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Comment bien vieillir?

Vieillir n'est pas une maladie
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Vieillir n'est pas une maladie - © Colin Anderson Productions pty l - Getty Images

La proportion des 60 ans et plus dans la population mondiale va presque doubler d’ici à 2050. Et si l’on vit plus longtemps, on souhaite vieillir sans être malade… ni paraître vieux. Mais si on veut améliorer son bien-être de senior, il faut comprendre ce qu’on appelle vieillir. En fait, vieillir, ce n’est pas une maladie. C’est la vie tout simplement. Et peut-être même la plus importante partie de l’existence, et qu’on peut vivre intensément.

Yves Agid, professeur émérite de neurologie et de biologie cellulaire à l’université Paris Sorbonne est l'auteur de cet ouvrage.
 

On dit souvent qu’on vieillit parce qu’on a des rides, qu’on perd ses cheveux ou qu’ils deviennent blancs. Mais ce ne sont que des signes extérieurs, quand on parle de vieillir, l’important c’est le vieillissement du cerveau.

Le vieillissement c’est quelque chose de personnel qui s’exprime par l’affaiblissement de l’ensemble du corps et du cerveau mais qu’on arrive à compenser.

Les deux plus grands problèmes, ce sont les chutes et les pertes douces de la mémoire. Mais aussi la dépression, la perte de libido.

Les critères révélateurs de l’âge sont multiples, différents d’une personne à l’autre

Une personne de 90 ans peut être pétillante, pleine de vitalité et ne donnera de ce ne fait pas l’impression d’être vieille alors qu’une personne beaucoup plus jeune, de par son allure donnera à penser qu’elle est âgée. Ou encore, une personne dont la vivacité d’esprit est restée intacte peut se déplacer difficilement alors qu’une autre peut se mouvoir sans difficulté mais souffre de problèmes de mémoire.

Le vieillissement du cerveau se fait en pièces détachées, des parties vieillissent d’une telle manière, d’autres autrement.

Mais la nature nous a pourvus de moyens de compensation. Dans le vieillissement normal du cerveau, il n’y a pas de perte de cellules nerveuses, de neurones. En revanche, les neurones s’altèrent un peu, les connexions nerveuses diminuent en nombre mais les neurones compensent en augmentant leur activité et les neurones sains compensent ceux fatigués.
Le vieillissement n’est pas qu’un déclin c’est aussi une compensation du cerveau qui permet de tendre vers une vie normale.

D’ici 2050, la proportion des personnes de plus de 60 ans va doubler

Si la société continue à considérer la vieillesse comme une maladie elle ne prendra pas les bonnes décisions pour aider au bien-être de cette population. Mieux comprendre le vieillissement, c’est mieux agir et c’est permettre aux personnes vieillissantes de continuer à faire partie de la société et de vivre cette période de leur vie de manière intense et confortable.

L’espérance de vie

Les progrès de la médecine ont augmenté considérablement l’espérance de vie. Si on peut s’en réjouir, on en arrive toutefois à un paradoxe : plus médecine progresse, plus le nombre de personnes âgées augmente. Toutefois, elles s’affaiblissent et plus elles s’affaiblissent, plus elles perdent leur autonomie et plus la médecine est sollicitée. C’est un cercle vicieux.

Bien dans sa tête, bien dans son corps

C’est le regard des autres qui fait prendre conscience qu’on a pris de l’âge. Le cerveau est le pivot de ce qui peut déterminer la vieillesse. Tant qu’il fonctionne, les personnes n’ont pas l'impression de vieillir. Quand il décline, les effets sont mesurables et visibles. Nous ne sommes pas tous égaux et nous n’avons pas tous la même façon de réagir face à ça. Le cerveau réagit de façon très personnelle.

On peut avoir une mémoire parfaite à 90 ans (surtout mémoire ancienne) et avoir des difficultés à la marche. La dépression causée par la solitude, l’ennui, les troubles sphinctériens, les troubles de l’équilibre, tout ça correspond à un dysfonctionnement de groupes de neurones qui jouent rôle dans la marche, l'humeur ...

Le vieillissement cérébral fera que j’ai l’air vieux

Dans le cas du vieillissement normal du cerveau, on ne perd pas de neurones mais ils s’altèrent, perdent des connexions nerveuses. Certaines parties restent intactes et d’autres pas, il s’agit d’un vieillissement partiel. C’est ce qui explique que certains ont des petites pertes de mémoires et marchent très bien et d’autres ont gardé toute leur vivacité d’esprit mais marchent difficilement.

Par contre, quand les choses deviennent compliquées, que les oublis sont très fréquents, quand le caractère se modifie, ce sont des signes d’une pathologie neuro dégénérative (dysfonctionnement de certaines parties cerveau) de type Alzheimer.

Les cellules nerveuses s’altèrent plus vite jusqu’à les perdre des neurones.

La différence entre vieillissement cerveau normal et vieillissement dû à pathologie comme Alzheimer, c’est la perte de neurones.

Réparer les corps…

La médecine a fait de grands progrès, elle arrive de mieux en mieux à réparer le corps mais pour le cerveau, ce n’est pas possible. On peut traiter ou au moins améliorer certaines maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson mais on ne peut pas guérir le vieillissement normal ni le vieillissement pathologique des maladies neurodégénératives.

Par contre, il faut continuer à entretenir son cerveau, lui imposer des efforts. C’est essentiel.

Le message

Le message essentiel du livre du Professeur Agid, c’est que le vieillissement d’une personne, c’est le vieillissement de son cerveau. Le corps est un exécutant. Mon cerveau c’est moi, c’est lui qu’il faut entretenir avec bon sens, en continuant à le solliciter, à lui faire faire des efforts.

Et encore…

Le Gang de vieux en colère

C’est un mouvement citoyen indépendant, non partisan, transpartisan qui lutte pour que les générations futures puissent vieillir dans la dignité, qu’elles puissent avoir accès à la santé, à la pension égalitaire entre les hommes et les femmes, pour la revalorisation du métier de soignant en gériatrie…

Reportage : " Quand les vieux sont en colère " https://www.youtube.com/watch?v=IL1DXOep5Ic

 

The Kominsky Method

Série américaine dont les deux protagonistes sont des personnes âgées.

Avec Michaël Douglas et Alan Arkin.

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