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Le consentement : quand c'est non, c'est NON !

Non, c'est non !
Non, c'est non ! - © ricochet64 - Getty Images/iStockphoto

La notion de consentement a été remise en question depuis l’affaire Weinstein et le mouvement MeToo. Retour sur ces notions avec Carole Martinez, sexologue

MeToo, un mouvement né en 2007

 

En fait, ce mouvement MeToo date de 2007 et a été lancé aux USA par Tarana Burke, une travailleuse sociale de Harlem qui a voulu faire entendre la parole des victimes d’agressions sexuelles et plus particulièrement celle des minorités.

Les hommes doivent-ils craindre les femmes ?

On entend souvent dire que les femmes se plaignent beaucoup voire trop des hommes et qu’ils finissent par ne plus oser les aborder.

La parole des femmes s’est libérée avec le mouvement MeToo mais il serait intéressant d’entendre également la parole des hommes qui, eux aussi peuvent subir des agressions, des viols, des attouchements non désirés. C’est aussi très difficile pour un garçon de vivre ça. Ils ont aussi le droit de refuser une relation sans être jugés.

La notion d’agression ou de sa prise de conscience renvoie au rapport aux autres, au rapport à la sexualité. Une personne qui agresse devrait le savoir.

 

Quand Obama s’en mêle

"It’s on Us "est le nom de la campagne de sensibilisation lancée par Barack Obama pour aider à mettre fin aux agressions sexuelles sur les campus universitaires. Obama utilisait l’image d’un gâteau. Il est magnifique. Je l’admire, je flatte celle/celui qui l’a confectionné puis je mets ma main dans le gâteau. Si le gâteau a été fait, c’est pour qu’il soit joli, pour qu’il soit mangé, c’est donc la faute de l’autre si j’y ai mis ma main.

Cette métaphore met en avant l’interprétation erronée du consentement.

Non, c’est non !

Même si une personne est en état d’ébriété, même si elle a d’abord dit oui puis changé d’avis, même s’il s’agit de son/sa partenaire habituel/le, rien ne justifie de poser un acte sexuel sans le consentement de l’autre. C’est une agression.

Des chiffres effarants

Le rapport 2020 d’Amnesty international Belgique et de SOS viol met à jour une réalité effrayante. Sur 2300 sondés (les plus représentés étaient les 15, 25 ans), il ressort qu’un jeune sur 4 a déjà été victime d’un viol et que 48% des violences sexuelles ont été subies avant l’âge de 19 ans.

20% des femmes interrogées déclarent avoir été victimes d’un viol, contre 14% en 2014. Y a-t-il plus d’agresseurs ? Pas forcément mais la parole se libère.

Parler d’une agression sexuelle reste difficile à cause de la culpabilité qu’elle engendre et de la difficulté d’accepter la prise de contrôle de son corps par quelqu’un d’autre. Le viol est déshumanisant.

1/5 des garçons croient qu’ils ne peuvent être accusés de viol si ça se passe au sein du couple. Est-ce que le fait de demander "as-tu toujours envie ? Tu es toujours d’accord ?" casse la spontanéité, la magie du moment ? Non, une simple question permet d’éviter des dérapages.

La notion de consentement n’est pas encore bien claire. Le Collectif féministe français Nous Toutes " a lancé un questionnaire auquel 96.500 femmes ont répondu. Il en ressort que 9 femmes sur 10 disent avoir déjà ressenti de la pression de la part de leur partenaire sexuel. 1 sur 3 dit qu’elles ont été contraintes à un rapport sexuel non protégé.

1 sur 4 n’a pas été entendue lorsqu’elle a demandé que le rapport sexuel s’arrête. Il s’agit dès lors d’une agression sexuelle.

 

La culture du viol

Elle qualifie un ensemble de comportements ou d’attitudes qui minimiseraient, normaliseraient voire encourageraient le viol. Elle est encore tenace dans nos pays occidentaux.

Le simple fait de dire : elle ne méritait pas de se faire violer MAIS… est un exemple de la culture du viol, de la tolérance qu’on lui accorde.

Tout adulte normalement constitué a la faculté de maîtriser ses pulsions, si ce n’est pas le cas, la personne représente un danger pour la société.

L’éducation, une arme redoutable

Éduquons nos enfants (garçons et filles) ! Apprenons-leur que leurs corps est leur propriété, qu’ils ont le droit de le donner et de le reprendre mais que l’autre aussi a les mêmes droits. Au même titre que les parents apprennent à leurs enfants la propreté, le consentement devrait être également une des bases de l’éducation.

Osons dire non. Vivons dans un monde où la crainte que quelqu’un vole (viole) notre intimité.

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