Tendances Première

Confinement : il est de plus en plus difficile de respecter les mesures… et c’est normal !


Selon une étude de l’Université de Gand publiée fin janvier 2021, le taux de motivation des Belges à respecter les règles a chuté à 42%. Cela concerne aussi les parents, qui ont tendance à relâcher petit à petit la bride, principalement au niveau des relations sociales. Les journalistes du Ligueur des parents, Yves-Marie Vilain Lepage et de Marie-Laure Mathot, se sont penchés sur la question.

"Nous n’avions pas envie de faire semblant de ne pas voir que certaines familles ont de plus en plus de mal à respecter les règles. L’idée n’est pas de dire : "Regardez, ceux-là ne respectent rien, alors à quoi bon continuer à obéir ?" Non. Nous ne cautionnons rien. Nous ne jugeons pas. Nous constatons." peut-on lire dans le dossier de la Ligue des familles paru ce 17 février.

Pour s’atteler à ce dossier un peu épineux, les deux journalistes ont fait appel à des experts, des chercheurs et des associations en lien avec la famille "pour apporter de la nuance […] nous n’avions pas envie de surfer sur la colère ou la peur des familles. Nous voulons simplement décloisonner, dépolariser, casser les bulles, si ce n’est pas physiquement, au moins mentalement."

En 1 mois, la motivation des Belges a chuté de près de 40%

Après moult témoignages d’enfants et de parents dans une première partie du dossier, Yves-Marie Vilain Lepage et de Marie-Laure Mathot ont choisi de se pencher sur la question de cette chute brutale de motivation à respecter les règles sanitaires en vigueur. En effet, en décembre 2020, 80% des Belges se disaient prêts à respecter les règles de restriction lors des fêtes de fin d’année, rappellent les journalistes. Mais moins d’un mois plus tard, c’est un autre son de cloche : le taux de motivation à respecter les règles a chuté à 42%. "Les Belges, démoralisés, n’ont plus envie de se plier aux mesures. Mais pourquoi craque-t-on maintenant ?" s’interroge le Ligueur des parents.

Vivre sous contraintes est de plus en plus difficile ? C’est normal

Pour la psychologue spécialisée en burn-out parental Moïra Mikolajczak, ce constat n’a rien d’étonnant : "Cette bulle de famille + 1 est difficile à respecter, et c’est normal […] L’espèce humaine est une espèce grégaire. Qui dit espèce grégaire dit besoin du groupe, besoin des autres. […] Quand nous passons du temps avec d’autres humains, notre cerveau nous envoie des félicitations, nous nous sentons récompensés, heureux. Quand on nous prive de contacts sociaux, c’est une punition pour l’esprit et pour le corps." explique-t-elle dans le dossier intitulé Un an plus tard, quel sens a tout ça ? La difficulté des familles à respecter les règles.

On ne peut pas mordre éternellement sur sa chique

La bonne nouvelle, c’est que notre système de réflexion nous permet de différer nos récompenses. En d’autres termes, nous sommes tout à fait capables de "mordre sur notre chique", comme nous l’avons fait au premier confinement. Le hic, c’est qu’on ne peut pas postposer indéfiniment ces récompenses et surtout, qu’on ne peut le faire que si on se sent bien dans notre peau : "La capacité de l’être humain à s’infliger des punitions ou à différer des récompenses est réduite quand il est soumis au stress ou déprimé" argumente Moïra Mikolajczak. Il est donc tout à fait normal, en plein hiver et après 4 mois de second confinement, d’avoir du mal à poursuivre les efforts. D’autant plus que le baromètre de bonheur n’est pas au beau fixe : "Fin janvier, 30% des Belges se disent malheureux contre 22% avant la crise sanitaire selon une étude de l’Université de Gand", précisent les journalistes.


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Certains parents décident donc de ne pas respecter les règles ou de les ajuster, principalement à cause de la souffrance liée au manque de liens sociaux observée chez leurs adolescents, qui s’effondrent de plus en plus. Mais les journalistes du Ligueur des familles précisent : "On n’a pas rencontré de parents qui s’amusaient du fait d’enfreindre les règles […] Ils ne contournaient le mot d’ordre dicté par les autorités que parce qu’ils ne comprennent plus le sens de toutes ces privations."

Pour en savoir plus :

  • La chronique complète de Yves-Marie Vilain Lepage et de Marie-Laure Mathot dans le podcast Tendances Première ci-dessous 
  • Le dossier de la Ligue des familles intitulé Un an plus tard, quel sens a tout ça ? La difficulté des familles à respecter les règles a retrouver dans le Ligueur des parents du 17 février 2021 ou en ligne en suivant ce lien.
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