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Immobilier: acheter ou pas ? les réponses de nos notaires

Avec le récent boom du marché immobilier belge, de nombreuses questions se posent : Pourquoi cette augmentation soudaine ? Face à la pandémie, l’immobilier serait-il devenu une valeur refuge ? Quelles sont les grandes tendances dans les différentes régions en Belgique ? Les secondes résidences auraient-elles le vent en poupe ? Quid des conditions urbanistiques ? Quid de la fiscalité en matière d’immobilier ? Comment se passe concrètement une vente, un achat ? Le rôle du compromis, etc. Réponses avec trois notaires: Maîtres Valérie Masson, Marie-Antoinette Léonard et Marc Van Beneden.

 

L’immobilier, une valeur refuge ?

En temps de crise, on pense que l’immobilier est une valeur refuge. Qui et comment aurions-nous pu prévoir une augmentation de presque 10% sur l’ensemble du pays ?

A Bruxelles : en analysant les 10 dernières années, on s’aperçoit que les prix ont augmenté de presque 50%. En 2010, une maison qui valait 295.000 € vaut aujourd’hui 440.000 €. En région flamande, la maison a augmenté, en 10 ans, de 44%. En région wallonne, la maison a augmenté de 34%.

Pourquoi les prix ont-ils augmenté ?

Beaucoup de propriétaires ayant décidé de vendre dans un premier temps se ravisent et attendent. Il y a donc plus de demandes (acheteurs) que d’offres (vendeurs), et les prix sont à la hausse. On estime que la différence entre les acheteurs et les vendeurs est de + /- 20%.

Les difficultés économiques (fermeture d’entreprises, diminution du chiffre d’affaires, des bénéfices…), font que les vendeurs souhaitent attendre car acheter un autre bien peut s’avérer compliqué.

Relativisons : les taux d’intérêt sont bas

Il faut relativiser car de nombreux clients qui analysent leurs comptes, nous parlent aussi de leur crédit. Aucun jeune ménage n’achète sans faire de crédit. Les taux d’intérêt ont chuté de manière très importante en 10 ans. Nous passons régulièrement des actes de crédit à 1%, 1,2%, 1,3%.

Cela signifie que la somme à payer mensuellement, pour une maison d’une valeur de 440.000 € est à peine plus élevée aujourd’hui qu’à l’époque pour une maison d’une valeur de 295.000 €.

 

L’acheteur ne voit pas tant le prix que le montant qu’il devra payer.

 

Il y a eu des crédits sur 25 ans mais ils sont plus rares aujourd’hui. Beaucoup de jeunes étaient intéressés car cela diminuait de manière importante la mensualité. Ils pouvaient ainsi accéder à la propriété.

Cela dit, les taux d’intérêt bas ont un effet pervers. Beaucoup de gens délaissent la location et pensent à un achat.

 

Soyez prudents

 

Les biens n’étant pas nombreux ont fait que le marché s’est emballé. Les vendeurs pressent de plus en plus souvent les acheteurs potentiels.

De plus en plus, on n’affiche plus un prix mais on demande de faire offre à partir d’un certain prix. Les acheteurs vont vouloir réagir très vite pour essayer de ne pas manquer une vente.

Parfois, c’est vendu avant même d’avoir affiché la pancarte "A vendre"

 

Essayez de respecter quelques règles :

  1. N’engagez pas des sommes inconsidérées sur un coup de tête.
  2. Faites relire les compromis que l’on vous propose de signer
  3. Soyez attentifs. Dès que vous avez fait offre, vous êtes engagés.
  4. Essayez de négocier des clauses suspensives plus longues. La pandémie a rendu les réponses des banques plus lentes.
     

La situation va-t-elle s’améliorer ?

Difficile de la dire sans boule de cristal. Mais il est certain que la situation sanitaire va laisser des traces.les vendeurs étant dans l’obligation de vendre pour une raison économique (difficulté financière de l’entreprise) vont augmenter la masse de biens à vendre et les prix seront donc moins élevés. Aux USA, notamment, on entend parler d’inflation, cela ne va-t-il pas faire augmenter les taux d’intérêt ? Et donc un coût plus élevé pour l’acheteur.

 

On risque de chercher d’autres biens : les prix pourraient diminuer

 

  • Les propriétaires actuels se rendent compte qu’avec le télétravail, le bien doit être spacieux (bureau), doit avoir un jardin ou une terrasse vu les mesures de crise COVID qui contraignent les gens à rester chez eux. S’ils souhaitent un bien en adéquation avec leurs désirs, ils doivent quitter le bien qu’ils occupent ou qu’ils louent pour acheter un autre bien.
     
  • Le télétravail risque d’entraîner une révolution au niveau des bureaux : les entreprises auront besoin de moins de m2 car une partie du personnel est en télétravail. Ce personnel qui ne sera plus dans l’obligation d’effectuer les trajets matin et soir économisera du temps (et de l’argent en frais de déplacement) et pourra s’installer plus loin de son lieu de travail. Le bien coûtera probablement moins cher.

Un changement de philosophie ?

 

A l’inverse, les citadins à la recherche de lieux de spectacles, restaurants, expositions…. se voient difficilement à la campagne ou dans une ville rurale n’ayant pas tous ces avantages. Le désir d’espace va-t-il prendre le dessus sur une vie citadine animée ? La question reste ouverte.
 

 

 

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