Tendances Première

[SANTE] Les plantes sauvages, c'est bon pour vous

La berce, une plante sauvage délicieuse
4 images
La berce, une plante sauvage délicieuse - © Tous droits réservés

Les plantes, si elles nous réjouissent par leur spectacle et chatouillent nos narines de délicieux parfums, nous offrent aussi de très nombreux usages : cuisine, santé, teintures, cosmétiques ou vertus insectifuges.

Issue de nombreuses enquêtes menées auprès des anciens, " Cueillette buissonnière dans le bocage " s’attache à la transmission des savoirs et des usages des plantes de chez nous et permet à tout un chacun de se les réapproprier, de redécouvrir la richesse de notre flore locale. Emilie Hennot, co-coordinatrice du Centre Ethnobotanique de l’Etang de Virelles, animatrice-nature et co-auteure de l’ouvrage sur la Cueillette paru aux Editions Aquascope nous en parle.

Ces plantes souvent méconnues

De tout temps l’homme a récolté les plantes sauvages à des fins culinaires ou médicales. Ces traditions se sont affinées et transmisses au fil des ans. Au Moyen-age, les jardins monastiques sont nombreux et mettent à la portée de tous les remèdes issus de l’herboristerie. Les grandes propriétés possédaient leur jardin de simples. Planté d’espèces aromatiques et médicinales, il est indispensable pour constituer la pharmacopée familiale. Les plus modestes demeures possédaient un carré de plantes potagères pour rendre plus appétissante la maigre nourriture.

Au 15e siècle et le développement de l’imprimerie, de magnifiques "herbiers" voient le jour. Descriptions botaniques, illustrations, recettes de "potions" à bases de plantes fraîches ou séchées, ouvrages riches d’informations.

Depuis quelques décennies, la transmission de ce savoir a disparu et bien peu d’entre nous connaissent encore les bien faits de la reine-des-près ou de la tanaisie.

Croyances et maléfices

Autrefois, la médecine ne permettant pas les diagnostics médicaux précis, on attribuait beaucoup de pathologies aux mauvais sorts ou à la sorcellerie. Certaines plantes étaient réputées comme antidotes à ces sorts : le basilic chassait la mauvaise humeur et la racine d’angélique les esprits amenant la peste. On prescrivait de l’huile de graine d’ortie pour vaincre l’impuissance et l’ail repoussait les vampires.

Les arbres ne sont pas en reste. Le houx près des maisons détournait foudre et sorcières; un rameau d’aulne pendu aux plafonds éloignait les "macrales" , tressés en couronne, ils protégeaient la maison des incendies.

Promenons-nous dans les bois, les gestes d’autrefois

Dès le Moyen-âge, on utilisait les glands du chêne contre les coliques ou le rachitisme et son écorce contre les crachements de sang et les fièvres. Le tan, poudre fabriquée avec l’écorce du chêne et utilisée pour tanner les peaux et fabriquer le cuir, nous offre quelques recettes régionales qui font sourire aujourd’hui mais encore en vigueur il y a quelques dizaines d’années seulement : contre la chute des cheveux, frictionner à l’eau de tan ; contre la transpiration des pieds, mettre de la poussière de tan dans les chaussures.

Le fruit du hêtre, la faine, donnait de l’huile pour l’alimentation ou pour l’approvisionnement des lampes à l’huile.

Le genet arbuste très apprécié de nos aïeux pour ces multiples usages : ses jeunes pousses servaient d’engrais vert et avec du genévrier, à fumer les jambons. Avant l’usage du houblon, ces fleurs jaunes donnaient l’amertume à la bière et les semences torréfiées remplaçaient le café.

Plantes sauvages. A table !

Mauvaises herbes, une question de regard. Dans nos forêts, dans nos campagnes que de trésors ! Et pas besoin de chercher loin !

  • Tout est bon dans le pissenlit : les jeunes feuilles délicieuses en salade, les fleurs en confitures ou tisanes, les racines râpées sont ajoutées aux salades. Le vin de pissenlit est aussi à découvrir.
  • L’ortie cette plante urticante qui pousse partout nécessite des gants pour être cueillie mais elle vaut le coup. Délicieuse en potage, en tisane elle soulage les douleurs rhumatismales, la feuille fournit une teinture verte.
  • Le plantain aide à combattre les infections respiratoires ; une piqûre d’insecte ou d’ortie, frottez avec une feuille de plantain et vous serez soulagé.
  • La tanaisie porte des fleurs jaunes en bouton et dégage un parfum épicé; c' est un efficace insecticide.
  • Pour apporter un peu de piquant aux salades, les jeunes feuilles et les fleurs de la cardamine des prés qui au printemps montre ses jolies fleurs roses pâles dans les prairies humides.
  • En été voici venue la reine-des-prés, ces fleurs claires au parfum entêtant sont utilisées contre les refroidissements, la grippe et le rhumatisme articulaire car elle contient de l’acide salicylique, dérivé de l’aspirine. La plante entière calme les troubles gastriques et intestinaux.
  • Le prunellier : les fruits peuvent être consommés en marmelade, compotes et sirops. La prunelle attendrie par le gel fera une eau-de-vie parfumée

Confitures, sirops, liqueur, tisane, soupe, salade et remèdes divers les utilisations de ces plantes sauvages très communes sont riches et variées.

 

Se réapproprier les plantes sauvages

En cette période de remise en question et de réflexion sur nos modes de vie, redévelopper de l’autonomie, se réapproprier des savoirs devient indispensable.

Renouons un lien profond avec la nature. Elle a beaucoup à nous apprendre. Profitons des plantes sauvages de notre environnement : amusant, gratuit, excellent !

Cueillette : une règle d’or la prudence !

Mais veillons à pratiquer la cueillette raisonnée pour respecter la nature et n’oublions pas que si beaucoup de plantes sont bonnes à consommer d’autres sont toxiques.

Alors, prudence!

 

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK