Tendances Première

Les mouvements zéro : notre monde doit changer, mais comment ?

Aujourd’hui, tous s’accordent sur la nécessité de changer de paradigme, de modifier notre regard afin de créer un monde plus soutenable. Mais que faire lorsque les petits gestes ne suffisent plus ? Les mouvements zéro touchent tous les domaines de la vie privée et publique afin de transformer le monde en profondeur. Justine Davasse nous propose une nouvelle grille de lecture du monde dans lequel nous vivons.

 

Pour Justine Davasse, le déclic a eu lieu durant une année d’étude en Finlande.

" J’étais choquée. Il y avait deux mondes. D'un côté, le monde " finlandais " avec les saunas la volonté de prendre soin de son corps, la méditation et de l’autre je vivais dans une résidence étudiante où c’était gaspillage de nourriture, d’objets… "

" J’ai commencé à ramasser les choses : les vêtements, les cosmétiques ou encore la nourriture qui ne servaient plus. Tout ce que je collectais, je l’orientais vers des associations d’aide aux personnes précaires. 

Pour faire changer les choses, le pouvoir doit changer

En 2015, Justine Davasse fonde les mouvements zéro. Parce qu’être plus "vert", plus responsable, ce n’est pas uniquement pratiquer le recyclage. On peut agir sur une quantité de facteurs :

  • La permaculture,
  • L’écoconstruction
  • Le zéro déchet
  • La santé
  • Le plastique
  • L’alimentation
  • L’économie
  • L’énergie
  • L’électronique
  • Les voyages
  • La politique

On doit aller vers la décroissance. On ne peut pas continuer à vivre comme on le fait actuellement. On vit sur une planète finie. On ne peut pas continuer à avoir une croissance infinie

Ce qui a amené Justine à concevoir ce mouvement, c’est un documentaire qui démontrait que les initiatives personnelles avaient très peu d’impact. En fait, la possibilité de faire changer les choses se trouve surtout dans les mains des collectivités et des pouvoirs en place.

A voir

Une idée reçue : la Suède n’est pas la championne du recyclage

Le livre de Justine Davasse démonte certaines croyances. Un exemple. Depuis 2012, à force de recycler la Suède a du importer des déchets. En fait, depuis quelque temps, le pays alimente son réseau de chauffage urbain en brûlant les déchets. Mais elle n’en produit pas assez pour subvenir à ses besoins.

Elle en achète aux pays voisins, parce que sa production n’est pas suffisante pour alimenter ses incinérateurs.

Un autre fait étonnant : une centrale électrique produit de l’énergie à partir de l’incinération de vêtements issus de la fast fashion.


►►► A lire aussi : Les vêtements, nouvelle source d’énergie ?


 

Pour Justine Davasse : C’est un peu dire " consommez c’est pour produire de l’électricité "

Donc, en termes de recyclage, la Suède ne serait pas le meilleur élève. Ce seraient plutôt, l’Allemagne et la Slovénie. La Slovénie a fait des choix drastiques. Elle a limité le tourisme de masse pour préserver ses zones naturelles. C’est la première fois qu’un pays prend ce genre de décision en Europe.

Il y a un travail à faire sur l’économie

Pour l’auteur, il faut être réaliste. On ne peut pas s’affranchir d’un modèle économique mais on n’est pas obligé de le subir.

Il existe des plateformes qui financent des projets éthiques et novateurs. Mais le principal levier de changement, n’est pas là. Elle reprend les propos de François Gemene. Pour lui, ceux sur qui nous pouvons intervenir, ce sont d’abord les banques.

On peut très bien manger bio et recycler. Si on place son argent en banque dans des fonds qui soutiennent les énergies fossiles, Ça ne sert pas à grand-chose. Bref, retirez votre argent des banques
 

A titre, les placements bancaires dans les énergies fossiles représentent la somme de 5200 milliards. C’est plus de 6% du PIB mondial.

Pour terminer : deux coups de gueule…

Le livre de Justine Davasse examine toute une série d’aspects de notre vie quotidienne mais deux exemples la mettent particulièrement.

La saviez-vous ? Le plastique noir de nos barquettes de viande et autres n’est pratiquement pas recyclé. En effet, le tri optique opéré dans les centres de tri ne reconnaît pas le noir comme une couleur. La plupart de ces plastiques finiront à l’incinération. Qu’attend-on ?

Autre sujet : l’eau. Elle est pratiquement privatisée et monopolisée par de grandes firmes de boissons. Ils vendent de l’eau mais surtout beaucoup de plastique. Ils ont un tel monopole qu’ils commercialisent leur propre eau à des habitants de régions où il y a des stress hydriques.

Peu de pays s’opposent à cet état de fait. La Slovénie a réagi. Elle a inscrit dans sa constitution le droit à l’eau potable.

Il y a tout un système à repenser.

Ecoutez les podcasts de Justine Davasse

Le podcast des Mouvements Zéro existe depuis novembre 2015. L’initiative a pour objectif de rencontrer celles et ceux qui œuvrent pour la construction d’un monde meilleur et de leur donner la parole.

Chaque épisode est consacré aux alternatives et initiatives saupoudrées d’un esprit de Transition !

A écouter

Le livre

Le guide des mouvements zéro

Justine Davasse

Tana Editions

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK