Tendances Première

Question existentielle : Qu’est-ce que la valeur des choses ?

Nous avons l’habitude de mesurer les choses avec leur valeur financière mais il y a des choses qui ont énormément de valeur différente, non monnayable. Avec Salma Haouach et son " Lab de Salma "

Qu’est-ce que la valeur des choses ?

Nous sommes dans une ère de quantités. Ce sont les valeurs du yang c’est-à-dire la représentation de l’univers masculin : quantité, domination, visibilité, imposition de ce que l’on est et qui doit tout de suite être compréhensible.

En opposition, il y a la valeur du Yin : la valeur du féminin qui va vers la patience, la douceur, l’intériorité, le moins visible. On les retrouve dans l’économie collaborative, la responsabilité sociale, le développement durable



Quelle est la valeur d’une bouteille d’eau quand on a soif ? Quelle est la valeur d’une vie ?

Nous avons du mal à faire la distinction entre ce qui a de la valeur à nos yeux et ce qui a un prix. On mélange les deux. La plupart des choses qui ont une vraie valeur ne sont pas modélisées en termes de prix.

On peut se poser la question du calcul du produit intérieur brut. Est-il bien calculé ? Calcule-t-on vraiment ce qu’il faut ? Doit-on prendre en compte les choses qui ont une valeur financière et monétaire ou ne devrions-nous pas apprendre à modéliser toutes ces choses qui ont énormément d’importance, sans lesquelles on ne peut pas exister mais qui n’ont pas de prix.

Le Bouthan est un bel exemple avec son BIB : Bonheur intérieur brut. C’est peut-être l’occasion, maintenant, de se pencher sur la question.

L’effet Pygmalion (ou la prophétie autoréalisatrice)

C’est le mécanisme selon lequel le jugement que l’on porte sur une personne, y compris soi-même conditionne en partie son comportement. C’est l’influence que peut avoir un professeur sur un élève suite à une supposition faite sur son parcours scolaire et qui servira de référence pour l’avenir.

Si on dit à un enfant qu’il va devenir un cancre, il va devenir un cancre. Si on dit d’une économie qu’elle sera mauvaise, elle le sera.

Certains économistes parlent de BIB : Bonheur intérieur brut. Il s’agit de mesurer des choses qui reflètent davantage notre vie au quotidien.

On a pu prendre toute la mesure, durant le confinement, de la valeur de l’école lorsque les enfants sont restés chez eux. Or, cette valeur n’est jamais prise en compte.

Dans une entreprise, la diversité des points de vue, des compétences, la manière de travailler, le nombre de personnes qui ont des capacités différentes… ces valeurs-là ne sont jamais mesurées.

Notre définition de la valeur risque-t-elle de changer ?

On constate, en réalité, qu’il est confortable de rester dans un monde qu’on connaît et qui se base sur la valeur financière des choses. Une valeur, en psychologie sociale est très difficile à représenter parce qu’elle est très variable. Ça demande des efforts, un engagement dans une démarche nouvelle alors que le prix, la valorisation financière est quelque chose qu’on connaît, qu’on comprend.

Nos valeurs personnelles ont certainement changé avec la crise, peut-être pas toutes et pas pour tout le monde mais la crise a fait bouger les choses. Toutes ces valeurs non mesurables ont été mises en avant.

Inclusion ou opposition ?

On entend beaucoup parler de décroissance, de mesure du bonheur. Cela fait avancer le curseur dans le sens opposé de celui que l’on connaît mais il n’y a pas de juste milieu.

Il serait préférable d’ouvrir le modèle connu. Sans croissance, on ne peut pas financer les soins de santé ou d’autres services. Il faudrait pouvoir ouvrir le modèle d’évaluation de performance à des choses qui ne sont pas visibles, qui ne ramènent pas tout de suite quelque chose. Le mot " TINA " (there is no alternative), utilisé sur les marchés, indique que tant qu’il n’y a pas d’autres possibilités, on reste sur ce qu’on connaît.

Notre évaluation est basée sur la performance du yang, sur le visible, le mesurable. Il faut ouvrir vers le Yin. Mais tant qu’on prend les choses séparément, on n’avancera pas. Il faut cesser de séparer les choses pour avoir un système de valeur commun.

Les influenceurs ont un rôle à jouer auprès de leurs communautés. S’ils parviennent à les convaincre  de modifier leurs modes de consommation, la réflexion s’engagera et le modèle deviendra inclusif.

Préférons l’inclusion plutôt que l’opposition.

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