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"Mon bébé pleure, je n'en peux plus" : comment reconnaître et accompagner ses pleurs

Lorsque les pleurs d’un nouveau-né s’ajoutent au stress de son arrivée, cela peut être très paniquant pour les parents. C’est d’autant plus compliqué à gérer sachant que tous les bébés sont différents. Mais Titou Bosseret se veut rassurante : il est possible de déceler les types de pleurs et leur signification. Il faut juste savoir les reconnaître... et les accompagner.

• Les pleurs de la deuxième nuit et le besoin d'être rassuré

La première nuit suivant sa naissance, le bébé est bien souvent fatigué, il récupère. "Mais la deuxième nuit peut, elle, s’avérer très rock’n’roll", avertit la sage-femme Titou Bosseret. Pour le bébé, cela fait 48 heures qu’il est stimulé, ses points de repère ont changé. Il passe d’un environnement très ouaté – une bulle chaude et élastique remplie d’eau, où il est nourri en continu, où les bruits sont à peine perceptibles – à un tout autre monde : ils ont des mains, beaucoup d’espace, bref des repères qui ne sont plus là. Durant cette deuxième nuit, ils vont souvent manifester le besoin d’être rassuré. Le bébé ne pleure pas forcément parce qu’il a faim, il pleure pour être rassuré, pour être en contact. "Lorsque j’étais sage-femme en hôpital et que des parents étaient désespérés de voir leur bébé pleurer sans pouvoir y faire quelque chose, on prenait parfois les bébés en portage : la proximité avec l’humain les rassurait, de même que le mouvement permanent car il retrouvait ses points de repère, ce qu'il avait connu dans le ventre de sa mère", explique Titou Bosseret.

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La deuxième nuit, c’est aussi un moment de cascade hormonale : le colostrum de la maman se change progressivement en lait, la mère dégage beaucoup d’hormones qui sont très stimulantes pour le bébé. Ce n’est donc pas la meilleure personne, cette nuit-là, pour rassurer le nouveau-né. Les premiers réflexes doivent être conservés : le prendre à bras, le nourrir,… Mais si le bébé ne se calme pas, il faut faire appel au compagnon. L’écharpe de portage (ou un simple drap) peut sauver la vie. Dans tous les cas, rassurez-vous : les pleurs de deuxième nuit sont normaux !

• Les pleurs d’endormissement liés au sommeil paradoxal

Pendant la journée, il n’est pas rare de voir des mamans désespérées qui ne savent plus quoi faire pour calmer leur bébé. Elles l’ont nourri, il avait l’air bien mais à présent, il s’énerve, il cherche le sein, il tend ses jambes, il pousse des petits cris. Bref, la mère ne comprend pas. "Dans ces situations-là, je prenais le bébé pendant que j’expliquais à la maman ce qui était en train de se produire, et le bébé s’endormait dans mes bras". Il faut savoir que le bébé s’endort en sommeil paradoxal pendant les 3 premiers mois, c’est-à-dire qu'il plonge directement dans une phase de sommeil très agitée. Il dort mais de façon agitée. Il faut le mettre dans une position emmaillotée pour qu’il soit bien. Mais il ne faut pas douter de soi et de sa capacité à nourrir et prendre soin de son enfant. Le bébé a besoin d’être bercé et emmailloté les premières semaines de vie. Dès lors, s’il s’énerve dans son sommeil, il ne faut pas foncer dessus directement, il est peut-être encore dans un sommeil paradoxal très agité. Si on le berce, il pourra peut-être replonger dans un sommeil plus tranquille. Jusqu’à deux mois, il ne faut pas le laisser pleurer tout seul.

• La décharge émotionnelle qui suit un moment de grandes découvertes

Un bébé peut avoir trop d’émotions en une fois, après avoir découvert beaucoup de choses. Exemple typique : un dîner de famille parfait où il dort très bien. Le lendemain du dîner, le bébé "pète un plomb", du matin au soir. À nouveau, il faut l’emmailloter, mais lui permettre de pleurer, lui faire comprendre qu’il peut se lâcher. Si tous les paramètres sont OK (températures, lange…), il n’y a aucun stress à le laisser pleurer tant qu’il est accompagné. C’est un beau cadeau que de le laisser pleurer.

• Les poussées de croissance et la demande permanente d'être nourri

Le quatrième type de pleurs se manifeste lors des poussées de croissance : la première arrive de façon légère vers 2 semaines avec les pleurs du soir. Parfois une petite poussé se manifeste à 3 semaines. Mais la plus grosse arrive à 6-8 semaines. Durant cette période de croissance, le bébé va demander le sein tout le temps, toute la journée. Ça peut aller de 24 à 72 heures de demande permanente, mais plus souvent 24 heures. La mère a les seins plus souples à cette période. Dans le passé, le corps médical avait souvent tendance à dire à la mère qu’elle n’avait plus assez de lait et qu’il fallait passer au biberon. Ce qui est évidemment faux : si on n’avait plus de lait deux mois après notre accouchement, la race humaine serait déjà éteinte depuis longtemps. En fait, c’est tout à fait normal que le bébé demande : les pleurs de bébé vont demander au cerveau de la mère de fabriquer plus d’hormones de lait. Le corps va réagir. Il faut écouter le bébé, le mettre au sein très souvent, boire des tisanes de fenouil. Le lendemain, tout devrait rentrer dans l’ordre.

Un rappel de Titou Bosseret : "Dans tous les cas, ne doutez jamais de votre capacité à nourrir votre bébé. Le bébé peut pleurer, mais il faut l’accompagner."

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