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L'appartenance et la sécurité, les secrets de la joie ?

Après avoir été réunis sur les plateaux de France 2 pour l’émission 'Leurs secrets du bonheur', le journaliste Frédéric Lopez et et le docteur en psychologie Ilios Kotsou se retrouvent lors de conférences pour parler de la joie.

Aujourd’hui, Frédéric Lopez préfère parler de joie que de bonheur et nuance son propos par son expérience personnelle sur le sujet, tirée notamment de ses séjours à travers le monde dans le cadre du tournage des émissions télé 'Rendez-vous en terre inconnue'.

Ilios Kotsou apporte la touche plus scientifique et tente de décrypter quelques mécanismes qui nous éloignent ou nous permettent de nous connecter à cette émotion si précieuse à ressentir et à cultiver. Il distingue :

  • le bonheur qui n’est pas un état permanent de plaisir durable et qui n’existe évidemment pas en tant que tel.
  • le plaisir qui est quelque chose d’évanescent, de moins profond que la joie.
  • la joie, ce sentiment profond qui nous indique que l’on est sur la bonne voie, sur 'les chemins de la vie bonne', bonne pour nous et bonne pour les autres.

Notre vie est traversée de moments de souffrance, de peine, et aussi de grands moments de joie. Notre attitude face à l’existence compte. La sagesse nous invite à un regard différent sur l’existence et nous pouvons vivre des moments de joie même quand notre vie va mal.


Les clés de la joie : l’appartenance et la sécurité

Dans son émission 'Rendez-vous en terre inconnue', Frédéric Lopez part à la rencontre de personnes qui vivent dans des conditions difficiles et qui pourtant éprouvent énormément de joie. Dans 100% des voyages, les invités ont d’ailleurs été étonnés par cette joie : "Ils vivent au jour le jour, ils sont éleveurs, chasseurs-cueilleurs ou agriculteurs et ils rient plus que nous !"

Il explique cette joie par le sentiment d’appartenance très fort à leur communauté, qui vit dans ces milieux hostiles. Ils ont aussi un sentiment de sécurité incroyable, qui s’explique par le fait qu’ils ne se sentent jamais seuls, qu’ils peuvent compter les uns sur les autres, qu’ils ont besoin les uns des autres. Ces sentiments sont possibles dans de petites communautés. Au-delà de 200 personnes, apparaît une forme d’indifférence, d’anonymat, on ne peut plus s’attacher à tout le monde.

Dans ces rencontres, on retrouve tout ce que la science raconte mais on le vit à travers le quotidien de ces personnes, et c’est beaucoup plus exemplaire, précise Ilios Kotsou. Ils sont très différents de nous, par leur origine et leur culture, et en même temps ils sont tellement pareils, avec ce besoin de lien et d’amitié, que cela nous parle de nous.

Ces gens-là de l’autre bout du monde nous parlent de notre commune humanité beaucoup plus clairement qu’un scientifique ou un philosophe.

Dans notre civilisation, l’argent est une sécurité, mais chez ces peuples autochtones, que l’ONU appelle la mémoire de l’humanité, c’est la réciprocité qui compte, explique Frédéric Lopez.

Il y a mille choses qui nous rendent joyeux dans l’existence mais la qualité de nos relations avec les autres humains compte beaucoup. Là-bas, tous les travaux sont faits ensemble et c’est déjà source de joie, comme dans une colo permanente. On travaille beaucoup mais il y a des moments où on se repose, et on ne fait qu’une chose à la fois, contrairement à nous qui faisons dix choses en même temps.

Pour Ilios Kotsou, le fait de faire des choses de ses mains est aussi un élément de confiance, qu’on a perdu dans notre monde immatériel et virtuel. Et le fait de le faire ensemble donne confiance dans la communauté. Cette interdépendance leur donne la conscience de faire partie de la grande toile du vivant.

"Il y a un sens qui leur est donné dans leur existence par les liens qu’ils ont au quotidien. Du réveil au coucher, ils sont en lien avec eux-mêmes, avec les autres et avec le monde."

La nature rend humble et donne conscience d’appartenir à ce monde qui est la terre. Ils remercient d’ailleurs la terre tout le temps pour ce qu’elle leur donne, a constaté Frédéric Lopez.

Chez nous, l’anxiété fait partie des choses qui tuent le bonheur. Notre monde de compétition et de comparaison rend anxieux. Dans ce contexte, notre mission, c’est d’essayer d’aller bien.

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