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Prenez soin de votre sommeil pour être en forme au travail : nos conseils

Un sommeil réparateur est essentiel pour être concentré et actif pendant la journée de travail. Des études américaines et européennes montrent que les travailleurs fatigués sont jusqu’à 55% moins productifs et 20% plus absents que leurs collègues reposés. En outre, les travailleurs non reposés sont plus susceptibles d’avoir un accident du travail. Un wake-up call s’impose donc !

On en parle avec le Docteur Inge Declercq (spécialiste du sommeil) et Jean-Olivier Collinet.

La qualité du sommeil

Il y a de plus en plus d’attention portée sur la qualité du sommeil, qu’il soit réparateur ou pas. Il faut savoir que c’est tout ce qu’on a fait durant la journée qui va influencer la nuit. On sait que les écrans d’ordinateurs ou de GSM sont néfastes pour le sommeil.

La lumière est un élément ultra-important. Quand il y a trop de lumière au mauvais moment, il n’y a pas de production de mélatonine.

Pourquoi est-ce la lumière bleue des PC et des GSM qui provoque des problèmes de sommeil ?

La mélatonine (hormone favorisant le sommeil) a besoin d’un environnement tamisé pour être produite par le cerveau. Nous avons des cellules au fond de la rétine qui captent la lumière. Le soir, elles sont particulièrement sensibles au spectre bleu de la lumière. 

Dès qu’elles le captent, elles envoient un signal vers l’horloge centrale de notre cerveau qui passera elle-même un signal à la glande qui produit la mélatonine. C’est ce qui explique cette lumière bleue crée un signal d’éveil pour notre cerveau.

Et les filtres ?

Ils filtrent environ 30% de cette lumière. Des études comparatives menées sur trois groupes distincts : avec lumière bleue, sans lumière et avec filtre démontrent que même le groupe avec filtre avait un sommeil de moins bonne qualité.

Un facteur génétique ?

Le biorythme ou chronotype, c’est la période qui est située entre le sommeil ressenti le soir et le moment où on s’éveille naturellement. C’est ce qui va déterminer comment on fonctionne en journée : certains sont parfaits pour une réunion à 10 h, d’autres le seront à 16h.

Le sommeil est différent d’une personne à l’autre. Notre biorythme est encodé au niveau de nos gènes mais il y a d’autres éléments qui interviennent, entre autres les hormones. C’est ainsi que les ados deviennent des couche-tard à cause de leur développement hormonal. Idéalement, pour eux, il faudrait que l’école commence plus tard.

La plupart des Européens sont plutôt neutres ou couche-tard. Le monde du travail n’est pas bien organisé par rapport à ça. D’où l’importance du télétravail qui permet à chacun de respecter mieux son biorythme.

 

Le Jetlag social.

 

87% des Nords européens en souffrent.

De quoi s’agit-il ? Si notre biorythme est en partie encodé dans nos gènes, l’heure de travail reste, elle, relativement fixe. C’est le décalage entre l’heure à laquelle on est obligé de se lever pour travailler et celle qui devrait être en fonction de notre horloge biologique.

 

Faut-il réapprendre à dormir pour être plus efficace au travail ?

Oui, un accompagnement dans l’entreprise est très intéressant, surtout si on travaille en flextime. Mais il est également tout aussi important d’accompagner le travailleur au niveau de l’arrêt du travail, du moment où il se déconnecte. Il faut un accompagnement tant au niveau systémique, en entreprise, qu’au niveau individuel.

Des études ont clairement démontré que la prise de conscience du travailleur de ce qu’est son biorythme et de ce qu’il peut faire dans sa vie quotidienne pour améliorer sa qualité de sommeil avait des répercussions sur son travail. Ce travail doit être mené par un professionnel, avec des animations pour un effet durable.

Le coût du manque de sommeil coûte 2.000 euros par an par travailleur en entreprise.

 

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