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Rendre la mode plus responsable, est-ce possible ?

Les soldes ont commencé, ce qui va accroître le phénomène d’offres et de promos en ligne ou en boutique, qui étaient déjà bien installés chez nous. Mais cette course à la surconsommation a-t-elle encore un sens aujourd’hui depuis la crise actuelle ? Y a-t-il eu des changements dans notre manière de consommer ou de produire la mode depuis la crise actuelle ?

Le point avec Yasmine Lamisse mais également Chloé Cohen qui a fondé le podcast : Le Nouveau Modèle Podcast sur la mode responsable et engagée. Focus sur la mode en changement.

En tant que journaliste, Chloé Cohen s’est interrogée sur sa façon de consommer et sur les vêtements qu’elle portait. Elle a découvert que le monde de la mode n’était pas exempt de scandale comme l’effondrement du Rhana Plaza et surtout qu’il s’agissait d’un monde qui polluait beaucoup.

 

Je me suis rendu compte que des personnes étaient déjà en train de changer les mentalités dans la mode, de confectionner différemment et je souhaitais leur donner la parole, sur leur prise de conscience ou les conseils qu’ils pourraient nous donner.

 

Les modes de consommation changent

Les gens commencent à consommer la mode autrement. Mais le changement n’est pas uniquement dû au Covid. La crise a accéléré cette prise de conscience générale sur la façon de produire des vêtements. Peu à peu, le public se rend compte qu’il est plus simple de fabriquer à proximité, plus local et de ne pas fabriquer de l’autre côté de la planète dans des conditions opaques.

Les pouvoirs publics commencent à s’intéresser au milieu du vêtement et de la mode. La France a mis en place une loi antigaspillage, pour notamment sortir du plastique jetable en 2040. Cette loi vise également à mieux informer les consommateurs, à lutter contre le gaspillage et à favoriser le réemploi solidaire.

Il existe également une loi sur le devoir de vigilance (depuis l’effondrement du Rhana Plaza en 2013). Elle impose une obligation de responsabilité des entreprises pour ses sous-traitances.

Selon Chloé Cohen, il serait cependant important d’aller plus loin et d’avoir des directives européennes qui donnent des directions, pour que ce soit le plus efficace possible plutôt que d’avoir une loi par pays.

Un bel exemple, l’affichage environnemental, pour essayer d’informer au maximum les consommateurs. Ce serait bien qu’il y ait une harmonisation des règles.

Quid chez nous ?

Il n’existe malheureusement pas encore de législation similaire à la loi française sur l’antigaspillage. La fameuse taxe carbone (destinée à encourager les citoyens et les entreprises à opter pour des solutions moins polluantes) , qui doit être prise chez nous, ne semble pas encore être à l’ordre du jour au gouvernement.

Yasmine Lamisse souligne l’importance de l’influence européenne qui joue un grand rôle important pour pouvoir prendre d’en haut des directives qui pourraient être mises en place et être traduites en lois dans chaque pays, ce qui n’existe pas encore à l’heure actuelle.

Peut-on survivre en étant éthique ?

On le voit, de grands changements de mentalités en faveur de la mode responsable émergent. Mais beaucoup de créateurs n’ont pas pu tenir le coup à cause de la concurrence ou des prix trop bas d’une mode pas suffisamment responsable. Des fabricants plus responsables ont vu le jour mais ont-ils des chances de s’en sortir en cette période de crise ?

Réponse de Chloé :

Oui je pense complètement. Il existe une vraie prise de conscience aujourd’hui. Les gens ont plus envie de savoir d’où vient tel produit ou il a été fabriqué. Les gens ont envie de plus de transparence et de traçabilité, comme cela a commencé par la nourriture et les produits cosmétiques, maintenant c’est pour les vêtements et c’est assez encourageant.

Il existe en effet de plus de jeunes créateurs qui émergent et qui s’en sortent bien aujourd’hui. De plus en plus de voix s’élèvent pour qu’il y ait plus d’information et de traçabilité dans le textile et la mode, car l’industrie textile est quand même la deuxième industrie la plus polluante au monde.

L’impact psychologique est là aussi à côté de la prise de conscience émergente pour en savoir plus sur le vêtement que l’on achète. On n’a pas tous le même porte-monnaie, il faut se projeter et acheter peut-être plus cher un vêtement mais de meilleure qualité, car il durera plus longtemps.

Les marques doivent éduquer, renseigner les consommateurs, c’est tout un modèle à changer au fait, c’est le fait d’acheter différemment un vêtement plus durable.

Des conseils pour consommer plus responsable

D’abord porter, accessoiriser ce qu’on a déjà. On prend le temps aussi, on ralentit. On réfléchit avant d’entamer un nouvel achat impulsif qui risque de rester au fond du placard.

Réfléchissons donc avant de consommer, ou avant tout nouvel achat en ce début des soldes

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