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La procrastination : pourquoi remettre à demain et comment arrêter ?


"Ça, je le ferai demain". Vous avez l’impression de répéter cette phrase beaucoup trop souvent ? La procrastination est une tendance à remettre tout au lendemain. Mais c’est aussi très souvent contre-productif. Le télétravail qui nous est imposé, a amplifié ce phénomène. Pourquoi procrastine-t-on et comment éviter de reporter à demain ? Jean-Olivier Collinet de Jobyourself fait le point.

1 Belge sur 5 procrastine

Pourquoi faire maintenant ce que l’on peut faire plus tard ? Telle est la question que se posent de nombreuses personnes. Selon le professeur Joseph Ferrari de l'’Université DePaul de Chicago, 20% de la population souffrent de procrastination chronique. Soit, un Belge sur cinq procrastine et ce taux augmente de 50% chez les jeunes.

Mais d’où vient cette tendance à délibérément reporter toutes ses tâches à plus tard ? Selon Freud, ce serait lié à la notion de plaisir : on préfère faire quelque chose qui nous fait plaisir avant de réaliser une tâche qui nous dérange.

Un trouble émotionnel

Le professeur Tim Puchyl, spécialiste en psychologie à l’Université Carleton, explique que "la procrastination n’est pas un problème de gestion du temps, c’est un problème de gestion des émotions".

La procrastination est avant tout un trouble émotionnel qui touche les personnes qui manquent de confiance en elles mais aussi les perfectionnistes.

Par peur du jugement des autres, les procrastineurs préfèrent attendre le bon moment, les bonnes conditions pour réaliser une tâche. Ils préfèrent se créer des obstacles qui justifieraient que les choses soient mal faites.

Programmé pour procrastiner ?

La procrastination s’apprend dès le plus jeune âge. Les jeunes de moins de 25 ans procrastinent le plus car l’amygdale n’est pas encore totalement développée chez eux. Ils n’arrivent pas bien à gérer leurs émotions ce laissent beaucoup de place à la procrastination.

Le problème c’est qu’on s’y habitue et pour justifier cette procrastination on se dit qu’on travaille beaucoup mieux dans l’urgence ou en période de stress… En réalité, c’est l’adrénaline qui donne un coup de boost et qui permet d’accomplir des tâches de manière plus forte et plus rapide.

Une étude a analysé 500 parents identifiés procrastineurs afin de vérifier l’existence d’un lien génétique. Bonne nouvelle, aucun facteur héréditaire n’entre en jeu. Ce n’est pas parce que des parents sont procrastineurs que l’enfant va, génétiquement, procrastiner. Par contre, si les parents donnent des habitudes dans ce sens, c’est possible de le devenir. C’est donc surtout l’environnement qui fait des individus des procrastineurs.

Le télétravail amplifie la tendance

En télétravail, on a tendance à plus procrastiner car on est beaucoup plus tenté par ce qui nous entoure : faire une pause, regarder la télévision, etc. Ces distractions amènent à beaucoup plus procrastiner car le télétravail se fait dans un environnement qui contient beaucoup d’informations.

Cette période montre qu’en télétravail, le temps consacré au travail est plus long car on s’offre des petits plaisirs durant la journée et on a des horaires flottants. On se retrouve parfois à déborder sur le temps de travail habituel.

Astuces pour éviter la procrastination

C’est un mal de notre société selon certains psychologues qui constatent que la procrastination a augmenté de 300% en 40 ans. Contrairement à aujourd’hui, on n’avait pas trop le temps de se distraire avant. Avec Internet, les réseaux sociaux, les séries et les jeux vidéo, on a plein de raisons d’être distrait ou d’avoir du plaisir immédiat.

Si privilégier le plaisir est plutôt positif, il faut éviter de constamment se retrouver dans le stress. Pas mal de personnes procrastinent et en souffrent beaucoup car elles culpabilisent de repousser au lendemain. Il existe quelques astuces pour limiter la procrastination :

  • Lister ses tâches qu’on barre progressivement et surtout essayer de s’y tenir.
  • La technique des petits pas consiste à décomposer chaque projet en plusieurs tâches. Au lieu d’avoir l’impression de devoir accomplir une énorme tâche, on a l’impression de réaliser de petits éléments.
  • Accepter que ce ne sera pas parfait et avoir le courage de s’y mettre.
  • La règle des 2 minutes : lister les tâches qui ne prennent que 2 minutes et commencer par celles-là. Cela permet d’éliminer toute une série de tâches et votre cerveau peut alors vraiment commencer à travailler sur des actions de fond qui vous font davantage plaisir et pour lesquelles vous êtes plus productif.
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