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Direct / Confinement en Belgique : un ado sur trois souffre d’un niveau élevé d’anxiété

Le Ligueur a publié cette semaine un grand dossier consacré aux émotions. On y apprend notamment qu’un enfant sur dix et qu’un adolescent sur trois souffre d’un niveau élevé d’anxiété, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut Santé de l’Université de Mons via la plateforme Home Stress Home.

La crise du covid met à rude épreuve tout un chacun et bouleverse nos vies. Les enfants et les adolescents n’y échappent pas. Dans le grand dossier consacré aux émotions publié cette semaine dans le Ligueur, les chiffres sont là, implacables.

En effet, selon une étude de grande ampleur réalisée auprès d’enfants et d’adolescents de 3 ans à 25 ans, un enfant sur dix et un adolescent sur trois souffriraient d’un niveau d’anxiété élevé. Chez les enfants de 3 à 7 ans, c’est l’angoisse de la séparation qui prime. Dès 8 ans et jusqu’à 11 ans, cette angoisse de séparation s’estompe mais le sentiment d’anxiété se généralise. Et à partir de 12 ans jusqu’à 17 ans, ce sont 34% de ces jeunes adolescents qui souffrent d’état dépressif, avec tristesse, fatigue et perte d’intérêt à la clef. Les chercheurs ont également remarqué que les filles semblent plus touchées que les garçons.

Ces chiffres alarmants publiés dans le dossier du Ligueur sont issus de la vaste étude réalisée par des chercheurs de l’Institut Santé de l’Université de Mons via la plateforme Home Stress Home." Au Ligueur, on applaudit la démarche. On trouve en effet pléthore d’applications de bien-être pour les adultes, mais c’est rare de voir un outil à destination des enfants et des adolescents" souligne Clémentine Rasquin.

Home Stress Home : enfin une plateforme pour les enfants et les adolescents !

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© Interface de la plateforme Home Stress Home développée par l’Université de Mons

Ce test psychologique est accessible gratuitement en ligne et propose un parcours en trois étapes pour mesurer le niveau d’anxiété des enfants et adolescents. Après une brève partie informative qui nous fait découvrir ce qu’est une émotion et à quoi elle sert, la plateforme propose un test pour mesurer le niveau d’anxiété de l’enfant, en fonction de sa tranche d’âge.

C’est vraiment bien fait. En plus c’est validé scientifiquement, joli visuellement, et ça a l’objectivité de mesurer le niveau d’angoisse général sans s’ancrer dans le contexte du covid… ce qui aurait pu être stressant pour l’enfant."

Enfin, la troisième et dernière étape du test communique les résultats du niveau d’anxiété de l’enfant et renseigne sur des activités et des exercices à faire (qui diffèrent en fonction de l’âge) pour apprendre à communiquer ses émotions et prendre soin de soi. "En tant que parent, ça a le mérite de mettre le sujet sur la table et de permettre d’en parler avec son enfant d’une façon assez sereine, en objectivant les choses" explique la journaliste du Ligueur.

L’importance du développement des compétences émotionnelles

"Apprendre à communiquer ses émotions, ce n’est pas si simple, reconnaît Clémentine Rasquin, même pour les parents !" Et pour cause : une personne sur deux se sentirait incapable d’identifier ses émotions et de les nommer. Or, "Dans 90% du temps, on vit, on ressent, ou on est traversé par une émotion. C’est dire l’importance qu’elles ont dans nos vies !" s’exclame Clémentine Rasquin.

Même si certains n’ont pas le "décodeur" de leurs émotions, nous sommes pourtant tous dotés de ce que la Professeure en psychologie des émotions Moira Mikolajczak nomme les compétences émotionnelles. C’est-à-dire la capacité à :

  1. Identifier une émotion
  2. Comprendre ce qui l’a déclenché
  3. L’exprimer
  4. La réguler
  5. L’utiliser

Ces 5 étapes demandent chacune une compétence particulière, qui apparaissent progressivement durant l’enfance puis qui se stabilisent vers 20-25 ans. Elles ne viennent pas de nulle part : on estime en effet que 40 à 45% de ces compétences viennent de nos parents. Mais heureusement, l’environnement joue également un rôle, à hauteur de 50%. Rien n’est donc figé dans le marbre et tout est encore possible, même après 25 ans… et même pour celles et ceux qui ont la sensation de ne pas avoir "le décodeur".


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Il est cependant très important de développer ces compétences émotionnelles, particulièrement pendant ce contexte de pandémie mondiale. "C’est plus qu’un bagage, c’est carrément un capital ! Beaucoup de choses vont découler de ça : le bien-être, la qualité des relations sociales, la réussite scolaire et professionnelle, etc." explique Clémentine Rasquin.

Les enseignants et éducateurs l’ont déjà visiblement bien compris en instaurant dans les écoles maternelles et primaires des "monstres des émotions" ou encore des "météos du cœur" qui permettent d’étoffer ces compétences. Reste aux parents de continuer le travail à la maison, et de pouvoir ouvrir librement le dialogue avec leurs enfants grâce à des outils comme Home Stress Home ou le dossier du Ligueur (qui fourmille d’ailleurs d’idées de lectures et d’activités à faire sur le sujet).

Pour en savoir plus, réécoutez le podcast de Tendances Première ci-dessous :

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