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Droit des femmes: l'histoire d'une longue lutte

Lundi, le 8 mars : c’était La Journée Internationale Des Droits des femmes. Cette journée met notamment en avant la lutte pour les droits des femmes et la réduction de leurs inégalités par rapport aux hommes. C’est l’occasion de revenir sur certains droits que les femmes ont obtenus au fil du temps en Belgique avec Yasmine Lamisse

Pourquoi c’est le 8 mars la Journée Internationale des droits des femmes ?

Retour sur les origines et sur une légende qui veut que cette commémoration soit le souvenir d’une manifestation d’ouvrières du textile, aux États-Unis, le 8 mars 1857. Malheureusement, aucun journal américain officiel de l’époque relate ce fait. Il semble que ce soit plus une légende qu’un fait réel.

L’Internationale Socialiste des Femmes voulait aussi célébrer le 19 mars 1910, sur proposition de Clara Zetkins, la première "Journée Internationale des Femmes" mais cela n’a pas été officialisé non plus.

Ce qui est surtout invoqué, c’est la date du 8 mars 1921, il y a tout juste 100 ans, en Russie, où Lenine va officialiser la première " Journée du Droit des Femmes", en hommage aux ouvrières de Saint-Petersbourg qui, 4 ans plus tôt, étaient descendues manifester dans la rue et déclenché la révolution bolchevique.

Ce sera officialisé en 1977 par l’ONU, qui va demander à tous les pays dans le monde de célébrer cette journée en faveur des droits des femmes.

Droit de vote et pionnières politiques belges ?

Un des premiers droits est le droit de vote, qui a été une des premières batailles des premières féministes en Europe Occidentale. En Belgique, on l’obtient assez tard par rapport à d’autres pays.

C’est en 1948 que les femmes obtiennent le droit de vote général (par la loi du 27 mars 1948, c’est le suffrage universel législatif).

On se rend compte quand on revient un petit peu en arrière que les hommes ont déjà obtenu en 1919 le droit de vote. C’est le Suffrage Universel pur et simple en faveur des hommes.

Pour les femmes, la lutte est malheureusement plus difficile car cette lutte, elle n’est pas que politique. Elle est aussi sociale et économique. C’est finalement l’ordre naturel dans lequel les femmes sont enfermées qui est remis en cause et qui est toujours à l’heure actuelle bataillé et reconsidéré au fur et à mesure qu’on avance.

On parle du Code Civil ou Code Napoléon de 1804 qui a consolidé ce système inégalitaire entre les femmes et les hommes. Il a fondé la puissance maritale et le devoir d’obéissance de l’épouse envers son mari. C’est seulement en 1958 que cette puissance maritale sera supprimée.

La femme était assimilée jusqu’en 1958 à un mineur, au statut d’enfant (besoin de demander l’accord de son mari pour travailler ou contracter des actes juridiques).

Il y a vraiment toute une évolution qui lentement va se mettre en place au niveau du droit de vote et des premiers droits obtenus pour les femmes en Belgique.


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Les femmes en politique

Marie Janson, qui fut la première femme belge à être membre du Sénat en 1921 (première parlementaire).

Sa petite-fille, Antoinette Spaak fût la première femme belge à être présidente de parti (Front Démocratique des Francophones) de 1977 à 1982.

Marguerite De Riemaecker-Legot fût la première femme ministre belge de 1965 à 1968 (Ministère de la Famille et du Logement).

En 2020 on assiste également à un premier gouvernement fédéral paritaire et nous avons également eu une première femme Premier-Ministre avec Sophie Wilmès dans l’ancien gouvernement.

Le droit à la contraception et à l’IVG en Belgique ?

Le droit à la contraception et à l’IVG sont devenus finalement un symbole de la libération sexuelle et de l’émancipation féminine. On se rend compte que même 50 ans plus tard, on en parle encore. L’IVG et la dépénalisation totale de l’IVG restent toujours sous les feux de l’actualité aujourd’hui.

A l’heure d’aujourd’hui, il y a encore des débats sur des questions qui, il y a déjà bien longtemps, n’étaient pas réglées et ne le sont toujours pas actuellement.

1972 : Gisèle Halimi et le Procès Bobigny

Elle obtient la première non-condamnation d’une femme reconnue coupable d’avortement. Il s’agissait d’une jeune fille de 16 ans qui s’était fait avorter suite à un viol. Suite à cela, le pacte du silence sur l’avortement a enfin été rompu.

Le 3 avril 1990, la loi dépénalisant partiellement l’avortement est votée en Belgique. La question de l’IVG et de l’allongement du délai légal à 18 semaines, la suppression de toute période de réflexion et la dépénalisation totale de l’IVG doit encore être bataillée, discutée aujourd’hui pour arriver à son amendement.

Beaucoup d’associations luttent encore aujourd’hui pour améliorer ce droit et rappellent qu’il est faux de penser que légaliser l’avortement revient à en augmenter le nombre. Elles soulignent que les femmes ont toujours avorté, légalisé ou non. La Différence fondamentale apportée par la légalisation est assurance intervention réalisée dans des conditions médicales, sanitaires et psychologiques dignes. Ces associations évoquent le fait que la légalisation ne va pas augmenter drastiquement le nombre d’avortements du jour au lendemain.

Le rapport 2002-2003 de la Commission d’évaluation fait état de 10.380 IVG déclarées en 1993, et de 15.595 dix ans plus tard, en 2003. On pourrait donc croire à une augmentation de 50% des IVG en 10 ans. Il n'en est rien et la Commission elle-même est la première à le souligner. Il est important de souligner que l’usage de la contraception n’est pas infaillible : près de la moitié des avortements pratiqués en 2003 sont le résultat d’une mauvaise utilisation ou de l’inefficacité de la méthode contraceptive choisie

Dans notre société où les libertés, les émancipations et les (in) égalités homme – femme sont de plus en plus questionnées, la place de la contraception et de l’IVG restent indéniablement centrales.

En conclusion

Malgré les évolutions de nos droits au fil des années, trop nombreuses restent encore les questions non encore réglées d’inégalités entre les hommes et les femmes, notamment les inégalités salariales, les violences diverses exercées à l’égard des femmes qui n’ont eu de cesse d’augmenter ces derniers temps, avec le confinement, et peine encore à être entendues, reconnues ou sanctionnées. Encore beaucoup d’inégalités et de discriminations qu’il faudra donc encore combattre. On a des armes qui sont la loi, l’éducation et le changement de mentalités.
 

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