Tendances Première

Psychologie : la tendresse, un des fondements de notre identité


"Il suffit parfois simplement d’un mot, d’un geste, d’une attention ou d’une intention pour remplir un cœur de joie. Il suffit aussi d’un seul petit élan d’amour pour sécher bien des larmes. Il n’y a qu’à ouvrir ses bras et son âme pour accueillir les émotions du monde…"

Après L’éloge de la solitude, L’éloge de la liberté, L’art de ralentir ou encore L’art de la quiétude ; la journaliste Véronique Aïache revient sur le devant de la scène avec L’art de la tendresse publié chez Flammarion. Dans ce nouvel ouvrage, elle insiste sur la place essentielle qu’occupe la tendresse dans un parcours de vie, nous aide à comprendre pourquoi elle nous est à ce point indispensable et surtout, nous apprend à cesser d’appréhender la tendresse comme un abus de faiblesse.

La tendresse est essentielle dans notre vie

"On peut vivre sans richesse, presque sans le sou. Des seigneurs et des princesses, y en a plus beaucoup. Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas. Non, non, non, non ; on ne le pourrait pas"chantait Bourvil. Et il avait bien raison ! Car vivre sans tendresse, "on ne le pourrait pas", effectivement. Invitée dans Tendances Première, Véronique Aïache explique : "La tendresse nous construit. Dès le ventre de notre mère, on se développe dans un bain de tendresse. C’est un havre de paix qui nous protège de tout, qui est synonyme de réconfort, de douceur, et d’exaltation. Elle va nous servir de repères une fois "dehors".

La tendresse fait partie des fondements de notre identité.

"On peut mourir d’un manque de tendresse" insiste Véronique Aïache. Pour étayer son propos, elle évoque l’époque où les décès infantiles étaient légion : "Un enfant sur quatre mourrait. C’était terriblement banal, au point que Montaigne écrivait : "J’ai perdu deux ou trois enfants en nourrice, non sans regrets, mais sans fâcherie" […] Entre l’Antiquité et l’après-guerre, les enfants n’étaient que très peu considérés avant l’âge de la parole. L’enfant était donc privé de tout ce qui fait qu’il se développe psychologiquement et physiologiquement." Heureusement depuis, la tendresse a retrouvé une place importante dans la vie de l’enfant. C’est en partie grâce au psychiatre John Bowlby qui a mis en lumière, dans une étude sur la théorie de l’attachement publiée en 1949, ce besoin fondamental de tendresse et de l’affectif pour le développement psychologique et psychique.

"La tendresse est liée à ce qui nous attache les uns aux autres, à la relation, à l’échange […] C’est notre plus jolie part d’humanité et c’est l’antidote de l’agression que l’on peut ressentir dans la vie de tous les jours". Emotionnellement, la tendresse est très importante. Mais elle l’est aussi physiologiquement. Car tous ces échanges, tous ces touchers, toutes ces odeurs, tous ces câlins, toutes ces attentions ou ces intentions - sans qu’il y ait forcément de gestuelle – vont déclencher la production d’une hormone très précieuse : l’ocytocine. "Et quand on se prive de tendresse, on se prive de cette hormone qui est une grande facilitatrice de vie."

"La tendresse rend fort !"

Certaines personnes ne sont pas à l’aise avec la tendresse. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elles ont manqué d’amour. "C’est juste qu’on ne leur a pas appris la tendresse. Et on ne peut pas mobiliser quelque chose dont on ignore l’existence. Il faut tout simplement les éduquer, leur montrer que quand on les prend dans les bras, ça ne fait pas mal, c’est agréable, et que ce n’est pas une agression. Ça se désamorce" rassure la journaliste. "Il y a aussi des personnalités pudiques et introverties, qui ont peut-être un regard un peu méfiant sur la tendresse, avec une impression de faiblesse. Mais au contraire, la tendresse rend fort !".

Dans la vie de tous les jours, on passe notre temps et à nous mentir et à jouer un rôle. Mais quand on est tendre, tous les masques tombent. Moi je trouve ça merveilleux !

Pour Véronique Aïache, la tendresse implique une certaine dose de lâcher prise et d’authenticité. "On ne peut pas tricher quand on est dans un moment de tendresse. Déjà, on ne peut pas être "dans hier" ni "dans demain", on est "ici et maintenant". On vit pleinement l’émotion que procure le moment présent. On ne peut pas mentir ni à l’autre ni à soi-même. Il n’y a pas de triche. On est spontané, de manière quasi primitive."

Pour en savoir plus :

  • La chronique complète de Véronique Aïache dans le podcast Tendances Première ci-dessous :
Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK