Tendances Première

Pour nos ados, des livres forts, riches en émotions

Déborah Danblon revient avec ses bons conseils lectures pour nos ados (mais pas que…). Elle nous propose cette fois deux sujets difficiles et une petite fugue... parce que "c'est ça aussi la littérature."

Un roman qui lève le tabou sur les violences sexuelles dont peuvent être victimes les jeunes garçons.

Sandrine Beau signe Le jour où je suis mort, et les suivants, chez Alice Editions.

On suit trois personnages et on comprend que chacun d'eux a vécu quelque chose de terrible : il a subi un abus sexuel de la part d'un adulte.

"C'est un livre terrible, admet Déborah Danblon. Mais que ceux qui sont mal à l'aise avec le sujet n'aient pas peur de se plonger dedans. Le sujet est dur, mais la description ne l'est pas. On est simplement dans la personne, dans le vécu de la personne. 

Et c'est peut-être plus terrible que des descriptions, puisque, pour les trois personnages, on va avoir leur réflexion sur la longueur. Et donc on va voir à quel point c'est difficile, à quel point ça peut se passer, à quel point c'est sournois quand ça se passe. Parce qu'on a dit oui, parce qu'on n'a pas dit non, parce qu'on ne voyait pas que c'était grave au début.(...)"

Par petites touches, l'auteur nous donne accès à la vision de chacun des trois personnages qui racontent la situation, non comme cela leur est arrivé, mais comme ils le vivent. Elle aborde les thèmes du secret, du succès qui donne un statut, de la honte de dire : "je me suis laissé faire ça", de la peur de la stigmatisation, du déni des adultes... Les récits se déroulent dans différents milieux, dont celui du sport de haut niveau, avec les enjeux du succès que cela implique.

Avec comme message final : il ne faut pas se taire, il faut libérer la parole, celle de la victime et celle de l'entourage familial qui ne se rend pas compte, voire qui valide de façon consciente ou inconsciente. Mais aussi la parole des amis, des enseignants qui doivent être attentifs aux signes d'alerte, à tout changement.

"C'est terrible, mais c'est important d'en parler."

En fin d'ouvrage, des aides et conseils sont listés, ainsi que des contacts en France, en Belgique, au Canada."

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Face à la tragédie‚ ils seront tous coupables et héroïques‚ responsables et effondrés.

Eva Kavian n'a pas peur non plus d'aborder des sujets difficiles.
La vie devant nous (Ed. Mijade, Zone J) est un roman choral qui met en scène des ados de 16-17 ans, au cours d'une soirée qui va soudain basculer. Chaque personnage va raconter cette soirée avec son propre point de vue, faisant ainsi progressivement avancer le récit.

Un livre à recommander aux enseignants, pour cette construction très intéressante, souligne Déborah Danblon.

Tout l'intérêt réside dans les différentes réactions : est-ce qu'on aurait pu empêcher ça ? Qu'est-ce que je vais faire ?
Ainsi que dans la projection possible : et moi, qu'est-ce que j'aurais fait ? Et on mesure à quel point tout se joue à un cheveu, dans un engrenage d'événements.

"C'est passionnant, c'est très bien écrit, c'est très juste, c'est fort. Il faut un peu le digérer après, mais c'est ça aussi la littérature !"

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Je comprends rien. Remarque, si ça se trouve, c’est fait exprès. Le gars, il a voulu faire le livre le plus nul du monde. Et il a réussi.

 Le plus mauvais livre du monde, par Vincent Cuvellier (Ed. Nathan - Court toujours), est un roman un peu plus léger.

Paul, presque majeur, fait une fugue. Il saute dans le premier train. Par peur de s'ennuyer, il a choisi un livre dans une boîte à livres. Malgré toute sa bonne volonté, il ne va pas du tout accrocher. 

Faute d'argent pour acheter le ticket, il se fait jeter du train et là, sur le quai d'une petite gare, il va rencontrer l'auteur du plus mauvais livre du monde ! Cet auteur très vaniteux accueille Paul chez lui. Il a une fille fort jolie, ce qui ne gâche rien...

La collection Court toujours de Nathan propose des romans très courts qu'on peut faire lire à des lecteurs peu habitués. Attention : les sujets ne sont pas anodins, précise  Déborah Danblon. Ici le roman est assez explicite sur le ressenti d'un garçon de 18 ans. 

Le roman est donc très court, il existe en format papier, en format numérique, en format audio.

"C'est plaisant, amusant, on passe un très bon moment."

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