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Comment agir en cas d'accident vasculaire cérébral - AVC?

Comment repérer, les accidents vasculaires cérébraux ou AVC
Comment repérer, les accidents vasculaires cérébraux ou AVC - © Pixabay

Une personne sur 6 dans le monde aura un jour un accident vasculaire cérébral (AVC). En Belgique, chaque jour, 52 personnes subissent un AVC. C'est la première cause de handicap dans les pays occidentaux, avec des handicaps lourds tels que la paralysie d’un côté du corps, des troubles du langage, de la vue, de la marche, etc.

Noémie Ligot est neurologue et directrice de la clinique neuro-vasculaire à l’hôpital Erasme. L'hôpital a été désigné Stroke Center, parce qu'il peut proposer tous les traitements relatifs à l'AVC, avec une expertise très pointue. 

Qu'est-ce qu'un AVC ?

Un accident vasculaire cérébral est une souffrance brutale d'une région du cerveau, liée au fait que cette région ne reçoit plus suffisamment de sang, et donc de sucre et d'oxygène. Les neurones souffrent et n'arrivent plus à fonctionner correctement.

A l'origine de ce problème, il y a, dans 20% des cas, une hémorragie, une artère qui se rompt dans le cerveau et provoque un hématome.

Plus couramment, l'AVC est provoqué par une ischémie, une thrombose d'une artère. Elle est bouchée par un caillot de sang et ne peut plus amener le sang dans une région du cerveau.

Ces chiffres très élevés s'expliquent par le fait que l'AVC est lié à des facteurs de risques cardio-vasculaires, très fréquents dans nos pays industrialisés : le mode de vie, l'alimentation,... Sans compter le fait que la population vieillit parce qu'on la soigne mieux mais les facteurs de risques augmentent avec l'âge.


Quelles techniques médicales ?

Pour limiter les séquelles, il faut de toute façon se rendre aux urgences au plus vite, dès le début des symptômes, car les traitements ne sont efficaces que dans les premières heures. 

Il faut savoir que l'AVC par hémorragie ne peut pas vraiment se traiter, et uniquement par des soins supportifs, pour éviter qu'elle ne s'aggrave dans les heures qui suivent.

La thrombose est la seule forme d'AVC qui peut se traiter réellement, de manière curative.
En phase aiguë, pour la thrombose, il existe des techniques assez récentes dont le but est de casser le caillot, dans les heures qui suivent l'accident :

  • La thrombolise, ou administration d'un médicament par les veines, pour casser le caillot. La dose a son importance. Le risque de saignement est à surveiller.
     
  • La thrombectomie, plus récente, qui va rechercher le caillot mécaniquement, à partir d'une artère de l'aine, dans les artères du cerveau. On va l'emprisonner dans une maille de stents ou l'aspirer. C'est techniquement compliqué, il faut être très prudent pour ne pas faire de dégâts.
     

Les facteurs qui favorisent l'AVC

  • le mode de vie qui n'est pas sain
  • la mauvaise alimentation
  • le manque de sports : le sport a une influence générale sur notre système cardio vasculaire, sur l'élasticité des artères et le bon fonctionnement du coeur.
  • le tabac : le goudron qu'il contient s'accumule et se colle dans les artères, formant des plaques d'athérome
  • la prise de drogues
  • le taux de cholestérol trop élevé
  • le diabète : le sucre qui reste en trop grande quantité dans le sang se colle sur les artères et les abîme
  • l'hypertension

L'AVC peut toucher également l'enfant, mais le cas est rare et les mécanismes ne sont pas les mêmes : il s'agit surtout d'une malformation cardiaque initiale, d'un traumatisme ou d'une maladie du sang...

Chez le jeune adulte, les causes d'un AVC sont soit des blessures d'artère en faisant du sport ou en portant des charges lourdes, soit des maladies du sang ou la prise de drogues comme la cocaïne.

La chaleur est-elle un facteur de risque ? "La chaleur extrême n'a pas été étudiée, à ma connaissance, mais intuitivement on pourrait dire oui, chez les personnes âgées : cela génère une déshydratation et peut-être une augmentation de tension, et ce n'est pas bon pour le sang de manière générale."


Quelle prévention mettre en place ?

Il n'est pas nécessaire de faire un bilan sanguin à partir de tel âge, cela n'a pas d'intérêt, explique le Dr Noémie Ligot. La prévention primaire doit être faite par le médecin traitant, dont c'est le rôle d'identifier les patients, au-delà de 50 ou 55 ans, qui cumulent les facteurs de risque et de commencer le cas échéant un traitement.

L'AIT (accident ischémique transitoire) est la même chose qu'un AVC, et est donc lié à une thrombose, mais il se résout très vite. Le diagnostic d'AIT se pose après une mise au point, parce qu'il existe plein de raisons de faire des déficits neurologiques transitoires qui récupèrent spontanément. Il faut toutefois agir rapidement, dans la semaine voire les deux semaines qui suivent la suspicion de ce diagnostic.

 

Quels symptômes ?

Il faut être attentif à un dysfonctionnement, quel qu'il soit, qui apparaît brutalement. Il peut toucher toutes nos fonctions. Dans la majorité des cas, on ressent soi-même qu'on est en train de faire un AVC. L'entourage peut le constater également.

  • Pour ce qui est moteur, c'est la moitié du corps en général qui est touchée, même si ça peut être plus le bras que la jambe, ou l'inverse. La paralysie faciale peut aussi faire partie de cette atteinte motrice.
  • Pour le langage, cela peut être des difficultés à parler mais aussi à comprendre.
  • Pour la vision, une partie du champ visuel qu'on ne voit plus, le fait de voir double de manière soudaine, doit vous conduire à l'hôpital.

 

Comment réagir ?

L'urgence est d'appeler le 112, qui va, à partir de quelques questions, identifier l'alerte AVC et vous envoyer une ambulance et un SMUR, voiture équipée, avec un médecin des urgences. Vous serez dirigé vers l'hôpital le plus proche qui est capable de vous traiter correctement pour un AVC.

À l'hôpital, vous serez envoyé directement au scanner qui va déterminer si c'est une hémorragie ou une thrombose, et permettre d'adapter le traitement.

Si ce n'est pas une hémorragie, on peut envoyer par les voies intraveineuses un traitement thrombolitique, pour casser le caillot.

Si on voit un gros caillot facilement accessible, on peut proposer la thrombectomie, éventuellement dans un autre hôpital en urgence.

Les cerveaux souffrent plus ou moins vite selon les individus. Il faut de toute façon aller très vite, chaque minute d'occlusion d'une artère entraîne la perte de 2 millions de neurones. Pris à temps, il n'y a pas toujours de séquelles, certains patients n'en auront aucune.


Découvrez aussi dans la vidéo de Tendances Première les étapes de la revalidation, expliquées par le docteur Noémie Ligot

 

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