Tendances Première

Comment retrouver le bonheur de vivre ?


 

Ennui, peurs, mental envahissant… Nous vivons une période délicate et particulièrement stressante. Les crises s’enchaînent et tout le monde est un peu perdu face à tous ces événements. Alors, comment arrêter cette marche à Très Grande Vitesse et ces pensées compulsionnelles qui nous gâchent la vie et nous empêchent de nous concentrer sur le moment présent ?

L’auteur, Franck Martin nous propose un remède radical pour retrouver le bonheur de vivre. Il nous donne des outils pour penser positif, pour calmer notre mental destructeur en apprenant à nous concentrer véritablement sur l’instant présent, et pour enfin laisser la place à l’imagination positive et constructive.

Franck Martin est professeur de communication et de management à Lyon.

2 images
Se débarrasser de nos pensées compulsionnelles © Editions Eyrolles

Généralisation, omission et distorsion (God)

 

Quand un journaliste annonce la Une de l’information, il ne se rend pas compte qu’il fait une généralisation et plein d’omissions. Sur quoi cette Une a-t-elle été construite ? Comment s’est-elle construite ?

Il fait ainsi une omission de plein d’informations vitales.

Exemple : en parlant du Covid, il y a généralisation quand on compte les cas recensés et les décès. On oublie de dire qu’il y a plein de choses positives à côté. Si on choisit de se focaliser, de généraliser, on oublie tout le reste. On fait des omissions.

 

Les généralisations permettent de créer des catégories ou des classes à partir d’un cas isolé ou d’un petit nombre d’exemples. Elles créent un environnement rassurant où les choses et les gens ne bougent pas, ce qui conserve et force les habitudes. Elles figent le monde, créant des croyances et limitant le changement. Basées sur les ressemblances, les généralisations ne voient plus les différences, ce qui limite les capacités d’adaptation.

 

Les omissions : pour se rassurer, on tait soit consciemment ou inconsciemment certaines données, on met de côté ce qu’on ne peut pas gérer de manière émotionnelle.

 

Les distorsions : ce sont les corrélations que l’on fait, des relations de cause à effet. C’est une interprétation de la réalité basée sur notre vécu, notre histoire.

 

Quelques exemples…

 

Quand un bébé arrive au monde, il a une faculté d’adaptation qui est faite de généralisations, d’omissions et de distorsions.

Dans son berceau, il va s’étirer pour toucher le mobile qui se trouve au-dessus de lui. La petite musique qu’il entend et le mobile qui bouge sont pour lui une récompense. C’est le phénomène de la loi de la variété requise, mise au point par William Ross Ashby qui dit qu’on fait des liens de cause à effet entre ce qu’on veut, ce qu’on fait et ce qu’on obtient. Cette capacité de distorsion, de corrélation (lien de cause à effet), nous l’avons en nous mais quand on est bébé, on le fait de manière non conceptuelle. L’enfant, en touchant le mobile au-dessus de son lit acquiert un nouveau savoir-faire qui consiste à déclencher un son et un mouvement.

 

Quand il apprend à marcher, de manière non conceptuelle, il généralise ce qu’il sait faire : il fait un second pas puis un troisième… sans penser à ce qu’il fait.

 

Et lorsqu’il fait une chute, il fera une omission, c’est-à-dire qu’il va mettre de côté ce qu’il est incapable de gérer de manière émotionnelle, la peur de la chute. Ça lui permet de continuer à enchaîner les pas.

Ensuite, il va faire une corrélation, une distorsion entre le mouvement qu’il fait et l’équilibre qu’il obtient pour arriver à marcher. Ce lien de cause à effet est fait aussi de manière non conceptuelle. C’est le bonheur. On a tous ça dans notre ADN mais à l’âge de raison (l’âge où on est capable de raisonnement), on utilisera ce même procédé de généralisation, d’omission et de distorsion en le basant sur notre propre histoire, notre propre ego.

L’enfant qui se fait mordre par un chien mettra en place une généralisation sécurisante qui deviendra une vérité : tous les chiens mordent. L’enfant met cette forme de pensée en place sans s’en rendre compte.

Dans le même temps, toujours sans s’en rendre compte, l’enfant met en place une omission : il oublie que des tas de chiens sont inoffensifs.

 

Les pensées compulsionnelles

 

 

C’est le petit vélo que vous avez en permanence dans la tête. Les pensées qui tournent sans cesse telles que : " Je ne vais pas y arriver "…

On passe notre temps à interpréter la vie. On n’a pas le choix dans ce que la vie nous réserve mais on a toujours le choix de la manière dont on la vit.

Pour reprendre la main sur les pensées compulsionnelles, il faut rééduquer la pensée, revenir à du factuel et comprendre que nous ne sommes pas le penseur, mais que nous sommes celui qui est conscient du penseur.

Le penseur, c’est l’égo, celui qui s’est mis en place lors de notre venue au monde, lors de notre sociabilisation, de notre capacité à stocker les informations. A partir de là, les pensées se construisent ; elles peuvent être compulsionnelles, elles reviennent en permanence.

 

90 à 98% de nos pensées sont toujours les mêmes, elles tournent en boucle.

 

C’est le cas typique des personnes qui s’éveillent la nuit avec des peurs irrationnelles crées par leurs pensées. La pensée compulsionnelle va déclencher le même type d’émotions que si la situation imaginée était réelle : peur, angoisse… C’est la pensée qui a l’ascendant sur nous.

Le corps, le mental et les émotions forment un tout. Il y a donc plusieurs manières d’agir pour " casser " ce cercle vicieux :

 

  • Sur les pensées :

réapprendre à penser factuellement : " ce que je pense peut vouloir dire autre chose, mon interprétation est la mienne, elle pourrait être tout à fait autre".

 

  • Sur le corps :

En reprenant conscience de ce qui se passe ici et maintenant par le biais de la pleine conscience, entre autres. En s’exerçant à de petits exercices tel que respirer en étant conscient de l’air frais qu’on inspire et de l’air chaud qu’on expire

 

  • Sur les émotions (yoga, sophrologie…)

Se libérer des pensées compulsionnelles, c’est s’ouvrir au monde, s’ouvrir à l’autre.

En utilisant ces outils, on peut reprendre la main sur nos pensées qui deviennent alors un outil formidable pour agir, créer, élever des enfants, faire changer le monde… C’est ça l’idée de la contamination au bonheur.

 

Le trop d’énergie à défendre nos opinions

 

Être limitant c’est être rassurant mais ça nous empêche de nous ouvrir au monde.

La conscience collective doit rassembler parce qu’elle doit se faire dans la solidarité et en pleine conscience et non pas séparer lorsqu’on est dans une égocommunauté (addition d’opinions et de violences individuelles pouvant déboucher sur de la violence collective).

Quand on parle de ses propres opinons, on n’aime pas avoir en face de soi quelqu’un qui pense l’inverse, on prend ça comme une forme de blessure mais nos opinions ne sont pas nous. C’est l’égo qui se sent blessé.

Soyons attentifs à l’autre, écoutons ses questions, de quoi est faite son expérience, ses peurs, ses craintes, ses croyances. Intéressons-nous à lui afin d’établir une relation de confiance qui permettra la compréhension mutuelle.

Si tu dis ça, pourquoi est-ce important pour toi ? A quoi cela fait référence pour toi ? "

 

Confinement : " Chassez le con, gardez le finement "

 

Le " con ", sans jugement de valeurs, ce sont les pensées compulsionnelles, les God (généralisations, omissions, distorsions), on les a en nous parce que ça nous sécurise. Ces pensées ne sont jamais idiotes, elles ont toujours une attention positive pour soi-même. Mais il est possible de s’en débarrasser pour qu’elles n’agissent plus sur nous, à nos dépens en déclenchant des émotions fortes.

On a cette capacité de retrouver la force de la pensée mais une pensée créatrice.

Le "finement" consiste à prendre conscience du malheur que je crée en moi et par voie de conséquence autour de moi parce que je fabrique des virus de pensées qui vont contaminer mon entourage. En reprenant le pas sur notre pensée, on pourra également contaminer le monde mais de manière positive.

Dans le contexte actuel, c’est aussi se rendre compte que cette pandémie peut aussi être une opportunité : consommer différemment, manger différemment, prendre conscience du petit paysan au bout de ma rue…

 

La contagion du bonheur,

découvrez l’antivirus des pensées compulsionnelles

de Franck Martin

Editions Eyrolles

 

 

 

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK