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[INSOLITE] Cinéma, écologie et nature font bon ménage

Le fil " Demain " a été une véritable claque, un véritable événement pour des milliers de personnes qui ont radicalement changé leur manière de voir le monde après avoir vu ce film.

C’est ce qu’on pourrait appeler un road movie, où Cyril Dion, Mélanie Laurent et leur équipe partent dans dix pays différents, à la rencontre de pionniers, de précurseurs qui réinventent notre économie, notre démocratie, notre agriculture et notre éducation. Mais ce n’est pas le seul film qui mérite toute notre attention, il y en a beaucoup d’autres et c’est l’héritier de toute une culture cinématographique qui remonte à la création même du cinéma !

 

Le cinéma a toujours été une sorte de miroir de nos sociétés

 

Le cinéma a toujours été une sorte de miroir de nos sociétés, il a permis depuis sa création de cristalliser les craintes, les désirs, les joies, les peines, les frustrations de chaque époque. Il se nourrit littéralement de son temps.

Par exemple, pourquoi le premier film des Frères Lumière s’appelle " Sortie d’usine " et qu’ils tournent et diffusent, un an plus tard " L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat " ?    

On est en pleine révolution industrielle ! L’homme maîtrise enfin la nature sauvage, les zones reculées qu’on peut maintenant atteindre en un temps record grâce au charbon et à la vapeur.  On célèbre le progrès et la modernité au cinéma car nous sommes dans une époque de progrès, du moins technique. On veut conquérir la nature, la lune, et si possible aussi les Indiens et les sauvages plus tard dans les Westerns.

 

L’écologie et le cinéma font bon ménage

Juste après la Seconde Guerre Mondiale et les bombes nucléaires d’Hiroshima et de Nagazaki, des bombes sales, destructrices, qui ne laissent plus rien des hommes ni de la nature, on va donc assister à une première prise de conscience entre plein de guillemets " écologique ".

Le progrès fait maintenant peur, on s’en méfie. Le cinéma va de nouveau cristalliser toute cette peur et ces incertitudes : que va-t-on devenir ?

Est-ce qu’il y aura encore des humains dans 100 ans ? Est-ce que des monstres ou des extraterrestres vont venir nous attaquer ? Est-ce que la Terre va exploser sous nos pieds ? Et là on a une ribambelle de films post-apocalypses, de martiens, d’attaque de robots, de super-héros qui nous sauvent de bêtes radioactives. C’est d’ailleurs ce moment qu’a choisi Godzilla pour débouler et devenir une icône de la pop culture.

Progressivement on va comprendre que la nature n’est pas si faible et manipulable que ça.

La légitimité de l’homme qui possède et maîtrise la nature, tout ça commence un peu à puer à mesure que la nature se montre de plus en plus impitoyable avec lui. On commence à avoir des films qui se passent en pleine jungle, avez des animaux sanguinaires, des plantes toxiques, des marécages.

Bref, le cinéma montre toujours l’Homme aventurier mais surtout le montre comme une potentielle victime de cette nature souvent représentée par un forêt vierge impénétrable et impitoyable.

 

Les films catastrophes !        


On passe progressivement, dans les années 90, vers une nature totalement vengeresse, qui veut récupérer ce qu’on lui a pris ou qui se fâche car on ne l’a pas respectée : ce sont les grands films catastrophes de tsunami, de tremblements de terre, d’éruption volcanique, etc qui nous conduisent jusque dans les années 2000 avec des films comme le Jour d’Après.

 

Un peu plus tard dans la décennie, on a toujours cette nature vengeresse, mais qui en plus de se venger nous fout un peu dans une misère apocalyptique : c’est l’anarchie. Il y a des conflits, des maladies, des zombies. On peut le voir dans des films comme Mad Max, I’m a legend avec Will Smith ou la série à l’énorme succès Walking Dead.

 

Bref ça craint à fond pour nous et il y a peu de choses que l’on puisse faire pour empêcher cette nature de nous infliger la punition qu’on mérite.

 

La société a maintenant intégré l’écologie comme une nécessité

La société a maintenant intégré l’écologie comme une nécessité, voire comme un objet politique à défendre. On se doit donc de trouver des solutions, d’éveiller les consciences, de dire aux spectateurs, " hé, regardez, c’est possible d’agir de telle manière que la terre ne nous réduise pas en bouillie ".

C’est le cas du film " Demain " qui s’inscrit dans une longue lignée de reportages ou de documentaires qu’on peut appeler constructivistes, en tout cas qui apportent des solutions concrètes ou qui, comme je l’ai dis, vont motiver les gens à agir différemment. Un des premiers à avoir lancé ce mouvement est Al Gore, avec son documentaire : Une vérité qui dérange.

Il y a à ce propos des dizaines, des centaines, des milliers de reportages et de documentaires présents en ligne, que vous pouvez retrouver par exemple sur le site https://filmsfortheearth.org/fr qui va de la préservation du corail jusqu’au ramassage du plastique en passant par la construction d’écoles, à la préservation des forêts jusqu’aux films animaliers.

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