Tendances Première

Le plastique, une ressource au-delà du déchet ?

Le plastique, une ressource au-delà du déchet ?
Le plastique, une ressource au-delà du déchet ? - © Tous droits réservés

Dans Tendances Première, Véronique Tiberghien évoque cette question avec deux invités : Emmanuel Mosay, expert en économie circulaire et Benoit Renauld, directeur Benelux de Frosch.

On a tous en tête les images de plastiques qui envahissent nos océans et qui tuent à tour de bras, les animaux marins. Alors à l’heure actuelle, est-ce possible de s’en détacher, de rêver d’une économie vertueuse sans déchets et d’imaginer que le plastique devienne une ressource ?

Emmanuel Mosay, expert en économie circulaire : " On n’a pas vraiment le choix. À court et moyen terme, ces ressources sont ici, dans nos villes et sur notre territoire et donc, soit comme certains pays le font, ils envoient les plastiques vers la Malaisie au lieu que ce soit envoyé vers la Chine ou le Vietnam ou bien, c’est stocké à certains endroits. Donc, tant qu’on aura besoin du plastique pour différents usages, on va devoir gérer ces ressources. "

Chez Frosch, entreprise familiale allemande qui se voue aux produits ménagers, la solution est de "dédiaboliser" le plastique et de vivre avec.

" On ne pourrait pas s’affranchir du plastique du jour au lendemain. Aujourd’hui pour les produits d’entretien, on a besoin de bouteilles en plastique car la majorité des produits sont des liquides et les bouteilles en verre, ce n’est pas possible pour l’utilisation. L’utilisation de la lessive en poudre repart mais cela ne représente que 10% du marché " détaille Benoit Renauld, directeur Benelux de Frosch.

 

Ici, le plastique n’est donc pas boudé. Cela fait un an que dans cette entreprise, les flacons sont fabriqués à 100% à partir de plastique recyclé.

" Si toutes les industries allaient en ce sens, on ne retrouverait plus d’emballages dans les décharges et dans les océans ", poursuit-il, précisant ceci : " le plastique est recyclable à l’infini, en tout cas plus de 10 fois."

Ce qui représente à ses yeux, une solution viable et écologique.

 

Le recyclable et le recyclé

Sauf que tous les plastiques ne se valent pas. Dans les supermarchés, on retrouve de tout. Certains, de qualité médiocre, ne sont d’ailleurs pas recyclables. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas tous été réalisés avec des matières qui peuvent être traitées par une usine de recyclage. Après quoi, la matière sera dite " secondaire " et pourra ainsi servir à d’autres fins, sous d’autres formes. Un flacon de plastique deviendra peut-être ainsi des fibres textiles.

Changer les mentalités

En termes de recyclage, la Belgique n’a pas à rougir. Elle reste championne d’Europe dans le recyclage des déchets d’emballages ménagers avec près de 700.000 tonnes recyclées en 2017. Reste une grosse faiblesse dans ce beau tableau : les plastiques d’emballage. Leur taux de recyclage est de l’ordre de 40% seulement. Dans le processus de transition, pour tendre vers une économie circulaire, tout est question d’éducation et de prise de conscience : apprendre à bien trier et à bien choisir les produits, notamment. Mais au-delà de l’éducation, Benoit Renauld, directeur Benelux de Frosch prône aussi pour une normalisation à mettre en place pour tous les industriels, même ceux qui ne font pas de l’écologie, leur combat.

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