Tendances Première

[PSYCHO] Comment gérer les troubles de l'attention en milieu extra-scolaire?

Être confronté à un enfant atteint d'un trouble du déficit de l'attention (TDAH) amène son lot d'interrogations, de remises en question : Que puis-je faire pour améliorer ma relation avec ce jeune dont le comportement me place si souvent face à mes limites ? Que puis-je mettre en place pour développer mieux encore les forces de cet enfant si distrait ou si impulsif ?

Bonne nouvelle ! Il existe toute une série de pistes qui permettent d’améliorer, chaque jour un peu plus, le quotidien des jeunes atteints de TDAH mais également des animateurs qui les accompagnent !

Pascale De Coster, fondatrice de l'association TDA/H Belgique, tient d'emblée à préciser deux choses.

1. Aujourd'hui, tout le monde a déjà entendu parler de TDAH, mais ce trouble reste souvent assimilé à l'hyperactivité, alors que le symptôme premier et le plus important est le trouble déficitaire de l'attention. On parle en réalité de trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité. En fait cette hyperactivité est toujours présente, mais mentalement, ce qui ramène d'office à des problèmes d'attention, précise-t-elle.

2. Tous les enfants ne sont pas TDAH. Ce n'est pas parce qu'ils gigotent beaucoup ou sont distraits qu'ils sont atteints de TDAH. On parle ici vraiment d'un trouble, dont le diagnostic est posé par un médecin spécialiste. Quand on voit un enfant en souffrance, il faut bien sûr se poser des questions et il est toujours intéressant d'aller consulter un médecin spécialiste qui va poser un diagnostic différentiel, qui sera peut-être du TDAH ou peut-être des tas d'autres choses. On pourra alors aider l'enfant et ses parents à faire face à ces troubles, via tout un lot de stratégies.


L'enfant peut agir lui-même

Un enfant atteint de TDAH doit savoir qu'il est atteint de ce trouble ; il doit savoir ce que cela veut dire, il doit comprendre qu'il n'est ni bête, ni fou, ni méchant, qu'il  a un trouble, comme d'autres enfants ont un trouble de la vue ou autre. On peut très bien vivre avec un TDAH, on peut réussir sa vie parfaitement quand on a ce trouble. L'animateur du Grand Cactus et de VivaCité Adrien Devyver en est un bel exemple.

Il faut aider l'enfant à comprendre ce qu'il a et lui expliquer ce qu'il peut faire lui-même, maintenant et plus tard, pour y faire face. Il s'agit de mettre en place une série d'outils et stratégies adaptés à chacun.


Mieux informer les animateurs extra-scolaires

Aujourd'hui, le monde pédagogique est bien sensibilisé à cette question, on en parle plus facilement dans les écoles, on y met des choses en place. Le monde médical de son côté cerne bien le problème.

En revanche, dans tout ce qui est l'accueil extra-scolaire, comme les associations sportives, les mouvements de jeunesse... il faut bien avouer qu'il y a encore du chemin à faire. Les animateurs ne sont parfois pas sensibilisés à ce genre de choses, ou sont pleins de bonne volonté mais sont très jeunes et n'ont jamais entendu parler de ces symptômes. Ils ignorent par exemple qu'un enfant atteint de TDAH a non seulement des problèmes d'attention mais peut être aussi extrêmement impulsif.
 

Petit guide à l'attention des animateurs extra-scolaires

Pour les aider, TDA/H Belgique a édité un petit guide à l'attention des animateurs extra-scolaires, très pratique, qui se présente comme ceci :

Tu es animateur, tu travailles dans un club sportif, une association culturelle, un centre de loisir, un mouvement de jeunesse, une école de devoirs, une académie, une plaine de jeux…

Tu accueilles dans ton groupe un jeune qui :
- respecte difficilement les consignes,
- oublie fréquemment son matériel, perd régulièrement ses affaires,
- se laisse distraire par n'importe quel stimulus extérieur,
- agit ou réagit avant de réfléchir,
- rencontre des difficultés à se faire des amis ou semble avoir du mal à les garder,
- semble mû par un moteur tournant à plein régime.

Tu te demandes comment lui offrir du soutien tout en encadrant ton groupe ? Voici la solution ! "  Le TDA/H : Petit guide à l'intention des animateurs extrascolaires "

Cela résume très bien la situation. Les conseils donnés dans ce guide sont clairs et précis, comme par exemple :

  • faire 4 remarques positives pour une remarque négative. Tout simplement parce que l'estime de soi des enfants est à protéger, et d'autant plus celle des enfants qui ont un TDAH.
  • mettre des structures. Ces enfants n'ont pas de structure interne et ont donc besoin de structure externe.

Adrien Devyver a fait beaucoup d'activités extra-scolaires et beaucoup de sport, ce qui est important pour les gens qui ont besoin de dépenser leur énergie. Une animatrice lui a un jour demandé d'écrire tout ce qu'il voulait dire parce qu'elle était épuisée de l'entendre parler tout le temps. Sur la journée, il écrivait dans un cahier tout ce qu'il voulait dire, tout ce qui lui passait par la tête et ils faisaient un compte-rendu en fin de journée. "C'est une bonne clé à donner à des enfants qui sont parfois un petit peu excités dans leur tête", conseille-t-il.


De l'attention, des structures et des règles

L'animateur ne doit pas structurer son activité autour du TDAH, ni l'aménager. Le TDAH ce n'est pas l'enfant, c'est une partie de l'enfant. Il faut juste être attentif, proposer une activité bien structurée, bien définir les règles, utiliser le renforcement positif.

Être pro-actif, par exemple permettre à l'enfant de bouger régulièrement, le faire asseoir sur un ballon ou une chaise pivotante, mettre un élastique entre les deux pieds de la chaise, lui donner une balle anti-stress... Il y a chaque fois plein de stratégies à mettre en place pour être pro-actif.

On ne laisse pas les choses s'envenimer. On connaît l'enfant, on sait s'il a des problèmes d'attention, ou d'impulsivité, ou encore d'hyperactivité et on réfléchit avant à ce qu'on peut faire pour lui faciliter la vie. Les bases sont toujours les mêmes : le renforcement positif, énormément de structure et des règles claires.

En cas de sanction, on lui demande d'abord de réparer plutôt que de le punir, car l'enfant ne le fait pas exprès. Ce n'est pas l'impulsivité par exemple qui doit être sanctionnée. Par contre, un enfant qui tape l'autre, c'est non, qu'on soit TDAH ou pas.


Des parents parfois mal à l'aise avec ce problème

Les parents ont encore du mal à dire que leur enfant présente un TDAH. Certains ont du mal à l'accepter ou en ont honte. "Mais ce trouble n'est pas une fatalité, rappelle Pascale De Coster. Il y a plein de points positifs à être atteint de TDAH. Ce sont des enfants hyper-dynamiques, avec beaucoup d'imagination, ils sont très sensibles, très à l'écoute des autres".

Il ne faut donc pas hésiter à le dire aux animateurs et à expliquer ce qu'il est possible de faire pour aider l'enfant, ce qui fonctionne avec lui et ce qui ne fonctionne pas. Parce qu'il faut une boîte à outils énorme pour pouvoir faire face tous les jours à ces enfants, en n'oubliant jamais le renforcement positif.

Il est important aussi d'expliquer aux autres enfants que chacun est différent et que chacun doit être accepté avec ses particularités. C'est comme cela qu'on construit des adultes tolérants et attentifs aux autres.


A RETENIR 

Un enfant TDAH ne le fait pas exprès, notamment au niveau de l'impulsivité, c'est plus fort que lui. 

Il ne faut pas rentrer dans l'escalade sans fin de crier et de punir. 
Il a besoin d'encouragements, d'amour, de tendresse et qu'on lui montre le chemin.

Il faut éviter de le montrer du doigt, il a besoin d'être intégré comme tous les autres enfants.

 

La brochure, ainsi que bien d'autres sur le sujet, est disponible via le site de l'association TDA/H Belgique.

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