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Quelles sont les personnes à risque pour la dépression ?

20% de la population risque de souffrir d'épisode dépressif un jour ou l'autre
20% de la population risque de souffrir d'épisode dépressif un jour ou l'autre - © Arman Zhenikeyev - Getty Images

Existe t-il des personnes plus sujettes que d'autres à la dépression? Peut-on y remédier? Quelques réponses avec Nicolas Zdanowicz, psychiatre à la Clinique Mont Godinne et professeur à l’UCL

Le mal du siècle

On sait que 20% population fera un jour ou l’autre un épisode dépressif. Une personne qui en a souffert une fois a plus de risques d’en avoir un second et ainsi de suite. Il y a un effet boule de neige.

On ne doit pas parler de " dépression " mais d’épisodes dépressifs. Le nom scientifique est " épisode dépressif majeur ". Être en dépression voudrait dire qu’il s’agit de dépression chronique, c’est-à-dire d’épisodes dépressifs répétitifs.

Quel est le profil type du dépressif ?

Les premières études montraient que les chômeurs ou les personnes à bas revenu risquaient plus de faire des épisodes dépressifs. Puis on s’est aperçu que les facteurs de risque ne sont pas les mêmes chez les hommes que chez les femmes, chez les jeunes que chez les vieux…

Les recherches plus actuelles montrent que le poids des facteurs de risque change en fonction de l’âge. D’une tranche d’âge à l’autre, ce ne seront plus les mêmes facteurs qui auront le même poids.

Par exemple, le risque lié à l’argent est un facteur important pour les personnes âgées alors que pour les individus de moins de 50 ans, ce n’est pas le facteur qui aura le plus d’impact.

Chez les plus jeunes, dans la tranche des 20 ans, le facteur majeur c’est la capacité de s’exprimer et de dire ses sentiments.

Chez les 30-40 ans, c’est le poids de la famille d’origine, c’est la façon dont les liens étaient dans la famille qui devient un poids important.

Etablir des portraits type

Celui d’une personne à très gros risques, c’est une femme, dans la trentaine avec un couple rigide et qui est plutôt introvertie.

Celui qui est hyperprotégé a la quarantaine, gagne un peu plus que la moyenne nationale, est extraverti et compte sur lui-même pour sa santé.

On pourrait imaginer se servir de ces profils type pour faire de la prévention.

Souvent, un patient consulte d’abord pour une plainte somatique et pas pour une dépression. S’il correspond au profil à risque, le médecin traitant peut avoir son attention attirée sur un éventuel épisode dépressif.

Au total on peut prédire que 30% des sujets feront de la dépression un jour ou l’autre.

Plus un individu a fait d’épisodes dépressifs, moins le poids des facteurs de risque est important parce qu’il s’agit alors de dépression chronique. Le corps et la biologie du cerveau, la manière de penser rentrent dans une telle logique dépressive qu’il y a peu d’éléments qui peuvent encore influencer le comportement et l’humeur.

 

 

 

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