Tendances Première

DME ou Diversification alimentaire menée par l’Enfant : quels avantages, quels inconvénients ?


De plus en plus de jeunes parents délaissent les traditionnelles purées et compotes et choisissent une façon très différente pour introduire une alimentation solide à leur enfant : la DME. L’idée étant de ne plus proposer des petits plats mixés mais bien de présenter à l’enfant des morceaux bien cuits de fruits et de légumes. A lui de les manipuler et d’en découvrir petit à petit le goût. Quand la démarrer ? Quels sont les avantages et les difficultés de cette méthode ? A quoi les parents doivent-ils être attentifs ?

Geneviève Van Bellinghen, diététicienne nutritionniste, et Juliette, maman de Léon, nous expliquent tout sur la méthode.


La Diversification alimentaire menée par l’Enfant, c’est quoi, c’est quand ?

L’enfant choisit lui-même ce qui est présenté par le parent, sous forme de morceaux suffisamment grands pour qu’il puisse les prendre en main. Il va les porter à la bouche, les mâchouiller, les écraser. Par rapport à une purée classique amenée par le parent, l’enfant va décider lui-même de ce qu’il mange et lui-même le sucer et l’écraser.

La diversification alimentaire classique peut commencer assez tôt, à partir de 4 mois, si le pédiatre le recommande, mais on va commencer par des purées. Mais pour pratiquer la DME, la condition est que l’enfant puisse tenir assis, maintenir sa tête droite, amener ses mains à sa bouche, avoir un tonus musculaire suffisant. Tant qu’il n’est pas capable de cela, il est difficile de commencer la diversification menée par lui-même.


Les avantages pour l’enfant

L’avantage de la méthode est de faciliter l’autonomie de l’enfant, la découverte, le jeu, l’intérêt pour la nourriture, mais aussi la dextérité.

Le développement psychomoteur de l’enfant va de pair avec la diversification alimentaire. Il faut bien observer son enfant. Il faut d’abord qu’il porte un intérêt à la nourriture. Pour cela, il faut qu’il voie ses parents manger, assis avec eux à table. Il aura envie de porter des petits morceaux à la bouche.

Il faut toutefois s’assurer qu’il ait un développement suffisant au niveau de la mâchoire, qui lui permette d’écraser avec force la nourriture entre sa langue et son palais et de déglutir. Cette maturation se produit généralement en même temps que la capacité de tenir assis, de maintenir sa tête droite, de porter ses mains à sa bouche. L’enfant va d’abord tester la texture de l’aliment en l’écrasant entre ses doigts, mimant ce qu’il pourrait se passer dans sa bouche. Au début, il aura le réflexe de rejeter les petits morceaux de sa bouche.

"L’unique problème, selon moi, de la DME, c’est le bazar que ça met partout, souligne Juliette, la maman de Léon. On a un petit enfant de 6 mois qui joue en fait, qui est en pleine découverte. Il teste aussi la gravité en même temps, donc sa banane, il va la mettre par terre. Il s’amuse, c’est un réel spectacle, à chaque repas. Evidemment, il faut être disponible et avoir le temps. Si on a le temps et la possibilité de le faire, c’est gai, parce qu’on permet à l’enfant de se nourrir lui-même et on mange tous ensemble, on partage déjà le repas."
 

Comment commencer la DME ?

Au début, on commence par les légumes ou les fruits qui n’ont pas de fibres ni de fils, qui peuvent être cuits et devenir mous : carotte, patate douce, banane crue, et plus tard, les aliments protéinés comme de petits morceaux de saumon, de poulet, de produits laitiers.

Le fait de goûter ainsi les choses, de manger les éléments séparés les uns des autres, va permettre à l’enfant d’expérimenter des goûts et des textures très différents. Il va développer sa capacité à reconnaître des éléments, à individualiser les goûts, il va développer son palais et son cerveau. On élargit ainsi l’éventail des goûts appréciés par les bébés.

Ces enfants ont la plupart du temps aussi un contrôle de l’appétit qui est plus fin, le fait de mâcher contribuant à la satiété. On observerait une meilleure régulation du poids à terme, les études doivent le confirmer dans le temps. On va vérifier avec le pédiatre ou le nutritionniste la croissance de l’enfant, son poids, le fait qu’il n’ait pas de carences.
 

Est-il risqué pour l’enfant de manger des morceaux ?

Geneviève Van Bellinghen entend souvent cette inquiétude de la part des parents. Pourtant, la DME n’est pas plus dangereuse qu’une autre alimentation, moyennant quelques précautions.

Il faut veiller à ce que l’enfant mange à table, ne soit pas distrait, puisse se concentrer sur ce qu’il fait. Quand on mange, on mange.

Au début de la DME en tout cas, pour ne pas le perturber dans son apprentissage, il faut éviter les mets mixtes, comme une purée mais avec des petits morceaux. Confronté à deux textures différentes, il risque de réagir différemment au niveau de la mastication et des réflexes. On reste donc sur la texture de départ, en petits morceaux. On va aussi éviter au début tout ce qui est rond, lisse, avec une peau, comme les raisins entiers. Plus tard, on pourra mélanger les textures.

Une fois que le parent a bien contrôlé la texture des aliments, il laisse l’enfant expérimenter tout en le gardant toujours sous surveillance. Il est important de toute façon pour tout parent (qu’on fasse la DME ou pas) de connaître les gestes qui sauvent, la manoeuvre de Heimlich. Si l’enfant tousse ou pleure, c’est qu’il respire, et en principe, il va pouvoir se dégager. Sinon, il faut agir.
 


>> Comment pratiquer la manoeuvre de Heimlich <<<


 

 


>>> A lire pour en savoir plus :

Petites mains, grande assiette - la Diversification alimentaire menée par l’enfant d’Annie Talbot, Evelyne Bergevin, Marie-Eve Richard et Emilie Pinard, Editions La Semaine 

De nouveaux aliments en douceur, une brochure de l'ONE


 

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