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Quand les grandes marques se mettent à l'économie circulaire

L'économie circulaire : l'avenir
L'économie circulaire : l'avenir - © mikroman6 - Getty Images

Le 50ème Forum Economique Mondial s’est clôturé vendredi dernier à Davos.  Le thème de cette année était l’urgence climatique . Klaus Schwab, qui est le fondateur et l’animateur de ce Forum, a invité 3.000 personnes à se rassembler pour un "monde durable et solidaire". 

On a longtemps opposé climat et croissance économique mais depuis quelques années on comprend que les deux thèmes peuvent se rencontrer. D’un côté les ressources s’épuisent et d’un autre côté, il y a une réelle prise de conscience que nos modes de consommation doivent changer parce qu’ils ont un impact sur notre planète.

réponse à quelques questions que l'on peut se poser avec notre chroniqueuse Aurélie Russanowska.

Doit-on acheter du neuf ? Doit-on acheter ?

Aux USA, la plateforme de vêtements de seconde main ThredUP ne cesse de croître ; selon les prévisions, sa progression pourrait atteindre un chiffre d’affaires de 51 milliards de dollars d’ici 3 ans.

En 2018, 35% des Belges avaient acheté en seconde main.  C’est la marque d’une prise de conscience de la population. Acheter en seconde main n’est pas qu’uniquement bon pour le portefeuille mais c’est aussi bon pour le climat.

Les grandes marques s’intéressent au marché de seconde main

Zalando a lancé il y a environ 1 an ½ une application Zalando Wardrobe qui permet au client d’acheter et de revendre des vêtements déjà portés et a également lancé un pop up store de seconde main à Berlin. 

Ce mode d’achat se répand de plus en plus. Si les gens n’achètent plus de neuf, c’est toute un modèle économie qui s’effondre.

La Présidente de la Commission européenne, Ursula Van Der Leyen est à l’initiative du Green Deal dont l’objectif vise à réconcilier l’économie avec notre planète.  Les entreprises sont poussées à revoir leurs modèles et à y intégrer l’économie circulaire, en favorisant le recyclage tant des produits que des matières premières. C’est devenu une nécessité puisque nous sommes en train d’épuiser toutes nos ressources. Notre futur dépend de notre capacité à recycler, à réutiliser. C’est ce type d’économie qui va remplacer le modèle linéaire des marques. 

Les marques doivent-elles tout changer ?

Pour être recyclé, un produit doit être de bonne qualité, durable.  C’est donc toute la chaîne de production qu’il faut revoir.

Ainsi, Engie a complètement revu sa communication.  Au départ, le modèle était de vendre un maximum d’énergie aux clients, maintenant, c’est de réduire au maximum la consommation, en innovant dans des services pour maintenir l’entreprise sur pied et faire du profit.

Ikea communique également dans ce sens.  La marque collabore avec la Fondation Ellen MacArthur qui s’est donné pour mission d’accélérer la transition vers l’économie circulaireDouze mille produits seront revus pour pouvoir être recyclés ou un jour potentiellement recyclables.

Ikea a senti que son modèle économique devait être revu et que la survie de l’entreprise en dépendait. La marque s’est donnée 10 ans pour intégrer l’économie circulaire.

Pourquoi les marques réagissent maintenant ?

Les mentalités changent.  Les gens sont inquiets, il y a un réel phénomène d’éco-anxiété. Les marques craignent un boycott. Burger Kig et McDonald’s ont fait l’objet d’une pétition au Royaume Uni contre les jouets en plastiques qu’ils offrent. Pour répondre, ils ont proposé à leurs clients de leur ramener ces jouets et de les refondre pour en faire autre chose.

Les jouets, un véritable fléau

En France, 40 millions de jouets sont jetés chaque année parce qu’ils ne peuvent pas être réparés. En réaction, la société 3D s’est lancée dans la fabrication de centaines de pièces détachées des jouets les plus achetés.

Le recyclage n’est pas un pas en arrière mais une juste réponse à l’urgence climatique.  C’est une autre manière de penser le cycle de vie d’un produit, c’est redonner de la valeur aux produits et aux matières.

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