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Arthrose : "Les oligo-éléments peuvent vous réparer "

L’arthrose, longtemps acceptée avec fatalisme, est reconnue aujourd’hui comme un réel problème de santé publique. Heureusement, elle n’est pas irréversible ! Quarante ans de recherche médicale ont prouvé l’efficacité et la diversité des traitements. Le docteur Odile Picard-Paix nous présente ces méthodes de soin, conventionnelles et alternatives, dont les oligo-éléments. Et ses conseils d’hygiène de vie constituent une façon simple et efficace de lutter contre l’arthrose.
 

 

Médecin généraliste, oligothérapeute et auteure, Odile Picard-Paix publie Arthrose, combat gagnant - Oligo-éléments et autres traitements (en poche aux Editions du Rocher).

L’arthrose est très courante, surtout au-delà de 50-60 ans. Elle est encore trop souvent considérée comme une fatalité, dont on ne peut pas guérir. C’est une fausse croyance !

La médecine classique n’offre malheureusement guère de possibilités thérapeutiques, en dehors du fait de soulager la douleur. Elle ne donne aucun traitement de fond, de terrain, qui permette de soigner réellement la maladie arthrosique.
 

L’arthrose, c’est quoi ?

 

L’arthrose correspond à une usure, à une dégénérescence des tissus qui composent nos articulations. Elle touche d’abord le cartilage, cette partie lisse et blanche située sur chaque extrémité osseuse, qui permet le bon glissement d’un os sur un autre.

Lorsqu’il est trop contraint ou soumis à des traumatismes ou à des usages trop intenses, ce tissu vivant a tendance à s’user de façon anormale. Il ne parvient plus à se régénérer la nuit, comme il le fait normalement dans les conditions de repos, après l’usure normale de la journée.

On observe également une atteinte au niveau des tissus situés autour du cartilage : le liquide synovial, qui est le lubrifiant de l’articulation, et la membrane synoviale, l’enveloppe qui l’enferme, sont eux aussi vascularisés et innervés. C’est pour cela que, dans l’arthrose, on ressent des douleurs.

Le but des traitements est d’améliorer le métabolisme de toute l’articulation.

Au début, l’arthrose s’installe de façon insidieuse, on ne ressent pas tout de suite de symptômes. Ce n’est qu’au-delà d’un certain degré de dégradation articulaire que l’on ressent des symptômes, le premier étant la douleur. Parallèlement peut apparaître une certaine raideur, un état de rouille articulaire, en particulier au lever. Elle s’estompe au fil de la journée, mais au-delà d’une certaine dose d’activité, on peut la ressentir à nouveau.

Il faut savoir que la douleur d’arthrose est surtout mécanique : on a mal quand on se mobilise, mais, au repos, on observe une bonne accalmie, notamment la nuit.
 

Nous ne sommes pas égaux devant l’arthrose

 

Les hommes et les femmes sont égaux devant l’arthrose jusqu’à 50 ans.

Ensuite, à partir de l’âge de la ménopause, les femmes sont beaucoup plus souvent concernées, suite aux perturbations hormonales. On trouve ainsi chez les femmes âgées de 65 à 75 ans, plus de 60% d’arthrose lombaire, 75% d’arthrose des mains, 35% d’arthrose des genoux, et 10% de la hanche.

Les tendances varient énormément selon le terrain héréditaire.

Parmi les autres facteurs figure le surpoids, qui est d’abord un facteur de type mécanique : le poids va favoriser l’arthrose au niveau des articulations portantes que sont les hanches ou les genoux. Mais le surpoids entraîne également un trouble du métabolisme des cellules graisseuses des adipocytes, qui elles-mêmes produisent trop de facteurs pro-inflammatoires, qui peuvent eux-mêmes dégrader le cartilage. Il peut ainsi aggraver l’arthrose des doigts, par exemple.

Le surmenage articulaire, d’origine sportive ou professionnelle, est un énorme facteur d’usure articulaire prématurée. Les grands sportifs sont extrêmement usés au niveau des articulations portantes : hanches, genoux, chevilles, dos. Les ouvriers du bâtiment souffrent du dos, les dentistes souffrent des mains ou des pouces…

La sédentarité que nous connaissons, en particulier en cette période de confinement, est tout à fait préjudiciable, puisque les articulations ont besoin de mouvement. La position assise toute la journée est très mauvaise pour les lombaires. Les maux de dos, de nuque, de genoux s’intensifient.

L’activité physique adaptée doit être quotidienne, insiste Odile Picard-Paix, et il faut veiller aux postures !

La prévention, c’est essentiel

 

En France, pour le traitement de l’arthrose, la médecine classique reconnaît peu les thérapeutiques comme les oligo-éléments, l’homéopathie, la phytothérapie… Les seuls traitements reconnus sont les traitements de thermalisme, en rhumatologie notamment, qui ne sont autres que des cures d’oligo-éléments externes, par l’eau.

Et pourtant, toute une panoplie d’éléments peut être mise en place pour aider les personnes à vivre avec leur arthrose et à retrouver une certaine forme d’autonomie articulaire.

Outre le traitement médical, des conseils mécaniques sont donnés sur le soin à apporter à ses articulations, sur la prévention dans la vie courante, par l’adaptation des activités professionnelles et sportives. La façon de vivre est fondamentale. Dans le jardin par exemple, il est recommandé d’utiliser des instruments adaptés, de fragmenter ses activités de jardinage, voire d’arrêter certaines activités. "Il faut savoir qu’on ne peut pas tout faire."
 

Des examens approfondis

 

"La douleur doit être considérée comme un signe d’alerte à respecter de façon scrupuleuse", souligne Odile Picard-Paix.

Il est important de garder une vue d’ensemble dans le traitement de l’arthrose, par un examen approfondi. La première chose à faire en cas de symptômes est de consulter votre médecin traitant qui va vous examiner, vous interroger, vous prescrire ensuite des radiographies, une analyse de sang. En fonction des résultats de ces examens cliniques et paracliniques, il vous prescrira le cas échéant de la kinésithérapie ou un traitement de fond. L’automédication n’est absolument pas conseillée.

Il n’est pas anodin de prendre en grande quantité des anti-inflammatoires, du paracétamol, voire de la cortisone ou de la codéine, pour pouvoir fonctionner, marcher, couper sa viande, etc. C’est même très préjudiciable, affirme Odile Picard-Paix. Le grand but du traitement est de diminuer la douleur et de permettre de se passer progressivement de ces médicaments allopathiques.

Il est important aussi d’éviter d’aller à la chirurgie, qui vous sera peut-être recommandée par le médecin ou le radiologue, en cas d’arthrose de genou ou de hanche, par exemple. L’acte est aujourd’hui banalisé.

"Nous sommes tombés dans cette logique désastreuse de médecine prothétique. Et ça, c’est épouvantable, puisque le but dans la vie est de mourir avec toutes nos articulations, dans le meilleur état possible. Et non pas avec des prothèses de genou, de hanche, d’épaule ou autre ! Il faut profiter de cette merveilleuse thérapeutique chirurgicale puisque dans certains cas, la prothèse est indispensable et c’est fantastique, mais si on peut l’éviter en aval, du mieux possible, c’est encore préférable."
 

L’oligothérapie

 

Odile Picard-Paix est pratiquement née dans un bain d’oligo-éléments, puisqu’elle a grandi à proximité d’une station thermale, où son père, le Docteur Henri Picard, exerçait la profession de médecin thermaliste, en particulier pour les rhumatismes. Il a eu l’idée de donner aux patients des traitements de fond d’oligo-éléments par voie orale, entre deux cures. Et il a obtenu des résultats extraordinaires sur l’arthrose.

Il faut savoir que les oligo-éléments font partie de la thérapeutique allopathique. "Dans toute perfusion en réanimation, pour ces patients qui ne peuvent pas s’alimenter, vous avez des oligo-éléments. C’est essentiel. Donc on les met en pratique dans l’urgence, mais pour les traitements de fond, de terrain, comme pour les articulations et bien d’autres pathologies, les oligo-éléments sont méconnus. En tout cas, l’oligothérapie n’est absolument pas enseignée aux étudiants en médecine classique."

Les oligo-éléments sont pourtant utilisés en médecine générale pour soigner non seulement les articulations, mais aussi l’asthme, les terrains infectieux, les fragilités musculaires et bien d’autres domaines.

Le cuivre est un élément fondamental car il est à la fois anti-arthrosique, anti-infectieux et anti-inflammatoire. Il a une fonction régénérante sur les cellules et donc réellement une action anti-arthrosique.

Outre le cuivre, le sélénium, le soufre, le manganèse et le cobalt sont prescrits en combinaisons et doses diverses, dans le traitement de l’arthrose. Les doses sont très minimes, de l’ordre du milligramme, du microgramme. C’est de l’enzymologie. L’oligo-élément, lorsqu’il entre dans l’organisme, va directement améliorer le métabolisme enzymatique, au niveau d’une réaction chimique. Il faut le considérer comme un accélérateur de réactions chimiques. Dans l’arthrose, il y a un ralentissement du métabolisme et une usure exagérée. L’oligo-élément permet d’améliorer ces conditions de métabolisme régénératives.

"Les oligo-éléments améliorent le métabolisme cellulaire et viennent également réparer ce tissu vivant. Le but du traitement est de réintroduire un équilibre de régénérescence par rapport à la dégradation. Mais cela ne peut se faire qu’à condition d’une hygiène articulaire adéquate", rappelle Odile Picard-Paix.
 

 

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