le taux de mortalité dépassait les 30% de mortalité. Les médecins étaient convaincus que ce n’était pas leur faute. Ils mettaient en cause l’hygiène et les conditions de vie de leurs patients.

Cette explication ne lui convient pas. Il constate que l’unité d’obstétrique est divisée en deux pavillons. Dans le premier, destiné à la formation des médecins, le taux de mortalité est de 30%. Dans le second, destiné à la formation des sages-femmes. Il n’est que de 3%.

En approfondissant la question, il s’est rendu compte que les médecins passaient d’une autopsie à un accouchement sans se laver les mains.

Il a suggéré et forcé les gens à se laver les mains. On le prenait pour un fou. Les chefs de département refusaient ou se moquaient de lui. Mais le résultat était là. Le taux de mortalité est tombé à 1,5%.

Il n’a jamais été reconnu de son vivant. Quand il a présenté sa thèse, à Vienne ou encore à Paris, tout le monde lui a ri au nez. Ce n’est qu’avec Pasteur que ces directives seront appliquées. Il est mort dans la misère et la maladie mentale.

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