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Le temps : une invention de l'homme

Jean Van Hemelrijck, psychologue et psychothérapeute, prend le temps de humer l’atmosphère ambiante. De s’attarder sur le temps qui passe et le "c’était mieux avant".

La situation sanitaire actuelle et la communication qui en est faite nous placent dans une situation de peur et d’angoisse, mettent en danger notre santé psychique.

 

L’ultracrepidarianisme

C’est le comportement qui consiste à donner son avis sur des sujets sur lesquels on n’a pas de compétence crédible ou démontrée.

Les personnalités politiques font de l’ultracrepidarianisme parce qu’ils jouent au psy, ils nous placent dans une temporalité en sursis, en stupeur. Tout est figé, on attend. Au lieu de faire de la psychologie, ils font de la morale, ils nous rappellent sans cesse qu’on va mourir. A force d’entendre des discours de peurs et d’inquiétudes, on essaie de donner au temps de la saveur.

Quand l’homme est confronté à une période de stupeur, il ne peut pas y rester parce que c’est le temps de la mort, de l’arrêt, de l’angoisse figée, c’est terrifiant. Il se réfugie dans le "c’était mieux avant".

Le temps constitue une sorte d’enveloppe, une ambiance qui nous rassure. Il se compose du passé, du présent et du futur. Le passé est irrémédiablement passé, le futur n’est pas encore arrivé. Reste le présent. L’impression du temps qui passe, c’est la texture que nous donnons au temps. Le ressenti n’est pas le même en fonction du fait qu’on vit des choses agréables ou pas.

 

Une nuit d’amour peut paraître bien courte comparée à l’instant où on a le doigt coincé dans une portière de voiture qui peut paraître une éternité.

 

Le temps est une invention de l’homme.

De tout temps, l’homme a observé son environnement et a raconté le temps qui passe en le structurant.
C’est en observant les étoiles qu’il a créé les jours de la semaine : lundi-lune, mardi-mars, mercredi-mercure, jeudi-jupiter…

Il en est de même pour les 12 mois du calendrier.

 

Les réactions face à la peur

Quand on a peur, on a tendance à faire exactement le contraire de ce que les politiciens nous disent de faire. Leur discours devrait être plus rassurant, en nous parlant des recherches, du vaccin, en nous donnant de l’espoir.

On se souvient de l’annonce du confinement par Emmanuel Macron : " Nous sommes en guerre " qui a traumatisé la population.

Notre première ministre, Sophie Wilmes a préféré la formule " Prenez soin de vous ".
 

 

L’espoir favorise la contamination ?

On nous impose des diktats induits par la peur. On nous dit qu’on est dangereux pour les autres et les autres pour nous. Il faut qu’on ait peur pour être prudent. On nous empêche de rêver la relation en nous ramenant constamment à la brutalité des choses comme si nous donner de l’espoir nous amènerait à une forme d’insouciance.

Or en situation de peur, on a envie de se réfugier dans les bras de ceux qu’on aime, de ceux qui ne parlent pas de maladie.

On sait tous que la situation est catastrophique mais on nous la livre par le biais de l’angoisse. On ne peut pas se laisser anéantir par le désespoir.

Faire la morale n’est pas une attitude protectrice, ça convoque la désobéissance et la peur.

Préférons rêver plutôt que de nous dire tous les matins qu’on va tous mourir.

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