Tendances Première

Oublions le poids idéal, parlons plutôt de poids de forme!

Perdre du poids reste l’une des résolutions les plus répandues en cette période. C’est aussi l’une des plus frustrantes, tant il est difficile de s’y tenir. Alors, plutôt que de parler de 'poids idéal', parlons plutôt de 'poids de forme'. Adapté du milieu sportif, c’est le poids optimal, celui qui vous sied parfaitement, avec lequel vous vous sentez en paix avec vous-même. Explications avec Myriam Kamouh, coach en nutrition certifiée en nutrithérapie.

Le poids de forme ne sera pas le même pour une personne qui fait beaucoup de sport et qui est très musclée, que pour une personne plus sédentaire. Le poids de forme, c’est l’idée de trouver le poids qui nous va bien, dans lequel on se sent bien, et qui est lié à un mode de vie sain sur le long terme, incluant l’alimentation, la gestion du stress, le sommeil, l’activité physique.
 

Exit l’IMC et autres calculs abstraits, exit les régimes !

On nous a fait croire pendant des décennies qu’il faut souffrir pour être beau et qu’il faut s’imposer des régimes, prendre diverses pilules magiques, adhérer au low calories… On sait aujourd’hui que les restrictions caloriques, les régimes, la frustration sont synonymes d’échec sur le moyen ou le long terme.

L’idéal est de modifier la qualité de son alimentation, d’une manière douce et consciente, de manger mieux et non de manger moins. Manger sainement, c’est un mode de vie, ce n’est pas un régime avec un début et une fin.

Retrouver l’énergie via l’alimentation. "Si on mange pour sa santé, on mange pour son poids", affirme Myriam Kamouh.


Oublions la traque du gras, l’ennemi à abattre, c’est le sucre !

Ce qui nous fait prendre du poids, c’est :

  • les aliments ultratransformés, les plats préparés, les barres de céréales industrielles,… Ce sont des aliments palatables, moelleux. Ils sont très riches en sucres, en graisses transformées, ils sont faciles à aimer et nous poussent à manger davantage. Ils n’apportent pas de vraie satiété. L’idée est de retourner en cuisine et utiliser des aliments bruts à transformer nous-mêmes.
     
  • le petit-déjeuner est souvent assimilé à une orgie de sucre. Or il est bien prouvé que c’est bien le sucre et les aliments à index glycémique élevé qui nous font prendre du poids. Plus on mange sucré, plus notre taux d’insuline s’élève rapidement et transforme l’excédent de sucre en graisse corporelle.

Ce qui fait prendre du poids, ce ne sont pas les graisses, en tout cas pas les bonnes graisses,
ce sont les aliments sucrés à index glycém
ique élevé.

On peut et même on doit manger du gras. Les acides gras oméga3 sont des graisses anti-inflammatoires qui peuvent freiner le développement des adipocytes des cellules graisseuses. Elles aident à brûler les graisses corporelles.
Manger de bonnes huiles - colza, lin -, des poissons gras - sardines, maquereaux -, ou des noix riches en oméga3, va aider le corps à se débarrasser des graisses corporelles.


Le jeûne pour doper l’énergie

Beaucoup le pratiquent de façon intermittente, c’est ce qu’on appelle le fasting : on se nourrit dans une fenêtre de 8 heures et on jeûne pendant les 16 autres heures.
Ce type de jeûne permet de récupérer une bonne énergie. Le corps qui est au repos pendant 16 heures utilisera l’énergie non utilisée par la digestion pour la détoxification et pour le renouvellement cellulaire. Le corps fonctionnera mieux, éliminera mieux, stockera moins.

Le jeûne prolongé, qui peut durer de 24 heures à une semaine, n’est pas sans conséquence. Une personne qui n’est pas parfaitement saine peut avoir des maux de tête ou souffrir de crises d’élimination, toutes les toxines étant larguées en même temps. Il vaut mieux, dans les semaines qui précèdent, modifier déjà son alimentation pour commencer la détoxification, recommande Myriam Kamouh.


Le stress de la balance

Le fait de se peser génère du stress, et donc du cortisol. Cette hormone générée à forte dose va avoir un effet contre-productif, car elle va nous faire stocker des graisses au niveau abdominal. Il ne faut donc pas se focaliser sur la balance car plein de choses peuvent nous faire prendre un peu de poids : le cycle menstruel, la rétention d’eau, le sport, qui gonfle les muscles d’eau,…

Ce qui est important, c’est de perdre des graisses corporelles et pas nécessairement du poids !


Le rôle de l’index glycémique

A calories égales, tous les aliments n’ont pas le même impact sur les graisses corporelles, et cela en fonction de leur index glycémique. Il s’agit de la capacité d’un aliment à élever plus ou moins rapidement le taux de sucre dans le sang. Plus notre taux de sucre sanguin s’élève rapidement, plus il va avoir tendance à faire monter l’insuline qui va stocker ce sucre excédentaire sous forme de graisse corporelle.

Parmi les aliments à index glycémique élevé, on trouve les barres chocolatées, les céréales ultra-transformées, les galettes de riz, la purée de pommes de terre, les pâtes blanches… Ces aliments stimulent l’appétit et nous incitent à manger plus. Si nous consommons plutôt des aliments gras riches en bonnes graisses, la montée d’insuline va être lente et progressive, le sentiment de satiété et l’énergie seront durables.

D’où l’intérêt d’avoir un petit-déjeuner plutôt protéiné, avec des bonnes graisses – avocat-oeuf-huile, qui va donner de l’énergie durable et une satiété à long terme. Il sera peut-être calorique, mais toutes les calories ne se valent pas !


Comment éviter les fringales sucrées ?

En fin de journée, nous nous rabattons souvent vers les sucreries. Myriam Kamouh nous propose d’essayer de synthétiser dans notre organisme davantage de cette hormone du bonheur qui est la sérotonine. C’est le neurotransmetteur clé pour éviter les fringales sucrées.

Pour cela, il ne faut pas négliger le goûter, car c’est le moment où notre corps va le mieux métaboliser les bons sucres. Ce sont ceux qui vont nous satisfaire au niveau du goût sucré mais qui ne vont pas élever votre glycémie. Il peut s’agir d’une banane avec quelques noix, un morceau de chocolat noir à 70%,... Ils vont aider le corps à synthétiser la sérotonine. On se sentira apaisé, relax et on contrera ainsi les fringales sucrées en deuxième partie de journée.

Pour le souper, il faut privilégier les glucides à faible index glycémique, comme le riz complet, le quinoa, la patate douce, les lentilles, les pois chiches. Cela nous évitera de craquer sur les mauvais sucres.

La diète idéale, c’est 80% du temps, manger des aliments frais, nourrissants, qui apportent de la satiété, fruits, légumes, légumineuses…, et 20% du temps s’octroyer des petits plaisirs qui ne vont pas impacter le résultat.

Retrouvez Myriam Kamouh dans Tendances Première ici, et sur Green Coach Nutrition qui propose des recettes avec des alternatives saines.

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