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Avoir 20 ans en 2020, en quoi est-ce différent ?

Il n’y a pas si longtemps, on les appelait encore "la génération Z". Désormais – et après les récents événements qui ont chamboulé l’année 2020 – on les appelle plutôt "la génération pandémie". Qui sont ces "nouveaux jeunes", qui fêtent leurs 20 ans en 2020 ? Éléments de réponse avec la sociologue Claudine Attias-Donfut et l’anthropologue Martine Segalen, qui viennent de publier un ouvrage intitulé Avoir 20 ans en 2020 – Le nouveau fossé des générations aux éditions Odile Jacob.

Des grandes caractéristiques inédites

Pour Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen les jeunes de 20 ans forment " la première génération socialisée à l’ère numérique, la première génération horizontale, la première génération transnationale et la première génération écologique" : un enchaînement de caractéristiques nouvelles, qui définissent une génération hors du commun. Et où tout n’est pas rose… Loin de là.

Une génération optimiste qui s’inquiète

Les défis auxquels auront à faire face ces jeunes au cours de leur vie sont immenses : "ils éprouvent beaucoup d’inquiétudes par rapport aux changements climatiques, par rapport à la crise économique, par rapport à la démocratie, par rapport au terrorisme ou au manque de tolérance qu’ils subissent… Et en même temps, il y a aussi un certain optimiste, un sentiment de capacité à pouvoir répondre à ces défis et de prendre à bras-le-corps cette crise pour essayer d’en tirer le meilleur", explique l’anthropologue Martine Segalen.

Une génération désenchaînée et un paradoxe générationnel

Une partie de cette génération – celle qui a d’ailleurs popularisé la célèbre expression "OK, boomer" – en veut collectivement aux générations précédentes, notamment parce qu’elle les tient responsable du dérèglement climatique. Une coupure inédite et profonde dans les valeurs et les façons de faire, entre les vingtenaires d’aujourd’hui et les générations précédentes, s’est donc instaurée… Ce qui n’empêche toutefois pas les liens affectifs. "Il y a une grande distanciation et en même temps, les relations interpersonnelles entre générations n’ont jamais été aussi bonnes qu’aujourd’hui. Ce n’est pas du tout comme au 20e siècle, un siècle qui a été riche en conflits intergénérationnels. Les jeunes d’aujourd’hui entretiennent très souvent de bons liens affectifs avec les générations précédentes". C’est ce que les autrices du livre Avoir 20 ans en 2020 – Le nouveau fossé des générations appellent le paradoxe générationnel.

Bientôt une génération pandémie ?

Pour la sociologue Claudine Attias-Donfut et l’anthropologue Martine Segale, les jeunes de 20 ans sont les principales victimes de la pandémie du covid-19 : discours antijeunes, difficultés d’insertion sur le marché du travail, premiers cours à l’université sans professeurs, contacts sociaux très limités à un âge où c’est pourtant encore nécessaire, etc. ; la crise frappe tout particulièrement cette génération de plein fouet. Une "génération pandémie", qui va devoir apprendre à évoluer dans un monde bouleversé.

Comment réagira cette génération particulière après la crise économique et sociale qui se profile ? Comment leurs valeurs vont-elles prendre forme dans l’arène politique ? Seul l’avenir nous le dira.

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