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Le droit des femmes : une très longue histoire

Depuis 1977, tous les 8 mars, on célèbre la journée des droits des femmes. Retour sur ce combat avec Yasmine Lamisse, chroniqueuse juridique.

Les premières revendications autour des droits des femmes étaient centrées sur le droit de vote et sur l’égalité de traitement.

Ce sont des acquis qui nous semblent naturels aujourd’hui mais ils ne sont pas si anciens. Un petit rappel : les hommes ont obtenu le suffrage universel en 1919. Les femmes devront attendre 1948.

Il a fallu attendre longtemps parce que la lutte n’est pas que politique. Elle est aussi sociale. Très longtemps, la femme était enfermée dans ce que l’on pourrait appeler " l’ordre naturel ". Elles étaient vues comme des mères, des éducatrices.

La femme mariée, une mineure sous l’autorité de son époux

L’anecdote peut sembler saugrenue et pourtant elle est vraie. Les femmes avaient plus de droits dans l’ancien régime que dans le Code Napoléon. Celui-ci a restreint un peu plus le statut de la femme. C’est à ce moment qu’arrive le concept de puissance maritale. La femme était alors considérée comme un enfant, un incapable juridique. Pour pouvoir professer ou ouvrir un compte en banque, elles devaient avoir l’autorisation de leur mari.

Quand la pilule se passait sous le manteau

Il y avait une loi de 1923 qui interdisait toute information sur la contraception ainsi que toute publicité. C’est en 1973 que l’interdiction a disparu. La contraception n’était pas interdite.

On voulait garder la possibilité de vendre des préservatifs pour éviter les maladies vénériennes mais il n’était pas question d’informer le public féminin.

L’IVG, lui, n’a été dépénalisée qu’en 1990. Même si des avortements ont toujours eu lieu. Il aura fallu attendre très longtemps avant de disposer d’un cadre légal et d’une possibilité d’accompagnement.

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