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Les Rencontres Images Mentales 2020

Les “Rencontres Images Mentales 2020” se dérouleront du 6 au 14 février 2020, durant 8 journées et soirées à l’Espace Delvaux – La Vénerie. Cet événement est organisé par Psymages, en collaboration avec l’Autre " lieu", la Ligue Bruxelloise pour la Santé Mentale (LBFSM) et PointCulture. Les Rencontres proposent des projections de fictions, de documentaires, de courts-métrages et de films d’ateliers. Des projections, mais aussi des spectacles, des débats, des rencontres, pour explorer les images de la folie, de la personne en état d’étrangeté ou de souffrance psychique émaillent ce rendez-vous annuel.

Ce festival favorise la rencontre et la réflexion autour d’images de la santé mentale.

Pour parler de ce festival : Christian Marechal, travaille à l’ASBL l’autre " lieu " et est programmateur du festival et Christel Depierreux, Chargée de projets Santé & Cinéma chez PointCulture (www.pointculture.be).

Lien entre santé mentale et société

L’ASBL l’autre "lieu " s’intéresse aux liens entre santé mentale et société. Sa particularité : accueillir des personnes en état d’étrangeté dans leur entièreté et non pas pour leur trouble mental qui n’est qu’une toute partie de leur personnalité. La personne ne doit pas être réduite à son trouble.

L’autre " lieu " est ouvert à tous. Certains cherchent une information, une aide administrative, juridique. D’autres viennent par curiosité : des travailleurs sociaux ou de simples passants. Pour participer aux ateliers, ce n’est pas l’identité qui compte, c’est l’envie de la création.

 

Démystifier la folie, redorer le blason du fou…

La société a tendance à identifier une personne souffrant d’une maladie mentale à sa pathologie et pire, la personne elle-même s’identifie de cette manière. Il faut déconstruire cette identité de malade.

Et c’est tout l’intérêt des Rencontres Images mentales : c’est une rencontre avec l’histoire de ces personnes mais aussi avec le public qui vient découvrir des histoires particulières, difficiles. C’est par la rencontre et par une meilleure compréhension qu’on peut mieux aborder la santé mentale. La culture s’est emparée de la santé mentale avec beaucoup de succès, de justesse.

A travers des documentaires et la fiction, on peut changer le regard et faire bouger les choses. C’est l’objectif de ce festival.

Quelques films au programme

"La forêt de mon père" de Vero Cratzborn avec Ludivine Sagnier.

C’est l’histoire d’une famille. Gina, 15 ans, grandit dans une famille aimante en lisière de forêt. Elle admire son père Jimmy, imprévisible et fantasque dont elle est prête à pardonner tous les excès. Jusqu’au jour où la situation devient intenable.

Véro Cratzborn s’est inspiré de sa propre vie. Le film montre la difficulté pour une adolescente de se situer devant un parent qui a une difficulté psychologique mais qu’elle continue à aimer. L’accent est mis surtout sur l’amour que cette famille se porte.

 

"Pour Ernestine", de Rodolphe Viémont.

Ce cinéaste, bipolaire, livre avec une totale sincérité, le bouleversement que la naissance de sa fille a opéré en lui. On le suit dans sa tentative quotidienne de conjuguer paternité et création artistique, alors que celle-ci ne trouvait ses racines que dans la douleur et la maladie.

Il livre la construction de sa paternité au travers de sa santé mentale mais son questionnement pourrait être celui de tout père.

 

"Adoration" de Fabrice Du Welz

C’est l’histoire de Paul, un jeune garçon solitaire de 14 ans qui tombe amoureux fou de Gloria, une jeune adolescente internée dans une clinique psychiatrique. Il va s’enfuir avec elle. Mais il se rend compte de la différence de Gloria.

Cette histoire d’amour est aussi l’histoire de la confrontation avec la maladie psychiatrique.

 

… et des documentaires

Déni de grossesse, à mon corps défendant " de Marion Vaqué-Marti

En 2019, le déni de grossesse est toujours tabou, relégué au silence qui entoure souvent l’intimité du corps féminin. Au travers des voix de femmes qui toutes ont souffert d’un déni de grossesse, le film retrace une histoire de la maternité difficilement exprimée. C’est à leurs corps défendant qu’elles sont devenues mères, parfois pour leur plus grande joie, parfois dans la tragédie.

 

" Mort sous traitement " de Anniken Hoel

Alors qu’elle était traitée pour une maladie mentale, la sœur de la documentariste norvégienne Anniken Hoel est brusquement décédée. Soupçonnant les antipsychotiques prescrits d’être en cause, la réalisatrice se lance alors dans une enquête au cœur de l’industrie pharmaceutique.

 

" J’aurais dû me taire " de Christophe Bargues

Jean-François, le frère du réalisateur est mort. Pendant cinq ans, il s’est senti persécuté par une organisation qui lui " diffusait des sons, le suivait dans la rue, voulait l’éliminer ". De ces années de maladie, il a laissé un témoignage hors du commun : des tableaux, des dessins et des cassettes audio, témoignages sonores de sa vie quotidienne et de son internement en hôpital psychiatrique, ainsi qu’un journal de bord de ses persécutions.

 

" La faim des fous " de Franck Seuret

Quarante-cinq mille hommes et femmes sont littéralement morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques, en France, entre 1940 et 1945. Des "citoyens de seconde zone", victimes du rationnement alimentaire et de l’indifférence. Hélène Guerrier était l’une d’entre eux. Sa petite-fille, Isabelle Gautier, a décidé d’exhumer ce secret de famille. Sa quête personnelle devient enquête historique. Elle plonge dans ce drame méconnu de la seconde guerre mondiale et va à la rencontre de ces internés tombés dans les oubliettes de l’histoire, familiale et nationale.

Ce documentaire est une réhabilitation de toutes ces personnes qui, parce qu’elles étaient à la marge de la société ont été enfermées et affamées.

 

On le voit, au travers de ces documentaires, ce festival n’élude pas les difficultés de la santé mentale face à une société qui lui est étrangère. Il incite à la réflexion, au questionnement et au débat.

 

Une production qui se professionnalise

En 12 ans, Christian Marechal et Christel Depierreux, qui font partie du comité de sélection de la programmation ont pu constater l’augmentation de ce type de productions et sa professionnalisation.

Le comité de sélection rassemble des gens de différents secteurs psymages, la Ligue Bruxelloise pour la Santé et d’autres personnes du monde de la culture, du social, de la santé mais également des personnes victimes de troubles mentaux.

La Vénerie, un lieu de rencontre

C’est un espace citoyen, propice aux rencontres entre professionnels de la santé mentale, professionnels de l’image, des institutions et le public.

Le lieu est important parce que c’est un espace dédié à la culture qui permet d’accueillir des films d’institutions dans un cadre confortable et accueillant, loin de l’espace psychiatrique.

La Vénerie adapte ses propres activités au festival comme la pièce en ouverture " Cinglée ", le film " Adoration " dans le cadre des cinés apéros, le concert " Echos ". La bibliothèque proposera également des livres jeunesse traitant de la santé mentale

Infos pratiques

Les rencontres Images mentales (12e édition) auront lieu de 6 au 14 février à la Vénerie, Espace Delvaux, rue Gratès 3 à 1170 Bruxelles.

Concerts, théâtre, films, documentaires, ateliers, spectacles, courts-métrages, rencontres.

https://www.psymages.be/

 

Programmation

https://3f63f1b6-451a-4cce-bba8-a95c7d8a3a17.filesusr.com/ugd/ed7b25_a6b290285d3b465ca39b9cded08506b1.pdf

 

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