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Psychologie : et si vous étiez hypersensible ou haut potentiel ?

Anxiété, ruminations mentales, compulsion au sucre, émotivité, fatigue, burn-out… Tels sont les symptômes dont souffrent les personnes hypersensibles ou à hauts potentiels. Ils n’apparaissent pas par hasard : ils sont la conséquence d’un cerveau "hyper" qui, en fonctionnant plus vite que la moyenne dans certaines zones cérébrales, provoque des carences. C’est ce qu’affirme la psychologue Cathy Assenheim dans son ouvrage "Mon cerveau est hyper".

Hypersensibles et hauts potentiels, même combat ?

Pour Cathy Assenheim, que l’on soit haut potentiel (HP) ou hypersensible, "c’est comme être au volant d’une voiture avec un hypermoteur, alors qu’on n’a jamais appris à conduire". Sans s’attarder sur les étiquettes de diagnostic, cette psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie soutient en effet que les hauts potentiels et les hypersensibles sont "tout simplement" dotés de ce qu’elle appelle "un cerveau hyper". Elle entend par là un cerveau qui fonctionne "plus" et "plus vite". Et, précise-t-elle, "cela n’a rien à voir avec l’intelligence".​

Comme elle l’explique au micro de Tendances Première, "la particularité des hypersensibles et des hauts potentiels, c’est qu’ils ont un réseau neuronal qui fonctionne plus et plus vite dans certaines zones. Pour les hauts potentiels, ça va toucher les zones intellectuelles tandis que pour les hypersensibles ça sera plutôt dans les zones émotionnelles et sensorielles". Pour Cathy Assenheim, ces cerveaux fonctionnent plus ou moins intensément en fonction des individus, créant ainsi une infinité de profils différents. "Il y a donc autant de hauts potentiels ou d’hypersensibles que d’individus" affirme la psychologue. Elle reçoit d’ailleurs régulièrement des patients qui ne se reconnaissent pas dans les caractéristiques "types" des hauts potentiels ou des hypersensibles mais qui souffrent pourtant de ce fonctionnement cérébral intense qu’ils ne parviennent plus à contrôler.

"Mon cerveau est hyper", un guide complet pour apprivoiser ce fonctionnement cérébral particulier

C’est de cette confusion de diagnostique récurrente que lui est venue l’idée de publier un guide intitulé "Mon cerveau est hyper". "Si on connaît la cause, on peut toujours trouver des solutions […] il est tout à fait possible de vivre bien et de vivre mieux en étant "hyper"", assure la neuropsychologue Cathy Assenheim. Comment ? Déjà, en apprivoisant et en comprenant le fonctionnement de ce cerveau "hyper" et ensuite, en utilisant les bons outils aux bons moments pour contrer les "débordements émotionnels ou intellectuels" qui peuvent être engendrés par ce cerveau hyperactif.

Vous n’êtes pas fous ni plus fragiles que les autres

Dans son ouvrage paru en octobre 2020 aux éditions Deboeck, Cathy Assenheim s’attelle donc dans un premier temps à expliquer, avec des termes compréhensibles par tous mais précis, ce qui se passe dans les cerveaux "hyper". Car malheureusement, ce fonctionnement cérébral intense, en "consommant plus", entraîne parfois des carences ainsi que des dérèglements nerveux et hormonaux, qui sont à leur tour à l’origine de nombreux symptômes cités plus haut : troubles du sommeil, compulsion au sucre, burn-out, fatigue chronique, etc. Elle préconise donc de faire un bilan physiologique et des analyses annuelles, puis de s’aider au moyen de compléments alimentaires (magnésium, sérotonine, etc.) qui vont venir renforcer le système et apporter à ce cerveau un peu plus gourmand que les autres tous les nutriments dont il a besoin.


► Lire aussi : Pour aller par-delà l’étiquette "Haut Potentiel"


Dans la seconde partie du guide, la psychologue clinicienne propose ensuite toutes une série d’outils à utiliser "quand ça ne va pas", des techniques pour réguler le système nerveux, des méthodes pour reprogrammer les comportements et gérer le stress ou encore des exercices de libération émotionnelle. Par exemple, compter à l’envers permet de solliciter l’hémisphère gauche du cerveau (qui traite l’information de manière logique et rationnelle) et d’apaiser un hémisphère droit (plus intuitif et émotionnel) qui s’emballe. La cohérence cardiaque est également citée, pour calmer le système nerveux. "Le but est de pouvoir automatiser ces exercices et de les utiliser aux bons moments pour "offrir une pause" au cerveau "hyper" qui s’emballe un peu trop et qui sature" conclut Cathy Assenheim. "C’est très efficace et ça peut vraiment changer la vie."

► "Mon cerveau est hyper" de Cathy Assenheim publié aux éditions Deboeck.

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