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AVC - "Tout de suite, j'ai été curieux de ce qui se passait en moi et autour de moi"

Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) massif en 2012, Antoine Audouard a eu la chance de s’en sortir et de reprendre le fil de son existence. Il raconte avec liberté et humour la 'partie gratuite' qui lui a été offerte.

"Par un beau midi de début d'été, le 28 juin 2012, j'ai émergé d'une sieste pour découvrir que le côté gauche de mon corps était paralysé et que toute la partie gauche du monde avait disparu. Au cours des dernières années, j'ai souvent raconté les épisodes marquants ayant précédé et suivi mon AVC - les questions des amis, les échanges d'histoires avec des camarades d'hôpital m'amènent à évoquer des détails qui semblent les faire sourire et réfléchir. Ecrivain, je me suis exposé à la question : "Pourquoi tu ne fais pas un livre de tout ça...?"

Son récit 'Partie gratuite' (Ed Robert Laffont) est de ceux qui nous aident à ressentir tout le sel et la beauté de la vie. Il est bénéfique pour les personnes qui ont traversé les mêmes épreuves et pour leur entourage.

Dans ce livre, Antoine Audouard rend aussi hommage à tous ceux qui l'ont aidé pendant cette période difficile : son entourage, les médecins, et ensuite les éditeurs...

 

Un don de la vie

Chez Antoine Audouard, c'est le côté gauche, le côté moteur, qui a été touché par l'AVC. Le côté droit, celui de la conscience, a été épargné. Il a donc vécu toutes les étapes de sa prise en charge, des  soins puis de sa rééducation en toute conscience.

Spontanément, il a toujours pris ces événements avec une grande force de caractère et aussi pas mal d'humour. 

Il manifeste également une certaine distance par rapport à l'AVC. "Tout de suite, j'ai été curieux de ce qui se passait en moi et autour de moi. Je trouvais cela intéressant. J'étais un peu comme le journaliste qui faisait une enquête. Je ne l'avais pas choisie, mais je me retrouvais là-dedans. Il fallait essayer de se renseigner sur ce qui se passait, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Antoine Audouard considère que ce qui lui est arrivé est un don de la vie. Jeune, il a beaucoup joué au flipper et eu parfois droit à des parties gratuites. "Là, c'est ce qu'il m'est arrivé, j'ai tilté et j'ai eu une partie gratuite à la place".

Il est conscient tous les jours de la chance qu'il a eue de s'en sortir et de pouvoir vivre ensuite des moments, des rencontres importantes. Même si tout ne s'est pas toujours bien passé, il a la chance d'être là aujourd'hui pour le raconter.

 

Une guérison, c'est un ensemble de choses

Parmi les sauveurs, Antoine Audouard pense à son entourage, aux pompiers. Puis, à tous ceux qui ont participé à son retour à la vie : les soignants de la médecine officielle, les thérapeutes qui ont l'ont aidé à retrouver son corps. "A tous niveaux, je me souviens de la gentillesse."

Une guérison, c'est un ensemble de choses, de personnes, disait le psychologue québecois Guy Corneau. "Et au centre, il y a vous : c'est vous qui êtes le pilote, qui êtes votre propre médecin. Vous enregistrez le plus possible d'informations, vous rendez ça cohérent, vous voyez ce qui vous correspond ou non, vous faites votre propre cuisine."

Antoine Audouard a ainsi essayé le yoga, les massages ; il s'est rendu en Inde, pour être soigné par la médecine ayurvédique. Il a dit oui à tout ce qui pouvait l'aider.

 

Un séisme pour la famille

Quand vous revenez à la maison, heureux d'être en vie, vous vous attendez, et tout le monde avec vous, à tout ce que redevienne comme avant. "Mais comme avant, c'est fini. On n'aura plus la même voix. D'un point de vue psychologique, il y aura des changements qui ne seront pas faciles à vivre. On va être sensible à des choses qui glissaient, parfois se mettre en colère, pleurer. Pour l'entourage, ce n'est pas facile." 

Sa famille, son épouse, lui ont sans cesse apporté leur soutien et leur amour.

Depuis son AVC, Antoine Audouard s'est fait beaucoup d'amis. Il est devenu un aimant : tout de suite, le contact passe. "J'ai moins de filtres", explique-t-il.

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Chaque année, l’accident vasculaire cérébral (AVC) fait 19.000 victimes en Belgique. Ses conséquences sont redoutables : "5.000 d’entre elles décèdent dans le mois qui suit et 6.000 sont atteintes d’invalidité permanente" selon le professeur Vanoverschelde (UCL) président du Collège de cardiologie.

L'association Stroke sensibilise aux risques d'AVC.

Comment reconnaître les symptômes d’un accident vasculaire cérébral ?

Différents symptômes peuvent être très alarmants. Dès apparition d’un ou plusieurs de ces symptômes, il est nécessaire d’appeler très vite les urgences ou de vous rendre à l’hôpital le plus proche :

  • Problèmes pour s’exprimer, formuler une phrase, ou confusion,
  • Perte soudaine de la mémoire : incapacité à reconnaître une personne etc.
  • Troubles de la vision ou perte totale
  • Perte d’équilibre, étourdissement
  • Perte de la sensibilité entrainement un soudain engourdissement
  • Perte de la motricité
  • Paralysie partielle : visage, bras, jambes ou même un côté du corps

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